‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 130 sur 232 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

(déjà?) et le roi de Hongrie, en même temps, grand-duc de Transylvanie, y régnèrent selon sa constitution et selon ses lois spéciales, faites et promulguées par ses diètes spéciales. Cette indépendance et cette constitution de la Transylvanie ont été reconnues valables et sanctionnées par tous les souverains issus de la maison des Habsbourg depuis Léopold V au moyen de diplômes et de rescrits impériaux. La Pragmatique Sanction, réglant la situation des pays héréditaires et de Tempire sous la maison régnante des Habsbourg et Tordre de succession dans cette dernière, fut séparément conclue avec la Transylvanie aux diètes transylvaniennes de 1722 et de 17 44, comme avec un État indépendant des autres, et comme un traité bilatéral concernant à part le grand-duc et le pays. »

D'un autre côté, on lit dans le soi-disant a programme national des Roumains de la Transylvanie» , élaboré en 1 791 à Nar/y- Szeben, le passage suivant : « La souveraineté indépendante de la Transylvanie étant échangée au moyen de la convention de L 691 nommée: udiplomaLeopoldiamum» contre le droit héréditaire la maison des Habsbourg, la faculté de correspondre directement avec les autres États était perdue pour celui-ci, mais non pas son autonomie intérieure; elle fut, au contraire, garantie non seulement par ce : « pactum conventum » , mais par d'autres lois fondamentales aussi, ainsi que par les serments solennels, prêtés par les empereurs de la maison des Habsbourg à l'occasion de leur couronnement et au moment du renouvellement de leurs diplômes inauguraux... L'empereur indique clairement dans le troisième paragraphe de ce dit diplôme : Conslilutiones in vigore inviolabili pei'mansitî^as déclara mus. »

Il faut que la haine du Magyar soit bien enracinée chez les Roumains pour qu'ils puissent ainsi chanter les louanges d'un document, qui en les ignorant complètement, devrait les gêner plutôt et surtout les rendre plus modestes. Quantités négligeables il y a deux cents ans, aujourd'hui ils voudraient imposer leur loi, ne leur en déplaise, tout simplement en raison des services qu'ils ont rendus non pas à la civilisation, à la liberté ou au progrès, mais comme on va le voir, k la réaction la plus sotte et la plus odieuse, qu'ils ont secourue sciemment ou

inconsciemment avec un zèle digne d'une meilleure cause. Il faut espérer que, revenus à des sentiments meilleurs et surtout à une plus juste appréciation de leurs vrais intérêts, ils en dépenseront tout autant pour faire prévaloir les droits de la société moderne, à la conquête desquels travaille la Hongrie depuis 1848. Son encourageant appui leur est assuré sans arrièrepensée, non pas par des stipulations faites pour être déjouées, mais en souvenir des luttes supportées ensemble, par les Magyars et les Roumains^ contre la barbarie turque ou en vue de celles qu'on aura encore à supporter tant qu'il restera des progrès moraux et matériels à accomplir.

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