LIVRE PREMIER
Taviens. Le contingent de ÏSiCohors I. Cr^m/orum, en garnison à Apulurriy vient également de VAsie Mineure,
Les Syriens, ces Sémites à moitié hellénisés, contribuent en fractions importantes à la population civile et militaire de la Dacie nouvellement colonisée. A l'endroit où se trouve actuellement Héviz, ils sont tellement nombreux qu'ils ont un cirnetière à part. A Sarmizégéthuse, plusieurs d'entre eux se réunissent pour élever un autel à Mithras; un second y est consacré au c< Jupiter dolique f» par les commerçants syriens de l'endroit, orgueilleux de leur nationalité. Pour le service des places fortes on emploie de préférence les Commagènes plus robustes, et à côté des huréens^ ces archers célèbres, on constate la présence de quelques rares Israélites aussi : celle de Cittius Jiovm\ de M. Chrestus,
Les Palmyriens ne manquent pas non plus à l'appel. Sur le territoire du Raransebcs actuel campe un numerus Palmyraeîiorum, dont l'officier — optio — est Guras, fils de Jiddei, La même inscription parle d'Aelius Habibis, qui se donne le titre de « pontifex ». Il y a des Palmyriens dans les garnisons de Porolissum et de Potaïssa où à leurs noms se mêlent ceux appailenant à des Palmyriens civils aussi, qui étaient très probablement des ouvriers.
En fait de légionnaires et de colons recrutés en Europe, il faut d'abord mentionner les Hispano-Ibériens. Originaire de ces pays, Trajan employait pour la guerre de guérillas principalement ses compatriotes. Il y en avait qui combattaient à pied comme il y en avait dans les rangs des cavaliers formant la garnison de Largina^ surveillant les chemins qui conduisaient au cœur de la province, gardant le « castrum v de Micia.
Les Bataves et les Ubiens représentaient la Germanie^ les soldats de la XIII Gemina la Pannonie et ceux de la V Macedonica la Mésie, C'est au camp de Y Also-Kosaly actuel que Trajan place la Cohors /. Britannica miliaria civiorum et c'est le 22 mars 129 que V empereur Adrien renvoie dans leurs foyers ses vétérans gaulois dont les descendants fournissent les hommes de la « cohors dacica » . Plus tard leur cavalerie se trouve incor-
n MAGYARS ET ROUMAINS DEVANT L'HISTOIRE
porée dans une même u ala » (corps) d'abord avec les Panno^ mens et ensuite avec les recrues venant du Bosphore. La « canaba » d'Apulum nomme Fabius Ibliomarus décurion : il est originaire de la Gallia Belgica.
Le rôle que les Thraces jouent en Dacie, n'est pas à dédaigner non plus. Il y en a qui séjournent à Optantia et une de leun^ tribus (celle des Besses) est spécialement mentionnée dans la « honesta missio » à laquelle Tempereur Adrien appose sa signature à la date plus haut citée.
Et afin que la réduction en raccourci de la composition ethnographique de Tempire tout entier soit complète, la \exiU latio Mauritanorum Caesarensium, dont le quartier général était à Tibiscum, rappelait V Afrique comme Tun des « duumvir » de Sarmizégétliuse^ nommé P. Aelius Theimes, citoyen romain arabe, — d'après le comte Géza Kuun, le distingué archéologue transylvanien, — originaire de la tribu arabe des Teiniy qui, ne voulant pas renier sa nationalité, ne craignit pas de donner à une de ses filles le nom de ZabidoL
En face de cette population si bizarrement composée et si bariolée, les Illyriens seuls peuvent compter comme appartenant à l'élément romain véritable. On les a fait venir expressément de la Dalmatie pour l'exploitation des mines. Aussitôt après la conquête, écvitJung^ Trajan s'occupa de la colonisation des Pirates pour les installer dans les a Montagnes à minerais » (Érczhegység). Leurs noms reviennent assez fréquemment sur les tablettes en cire. A cause d'eux, Alburnus maior, l'endroit le plus riche en mines d'or, s'appellera tout bonnement Vicus Pirustarum, Mais les Dalmates ne sont pas rares ailleurs non plus; il suffit de faire allusion aux deux individus venant à^Aequm^ qui reposent à Apulum en compagnie d'un autre « Dalmatus princeps adsignatus ex municipio Splono. "
Après avoir passé en revue de cette mani ère toute la population civile et militaire que l'administration impériale romaine a introduite en Dacie, admettre qu'elle eût pu romaniser pour toujours une province à peine soumise et si éloignée du centre de l'empire, dans le court espace de 167 ans, serait de l'illo-