‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 131 sur 232 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

L UNION RKUGIErSE DES ROUMAINS.

Ce fut en quelques mots que Ton 6t allusion plus haut à la triste fin de Tévêque grec oriental Save Brankovics. Elle a été causée par ses efforts tentés en vue de la réintroduction de la langue slave dans Téglise roumaine, que la majorité de son clergé, déjà gagnée aux tendances nationales roumaines, ne voulait nullement seconder. (Son frère cadet Georges rêvait la carrière de Taventurier Jacques Héraclide sous le titre de Despote de toutes les provinces illyro-thraques et orthodoxes de rOrient, de prince de la Haute et Basse-Mésie, de seigneur de Szerém et de Jenoe, de prince du Saint-Empire, et de comte hongrois; mais il fut arrêté par le margrave Louis de Bade, général impérial, et interné à Nagy-Szeben, le 7 novembre 1689.) Un synode composé, sous la présidence d'un secrétaire général de préfecture, de 98 ecclésiastiques, tant calvinistes que grecs orientaux, le condamna du chef de «malversations commises au détriment des deniers de son diocèse et des fonds recueillis en Russie et au profit des églises roumaines détruites par les incursions turco-tartares.» Relâché de sa prison par Apafi qui ne voulait pas que son nom pût servir de prétexte à révolte dans la bouche de ses ennemis du parti de Béldi, il mourut deux ans après.

Son sucesseur Joseph Budai, confirmé par Apa/i le 28 décembre 1680 dans les mêmes conditions que Tévêque Sùnonovùschy n'occupa son siège épiscopal que deux ans. Après sa mort, ce fut Joasaf qui Tobtint. Ils avaient été consacrés tous deux par Theodose^ le métropolite de Bucarest, Joasaf moumi en 1686. Save Vesiimian ne fut évêque qu'un an, tandis que Varlaam le ftit pendant trois (de 1687 à 1690). Pendantla vacance d'une année et demie qui précéda l'élection de Théophile dont la consécration par le métropolite de Bucarest^ Tintroni-

satîoD par le gouverneur transylvanien GeorfjesBanffy ainsi que la prestation de serment dans les mains de Févéque calviniste se passèrent selon les formalités adoptées sous les princes indépendants, — Léopold I" adressa le 23 août 1692 àPtml EsterhàzYf palatin de la Hongrie, un rescrit ordonnant que tout prêtre de Féglise grecque orientale, enclin à accepter Funion avec TÉglise catholique, jouisse dorénavant des immunités du clergé catholique. Or Funion consistait dans l'acceptation de ces quatre articles : I * Les fidèles de Fégiise grecque orientale reconnaissent le pape pour le chef visible de toutes les églises de Funivers. 2« Ils accèdent au dogme démontrant que le Saint- Esprit procède à la fois du Père et du Fils 'filioque;. 3* Que le pain azyme suffit pour la communion. V Us admettent l'existence du purgatoire. Pur contre, Fégiise grecque orientale reste intacte et elle garde le calendrier Julien.

Quoique n'étant pas valable pour la Transylvanie^ ce rescrit y fut considéré par les catholiques comme un signal encourageant le prosélytisme. Les Jésuites introduits par Févèque catholique tt in partibus ^^ s y mirent en relation avec Théophile et lui persuadèrent que, s'il acceptait l'union, elle servirait aussi bien au clergé roumain qu'à toute sa race, tant au pointde vue matériel qu'au point de vue de sa situation sociale.

Les pourparlers au sujet de Funion durèrent quatre ans entre yV/Éfo^Ai/e, les Jésuites et les ministres autrichiens, naturellement àFinsu du ugubernium » . « Avec Banffy comme gouverneur, avec Bethlen comme chancelier, /;ii/t^i5 ei umbra sumus!^ s'écrie NinUas linhlen . u Quand, en 1 697 , nous étions tous trois à Vienne, continue-t-il plus loin, le ministre Kinsky nous présenta à une conférence tout d'un coup le mémoire des états catholiques. Cette union y figura comme premier point. Nous deux avec le gouverneur, nous nous récriâmes, en affirmant de n'en avoir rien entendu parler en Transylvanie . Elle doit être dirigée contre les trois autres religions, et surtout contre les calvinistes. Or nous le sommes ; nous ne pouvons donc rien dire de la proposition. Alors Kinsky de répondre : « Ne parlez pas comme calvinistes, mais comme conseillers du roi » ( Non loquantur ut reformati, sed tanquam consiliarii régis.) Nous

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