LIVRE TROISIRME
donner le nom qu'il mérile, un simple mensonge des Jésuites ! » La convocation de ce synode, les résolutions prises ne restèrent pas longtemps secrètes. Pour T/ieodoscy le métropolite de Bucarest y la destitution de Théophile était déjà une chose arrêtée, quand Tévéque mourut subitement, selon les auteurs roumains, empoisonné. Supposition pure, qu'aucun Fait ne justifie. D'ailleurs la disparition de Théophile ne fut d'aucune utilité pour les calvinistes. N'ayant aucun candidat sérieux sous la main, ils se virent obligés de se rabattre sur le jeune Atha^ nase de Csugod^ le 61s d'un pope de Bàholnay d'origine noble qui, d'après Nicolas Bethlen, en sa qualité de jouvenceau, était encore étudiant à Fèhéi^àr pour y apprendre la grammaire. Bel/lien affirme également que c'étaient des ducats empruntés qui lui avaient gagné les bonnes grâces de Constantin Brancovan vayvode de la Valachie^ et du métropolite Théodose^ tandis que l'agent roumain Dindar prétend que ce furent les états calvinistes qui dépensèrent 500 ducats pour acheter le consentement vayvodal et archiépiscopal. Mais qu'importe! la simonie n'en était ])as moins patente et reconnue comme telle par tout le monde. Elle inaugure significativement Tévéché à'Athanasey si important au point de vue de ses effets.
Ayant fait le voyage de Bucarest pour y être consacré, le jeune candidat y rencontra beaucoup de méfiance à son égard. L'acte de la consécration y fut accompli par Dositei patriarche de Jérusalem^ qui s'y trouva par hasard. Outre le serment usité, il en imposa à Aihanase spécialement un autre, au sujet de l'exécution de certaines recommandations qu'il croyait indispensables dans la situation critique de l'église grecque orientale de la Transylvanie. Parmi ces recommandations il faut citer la troisième qui était ainsi conçue : i« Votre Sainteté ne fera exécuter l'ochtainlu, c'est-à dire le service divin, ainsi que les chants du rite du dimanche et des jours de fêtes qu'en langue Slovène et non pas en langue roumaine. »j La quatrième se rapporte à la lecture de l'Évangile; elle pourra être faite soit en roumain, soit en slovène. Dans la vingtième, on lui conseille de tenir des synodes annuels. Les affaires qu'on ne pourra pas y régler, seront envoyées d'abord chez le métropolite
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de VUfiffro-Vft/ac/iie, et s'il n'en obtient pas un résultat satisfaisant, chez le patriarche de Conslantinople. C étaient des précautions prises à la fois contre le prosélytisme des calvinistes et contre Tunion avec les catholiques. Quant au vayvode Cousiauiin Biancovan^ il combla Athanasc de cadeau x^ de grand prix et il lui promit le versement annuel d'une subvention de 6,000 gros car il considérait son évéché comme un bateau naviguant au milieu des flots des hérésies. ( I i
Il appert de tout ceci ç\\xAihanase a dû complètement rassurer son entourage bucarestois sur la pureté de ses intentions. Mais à peine rentré en Transylvanie, en lui communiqua un rescrit de Léopold, adressé au « gubernium ^ , dans lequel il est dit que « les prêtres de religion grecque orientale, qui acceptent Tunion avec les catholiques et reconnaissent la suprématie du pape, jouiront des mêmes immunités que les prêtres catholiques; s'ils s'unissent à une autre religion reçue, ils auront les immunités, dont jouissent les ecclésiastiques de celte religion; et s'ils restent dans l'état actuel, ils en supporteront toutes les charges" (2). D'autre part, le Jésuite liaranyi, qui ne le quittait pas plus que son ombre depuis son retour de nacareai, lui assura qu'il ne serait confirmé qu'au cas où il suivrait l'exemple de Tliéoplnlcy en travaillant à l'union. At/tanase convoqua donc un synode pour le mois d'octobre l(iî)8. Les trente-huit doyens qui y furent présents, se prononcèrent pour l'union et signèrent une déclaration en roumain dont voici le contenu :
« Considérant l'instabilité de ce bas monde et l'immortalité ainsi que Timmuabilité des âmes auxquelles il faut songer avant tout, nous nous unissons de plein gré à l'Eglise catholique, et nous déclarons par cet écrit que nous sommes membres de cette même Église catholique et que nous voulons jouir des mêmes immunités, dont jouissent les membres et les prêtres de cette Église, comme cela nous a été assuré par le décret gracieux de Sa Majesté l'empereur et notre roi couronné , laquelle grâce nous ne voulons pas refuser étant de fidèles sujets
(1) CiPARiUi Archivul pentru istoria sijilologia, p. 453 à 455. ;2) N11.LES, Symbolœ ad illustrandam, vol. I, p. 195.