LIVRE TROISIEME
de Sa Majesté. Nous présentons le présent document à Sa Majesté et aux états de Transylvanie après Tavoir confirmé par nos signatures. »
On sait que, vu le caractère catholique de la Hongrie, on n'y employa que le latin comme langue officielle. Il fallait donc que ce document roumain fut d'abord traduit en latin avant d'être présenté à Vienne et à la diète de Transylvanie, Athanase en confia la traduction à Baranyi et celui-ci ne se fit aucun scrupule d'en modifier la teneur. Au surplus il ajouta à la phrase : » IHous sommes les membres de cette Église catholique » , la proposition suivante ; « En acceptant, en croyant et en confessant ce qu'elle accepte croit et confesse et surtout les quatre articles qui paraissaient nous en séparer jusqu'ici et auxquels il a été fait allusion dans le diplôme et dans le décret de Sa Majesté Sacrée » .
Ce fut Athanase lui-même qui activa à Vienne la marche des négociations en s'adressant tantôt à Lenpold Kollonics^ depuis 1695 prince-primat de la Hongrie^ mais ennemi juré de la race magyare, tantôt au nonce de Vienne, tantôt au ministre Kinsky. Il avait à combattre non seulement l'opposition des calvinistes mais celle de l'évéque catholique de la Transylvanie, qui ne voulait pas admettre à côté de lui un autre évéque, fut-il grec uni, prétextant que les conciles du Lairan ne permettaient pas la présence de deux évéques dans la même éparchie. D'ailleurs les Roumains traduisirent le mot slave de « vladica » par « métropolite » ; on pouvait donc craindre qu'à'la première occasion il n'y eut des discussions de préséances, de prérogatives, de juridictions entre l'évéque catholique et le futur métropolite.
Du reste, tant que la possession de la Transylvanie n'a pas obtenu une sanction internationale , agir ouvertement était assez difficile pour la cour de Vienne, D'autant plus que les vayvodies roumaines se montraient très hostiles à l'égard de ces tentatives unionistes. C'est à cause de cela qu'il leur a réussi de faire admettre dans le traité de paix deKarlocui (Karlovitz) un article défendant la propagande catholique sur les territoires des vayvodies. Mais une fois le traité signé, on précipita le dénoue-
ment. Dès le 16 février 1699, il parut uu rescritde Léopold P' contresigné par le cardinal-primat KoUonics, dans lequel non seulement les promesses antérieures relatives à la position du clergé uni se trouvent de nouveau confirmées, mais il est ordonné aux autorités et « surtout aux généraux et aux officiers » , bien entendu « impériaux » , de protéger et de défendre tous les Roumains ayant accepté Tunion contre toute attaque visant leurs franchises acquises par Tunion, quel que soit le prétexte invoqué.
Il est curieux de constater que si, chez les Roumains y on visait principalement les avantages sociaux et pécuniaires, les membres des trois nations reçues ne considéraient non plus Tunion qu'au point de vue des effets qu'elle pouvait produire politiquement et financièrement. Aussi les États catholiques adressèrentils eux-mêmes un documentàvl/Aanf/^e, dans lequel ils ne s'occupent en quelque sorte que de la situation des popes, et s'ils font mention de la valeur morale et religieuse de Tunion, c'est dans une forme très vague et peu inquiétante.
D'autre part, voilà la réponse du ugubernium », datée du 14 juillet 1699, au sujet de la question que Léopold I" lui fit adresser concernant la transmigration croissante des serfs roumains en Hontjrie et même en Turijuie, a Ils ont peur du catholicisme et c'est un tort de vouloir en faire des catholiques ; car la nation roumaine n'a pas de religion, elle n'a plutôt que des superstitions et elle est encline à tous les méfaits, aussi sa conversion ne sera-t-elle d'aucun profit pour le catholicisme (1; » .
Mais déjà le rescrit de Léopold avait été communiqué à un synode convoqué par Ailianase et on y avait résolu son départ pour Vienne. Il n'eut lieu que l'année suivante, après le grand synode, tenu le i septembre 1700, pour lequel on adressa des invitations à tout le clergé roumain de la Transylvanie : à 58 doyens et à 1,563 popes. Et pour démontrerque ce n'était pas seulement le clergé qui éprouvait le besoin de l'union, on convoqua en plus trois individus par chaque commune rou-
(i) Documente privitore la istoria Românilor, vulese de Eudosiu Hurmuzah\ vol. V, p. 536 à 538.