‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 135 sur 232 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

maine. Ce concile de Gyulcifehei^àr fut donc la première réunion officiellement reconnue, où Ton vit figurer les Roumains en qualité de nation. Il faut le regarder aussi comme le prototype des « meetings » roumains ultérieurs; on peut donc affirmer que ce furent les Jésuites hongrois qui donnèrent Tidée initiale des démonstrations anti-magyares et anti-constitutionnelles des Roumains dans les époques suivantes.

On y revisa les décisions du synode précédent et — en les refondant sous les auspices de Baranyi encore — on les accepta enjoignant à Atlianase de ne plus retarder son voyage, pour les frais duquel on y fit des souscriptions. Il eut lieu quelques semaines après. A peine arrivé à Vienne en compagnie du jésuite Keurauter, d'un ecclésiastique et d'un laïque grecs unis, Atlianase eut une sorte d'examen à subir devant une commission présidée par le cardinal KoUonics. Ayant exposé ses désirs concernant sa nomination, la restitution d'une somme de 36,000 florins avancés par le clergé roumain pendant la dernière guerre turque, l'exemption dudit clergé de la dime, etc. Athanase dut se défendre contre les accusations d'un certain nombre de ses popes, qui lui reprochaient sa vie immorale et ses simonies, et du jésuite Kapy, qui ne voulait pas croire à la sincérité de sa conversion. Ce fut à Baranyi qu'incomba la tâche de la défense d' Athanase dont il s'acquitta probablement à merveille, — les procès-verbaux n'existent pas tout entiers — puisque la commission accorda le siège épiscopal à Athanase sans difficultés. KoUonics y fit en même temps la déclaration que ni l'empereur ni le pape ne voudraient toucher aux droits de l'église grecque orientale et que l'élection des évèques resterait consenée aux synodes des Roumains^ seulement ils présenteront à l'empereur trois candidats à la fois, parmi lesquels il pourra choisir le plus convenable. Par contre, ce sera selon la formule du concile de Trente, que les évèques grecs unis prêteront serment. Athanase le prêta le 24 mars 1701 à KoUonics qui lui adjoignit pour théologien consultant le jésuite Neurauter afin qu'il ne puisse plus retomber dans les erreurs du schisme et afin qu'on puisse avec le temps u éliminer de Téglise roumaine les abus, les coutumes contraires au boa

sens et a la religion chrétienne d'après le point de vue de l'Église catholique » . Le nouvel évéque obtint le titre de « conseiller royal )) et on lui fit cadeau d'une chaîne d'or ornée du portrait de Léopold I" , mais comme Tadhésion pontificale se laissa attendre, on ne put l'installer solennellement dans son siège épiscopal de Gynlafe/iet-vàr que le 25 juin 1701 . Malgré Téclat de cette fête de l'intronisation, il y eut des Roumains qui ne dissimulèrent pa,s leur mécontentement même au seuil de l'église de la Sainte-Trinité où se passa la cérémonie.

Un nouveau synode fut convoqué par Aihauase quelques jours après son installation. On y lut le second diplôme de Léopold se rapportant à l'union et une lettre de KoUonics. u Peu les ont compris parmi les popes, puisqu'ils ne savaient pas le latin, écrit iSmAnrdans sa « Chronique » et ils croyaient que l'empereur les avait anoblis tous sans qu'ils le sachent. » €eux des popes qui ne pouvaient assister à ce synode en tinrent un second au mois de novembre suivant avec le même ordre du jour. Après avoir exprimé leur adhésion à l'union, on y vota, comme dans le premier, une adresse de remerciements à Léopold^ au pape et à KoltomcSy et avec raison, car à l'aide de l'union, les Roumains entrèrent par une voie détournée dans la constitution pour y grossir le nombre des états catholiques. Leur clergé obtint des franchises nobiliaires, il ne paya plus ni dîmes, ni péages, et leurs paysans ne furent plus considérés comme dés étrangers mais comme les fils réels de la patrie!

Seulement il fallait que l'évéque acceptât un « causarum auditor generalis » dans la personne d'un théologien connaissant le droit canonique, et qu'il ne pût plus correspondre officiellement avec les vayvodes roumains, ni avec les patriarches ni avec les calvinistes. Ses lettres concernant ses affaires privées, mais adressées à quelqu'un appartenant à l'une de ces trois catégories, seront dorénavant contrôlées par le théologien. Les livres qu'il voudra publier subiront le même contrôle. Il renoncera à l'union avec l'église calviniste. Il permettra que ses doyens et ses popes puissent aller en appel, contre ses décisions, chez le prince-primat de Hongrie. Il érigera des écoles pour les Roumains dans tout son diocèse.

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