‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 137 sur 232 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

d'Impériaux, y compris les officiers, tandis que le second ne se distingua que par les ennuis que ses hommes indisciplinés causèrent aux généraux des Knrucz eux-mêmes. Les chroniques du temps ne parlent pas avec moins d'éloges du lieutenant roumain BasileBalla et de son porte-drapeau Pierre Popp^ tous originaires du département de Szailimàr en Hongricy où les Jésuites avaient le plus violemment prêché l'union religieuse, dès le début, parmi la population roumaine et russe, c'est-à-dire ruthène. Ce qui prouverait que ce furent les mesures coercitives prises en vue de l'union qui les poussaient dans les rangs des mécontents.

Leopold /*"' mourut le 5 mai 1705. Il avait désiré la paix comme la désirait son jeune fils Joseph /". D'abord ils eurent pour médiateur l'archevêque Paul Széchenyi^ ensuite leurs alliés les Anglais et les Hollandais qui, pour combattre l'influence de Louis Xl}\ ne négligèrent rien en vue de Tapaisement de leurs coreligionnaires hongrois, en majorité dans les camps des Kurucz. Après avoir fait élire Ràkoczf, prince de Transylvanie^ ceux-ci augmentèrent, au contraire, leurs prétentions. A l'assemblée d'Onodj ils firent même la déclaration, ^ qu'ils ne reconnaissaient pas Joseph pour leur roi et qu'ils considéraient le trône vacant jusqu'à Télection de la diète prochaine » (14 juin 1707), déclaration contre laquelle le prince Paul Esterhàzy, comme palatin de la Hongrie, ne tarda pas à protester au nom des départements, des villes libres, des prélats et des magnats restés attachés à la maison des Habsbourg (26 août 1707).

Après l'élection de Ràhôczy comme prince de Transylvanie^ sous le nom de François 11^ les Roumains de ce pays ne manquèrent pas d'accourir sous ses drapeaux. Ce fut le département de Hunyad qui en fournit le contingent le plus fort; or ce fut là précisément que les efforts unionistes à'Athanase rencontrèrent la plus grande résistance. Il s'y forma de vrais guérillas sous la conduite d'un Gligor Piniye ou d'un Balika qui , avec leurs collègues Buhur Kimpian et Basile fekete^ originaires de Mai^osszëh, ne menaçaient pas moins la sécurité publique que les Impériaux. Il existe une foule de mélodies populaires à moitié magyares et à jnoitié

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roumaines qui témoigaent encore en faveur de la camaraderie intime dans laquelle vivaient alors les Kurucz magyars et roumains en luttant pour la défense de leurs libertés et religions (1).

La peste de 1709 et les revers de Louis A'/ F eurent une influence très déprimante sur la cause de liàkœzy. En 1710, il était déjà complètement refoulé dans le Nord-Est de la //ow- (jrie où toute sa résistance ne s'appuyait plus que sur la seule ville de Kassa^ défendue par le baron Daniel Esterhàzy^ de la branche csesznekienne de cette illustre famille. Pour tenter rimpossible, /Miï>rsj partit au commencement de 1711 en Pologne^ car il espérait que de là il lui serait plus facile de mener à bonne fin les négociations entamées avec Pierre le (rrand. Mais déjà on était las de la guerre de part et d^autre et la paix s'imposa tout naturellement aussi bien au comte Jeati Pàlfff, plénipotentiaire de Joseph qu'à Alexandre Kàrolyi, le représentant de Ràhoczy, Elle fut signée à Szatmàr le 29 avril 1711, malgré la défense de ce dernier, sous le règne de Charles (III en Hongrie, VI en Allemagne), frère cadet de Joseph P', mort douze jours auparavant. Après avoir passé quelque temps à la cour de Louis XIV où ce furent ses généraux qui organisèrent les premiers régiments des houssards français ^ de là leur nom de « Houssards de Bercsényi >^ , etc., Ràhkzy se retira en Turquie où il vécut à Rodosto jusqu'au 8 avril 1735, n'ayantpourconsolationquesa religiosité. Ses cendres reposent à côté de celles de son infortunée mère dans l'église de Gala/a.

Pendant sa principauté en Transylvanie^ les Roumains hostiles à l'union se groupèrent autour du pope Jean Circa^ l'adversaire d'Athanasey que les magnats calvinistes avaient entretenu presque clandestinement dans le département de Hunyad. Ayant déclaré Tévéque unioniste renégat et l'ayant expulsé de

(1) La fameuse Marche Je Bakoczjr, popularisée en France par la transcription tle Hector Berlioz dans la Damnation de Faust^ quoique saturée de réminiscences roumaines, ne date pas de cette époque. Elle a été composée par unchef d*orchestre militaire autrichien en 1809. 11 y juxtaposa des motifs hongrois anciens et, comme ils sont pleins d'élans nobles et {généreux, on donna à la marche son titre après coup avec d'autant plus de raison, que Ralcoczy aimait beaucoup la musique.

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