LI.VRR TROISIÈME
son diocèse, la majorité du clergé orthodoxe confia l'évéché à ce même Cirai, Athauasey retiré à y<t(jy Szeben, et ses partisans le considérèrent cependant comme un usurpateur que la défaite de Rnkoczy abattrait à son tour. Or Cirea eut le verbe encore plus haut après la conclusion de la paix de Szat màr. Il convoqua, à l'automne de 1711, un synode général dans lequel la majorité vota une protestation contre runion, qu'on fit signer par Ailiauasc lui-même. On doit attribuer cette recrudescence du courage des orthodoxes à Tinfluence qu'ont exercée sur les populations de la péninsule balkanique la puissance grandissante de la Russie et les démêlés de Pierre le Grand avec la Turquie. D'autre part, la cour de Vienne se vit obligée de ménager les susceptibilités des Serbes orthodoxes, qui lui avaient rendu des services signalés pendant ses guerres avec Ràkôczy .
Une fois les membres du synode dispersés, Athanase invoqua pour sa justification la violence subie et rétracta hautement le contenu de la déclaration (le 18 novembre 1711). Mais déjà sa santé déclinait et il mourut de la fièvre typhoïde après un long dépérissement le 19 août 17 lî^.
Entre temps, avec Tavènement au trône'de Charles III on entra dans une époque nouvelle. Les états de la Transylvanie^ convoqués à la diète de Medgyes^ pour le 4 novembre 17 12, lui prêtèrent serment en sa qualité de roi de Hongrie et de souverain de la Transylvanie. Il nomma gouverneur le comte Sigismond Kornis^ un catholique tandis que révéché catholique devenu vacant échut à Georges Màrtonffy. Il y eut une nouvelle diète àNagy-Szeben en 17 14 où Ton prit des résolutions très sévères à l'égard des serfs à qui le port d'armes fut derechef défendu. Quant à la cour d'appel, complèteme^it désorganisée par la suite des guerres de Râkdczy, elle eut aussi à subir une transformation au point de vue des religions reçues. Cinq de ses conseillers devaient être catholiques, 4 calvinistes et îi unitariens. On décida également qu'on allait fortifier Gyula^ fehérvâr et Téglise et le monastère des Roumains, bâtis par Michel le Brave en 1600, tombèrent dans le tracé des fortifications. On les fit donc exproprier moyennant finances et on
leur assigna un nouvel emplacement dans la ville basse. Autant de mesures humiliantes, vexatoires, qui peuvent être considérées comme les représailles de la cour de Vienne à cause de la participation des Roumains dans la guerre précédente.
Cependant l'organisation de Tunion n'en fut pas moins poursuivie avec ardeur. Après la mort d'Athanase, quelques doyens grecs unis, assemblés en synode électoral, offrirent Tévéché au théologien consultant du défunt, au Jésuite François Szunyoff h j homme de grande valeur, et connaissant parfaitement le roumain. C'était pour afBrmer la sincérité de leur adhésion à Tunion, disent les auteurs roumains, mais plus probablement parce qu'ils n'avaient personne de plus capable sous la main. Invoquant les statuts de son ordre, Szunyogh n'accepta pas cependant le siège épiscopal. Mais dans une lettre adressée au prince-primat, il avoue qu'ayant eu à faire avec les Roumains pendant 1 3 ans, il les connaît suffisamment et qu'il en a assez. (I)
Alors le choix des doyens électeurs se porta sur le secrétaire du défunt évêque, sur Venceslas Franiz^ un Silésien que le prince-primat ne voulut pas agréer. A cette occasion, il recommanda la nomination d'un second théologien avec le titre de u defensor et director cleri unitorum » , charge que l'on confia au recteur des Jésuites de Nagy-Szeben, à un nommé Bardia, homme savantissime , ami du vayvode de la Valackicy NicO' laë Maurocordato^ mort en 1716; il fut remplacé par le Jésuite hongrois Georges Régai,
Pour hâter la nomination de l'évéque, le gouverneur et les curateurs de l'Église grecque unie, Etienne Ràcz et Michel Puy écrivirent tour à tour au prince-primat. Voici commentées derniersmotivèrentlanécessitéd'uneprompte solution : «Ce peuple valaque est rude, très rustique et énormément sale, et il est entouré du schisme des autres peuples voisins de la Moldavie, de la Transylvanie ou de la Yalachie et non moins de ceux de la Turquie. » (2) Us recommandèrent en même temps Jean Pa^ taki à qui Charles III accorda finalement révéché(déc. 1715 )
(1) NiLLES, Symbolœ ad Ulustrandam, p. 395.
(2) Ibid., p. 403 à 416.