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LIVRE TROISIÈME

en lui allouant une nouvelle fondation de 3,000 florins de rentes et en recommandant au primat d'obtenir du pape la remise des droits ordinairement perçus au moment de la nomination, vu la modicité des revenus deTévéché.

Élève des Jésuites, Patahi acheva ses études en partie à Vienne au Pazmanéum et en partie à Rome, profitant un des premiers d'une des cinq bourses créées en 1702 au profit des étudiants roumains grecs-unis. Envoyé dans une paroisse de Fogaras, il y dépensa une ardeur infatigable pour faire de la propagande en faveur de Tunion. 11 en fit avec d'autant plus de zèle que, comme il avait écrit au prince-primat, il était prêt à verser tout son sang et toute sa sueur, jour et nuit, pour sa chère nation valaque tant aimée (1). Cependant le consentement pontifical se faisait toujours attendre. 11 était retardé soit par les protestations de l'évêque catholique Màrtonffy^ soit par les scrupules du Saint-Siège indécis à admettre le droit du roi de Hongrie au sujet de la fondation d'un nouvel évêché. Voilà pourquoi les bulles pontificales destinées à la sanctionner ne furent signées par Clément XI qu'au 3 février 1721. Leur expédition subit un nouveau retard à cause de la mort de ce dernier et n'eut lieu que le 8 mai suivant après l'avènement au siège pontifical ôî" Innocent XIII .

A peine intronisé, Pataki se voua spécialement à la reconstitution de son clergé dont le recrutement n'avait pas pu être fait très régulièrement pendant la longue vacance épiscopale. Il y avait à peu près 400 prêtres venus des vayvodies ou consacrés par Jean Circa auxquels il fit adopter l'union. Il dirigea sa sollicitude sur l'éducation de la jeunesse roumaine en l'envoyant dans les 17 écoles catholiques de la Transylvanie tenues en grande partie par les Jésuites. Patahi mourut en 1727 inopinément, à la force de l'âge.

Sur les instances du « gubernium », appelé depuis 1715 tt Excelsum regium gubernium » , Charles III fit convoquer un synode électoral dès le mois d'avril 1728, mais il ne put avoir lieu, pour plusieurs raisons, qu'au 15 novembre de cette même

(1) NiLLES, Syml>olœ ad iltustrandam, p. 406 à 408 : Pro salute charœ meœ nationii Yalachicœ ianguinem sudoremque die noctuque fundere.

t82 MAGYARS ET ROUMAINS DEVANT L'HISTOIRE

année. Présidé par le Jésuite Adam Fitter qu'entre-temps on avait nommé » Director cleri n et à qui on avait confié pendant la vacance l'administration de révéché, ce synode ne fut composé que de li membres du clergé uni, de Tavocat deTévéché et d'un secrétaire. Trois Jésuites y assistèrent et y jouèrent un rôle très actif. 11 dura quatre jours et ses décisions résumées en 21 propositions se rapportaient principalement à la discipline du clergé. On fixa le montant des amendes que devraient payer les popes deux fois mariés, buveurs, blasphémateurs ou malfaiteurs. On y rédigea une pétition au roi demandant la permission de pouvoir fonder un séminaire que l'on élèverait pour sa plus grande sécurité à Vienne. Finalement on proposa les trois candidats pour Tévêché et on mit sur la liste en première place Jean Klein ou en roumain Mien à ce moment séminariste de troisième année dans l'école des Jésuites à Nagy- Szombat. C'était un jeune homme excessivement intelligent et travailleur, élevé dès son enfance par les Jésuites à Nagy-Szeben. Grâce à leur influence, sa candidature ne fut pas trouvée ridicule à la cour de Vienne où l'on s'empressa de lui donner le siège épiscopal de Fogaras sans qu'il soit consacré prêtre. Eu attendant le consentement pontifical, on l'envoya dans le monastère basilite de Munkàcs où il obtint le prêtrise après un très sévère noviciat.

C'était déjà beaucoup de chance pour un jeune homme. A lionie^ il en eut plus encore, car il y eut pour protecteur le cardinal Cienfuegos qui, ayant connu le défunt Patahi à Vienne^ s'intéressait particulièrement à cette œuvre de l'union, qu'il patronna toujours très chaleureusement au Vatican. La nomination fut donc assez rapidement confirmée (septembre 1730) de façon que l'évêque grec-uni de Munkàcs, Gliennadins Bizanczi put présider à la cérémonie de la consécration le 7 novembre suivant. L'intronisation de Klein n'eut cependant lieu que deux ans plus tard pour des raisons inconnues. Ce fut pendant cette époque que /^iV/cr quitta la Transylvanie et fut remplacé par le jésuite Èmeric Goergéi connu à cause de son prosélytisme incontinent; son arrivée ne fit qu'accroître l'antipathie avec laquelle les calvinistes accueillirent le juvénile

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