‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 144 sur 232 · LIVRE TROISIÈME S · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME S

partout non pas parce qu'ils sont des nobles hongrois, mais parce qu'ils sont des Roumains. Il faudrait qu'on en plaçât à la cour d'appel — le préfet du département de Hunyadj les capitaines de Fogarasj de Kœvarvidèhe ne pourraient être que des Roumains, — l'évéque devrait faire partie du « gubernium » . Sur sa recommandation, on devrait même nommer six u régalistes » tant ecclésiastiques que laïques auxquels on adjoindrait le théologien. Klein appuya finalement sur la nécessité de publier un nouveau diplôme contenant les privilèges antérieurement accordés et suspendanttoutes les dispositions législatives prises au détriment des Roumains unis. Qu'il soit interdit aux seigneurs d'accabler de charges les serfs roumains, qu'ils soient émancipés sur le territoire du Kiràlyfolde où il n'y a jamais eu que des hommes libres.

Il est impossible de ne pas s'attendrir en voyant le dévouement infatigable pour sa race de cet évéque-tribun. Entraînés par son exemple, les membres de son clergé se mirent à pétitionner de leur côté. Malheureusement le ton servile du document ainsi que l'idiome allemand dans lequel il fut rédigé, le rendirent peu sympathique et suspect aux hommes d'État hongrois les mieux disposés en leur faveur. D'ailleurs Klein le fit suivre d'une nouvelle supplique dans laquelle il affirma que la situation de ses coreligionnaires était pire que celle des Israélites : on défend ceux-ci à cause des avantages que l'on en tire, tandis que l'on abandonne les Roumains à leur sort par haine de race. Quant aux faveurs dont il a été comblé, elles lui sont personnelles, — grâce à l'audace de la chancellerie transylvanienne — au lieu de revenir à l'évéque roumain en général : manœuvre qui indique clairement que l'on veut mettre ses sucesseurs sous la juridiction des évéques catholiques. Si on ue nomme pas une commission pour corriger cette faute de la chancellerie, lui et son peuple protesteront devant le Dieu vivant.

A la diète convoquée par Marie-Thérèse à Szeben pour le 28 janvier 1744, on devait discuter un projet de loi renfermant sept articles. Les deux derniers concernaient les religions reçue» et visaient la suppression de toute disposition législative défa-

vorable au catholicisme et au clergé catholique. Et comme l^église grecque unie fait partie de TÉglise catholique, ils exigeaient que Ton abrogeât toutes les lois antérieures nuisibles à Tunion. C'était sanctionner sa réception et fournir ainsi à X/em la possibilité de faire entrer dans la constitution la nation roumaine tout entière. Aussi dans leur adresse, des États répondirent-ils qu il était impossible d'admettre la réception du peuple roumain dans la forme projetée, car par suite de sa nature très mobile et très impressionnable, il parcourt en vagabondant non seulement le territoire transylvanien, mais la Moldavie et la Valachie, où ceux ayant accepté Tunion , la renient incontinent. Son admission dans la forme indiquée ferait donc tort aux trois nations reconnues, comme elle ferait tort aux Roumains nobles eux-mêmes. Klein ne pouvait pas laisser passer Cette occasion sans faire entendre sa voix. Mais les États reçurent sa protestation avec un tel toile qu'il n'osa plus la maintenir. Elle le fut par son clergé qui n'imputa pas sa rétractation à sa peur, mais à la nécessité de céder à la force brutale.

Klein se rapprocha alors de quelques membres des états catholiques pour rédiger en commun une supplique contre les protestants. Il y était dit que les privilèges des trois nations dataient d'une époque où elles appartenaient à l'Église catholique et qu'elles les gardaient cependant quoique étant maintenant a-catholiques. Tandis que les Roumains exclus jadis de tout droit politique ayant accepté l'union, y devraient participer plutôt que les calvinistes et les unitariens, car ils n'avaient jamais quémandé l'aide d'aucun souverain étranger ou du patriarche de Constantinopley en opposition avec les derniers, toujours prêts à s'adressera VAngleiej^reetèi la Hollande . Les pétitionnaires demandaient donc de ne pas accepter la rédaction des articles 6 et 7 telle que les États l'avaient proposée. Elle le fut cependant finalement malgré toutes ces protestations. On admit la réception de Téglise unie comme appartenant à l'Église catholique, mais on déclara que les prêtres ou les nobles roumains seraient rangés parmi celle des trois nations sur le territoire de laquelle ils s'étaient fixés et que le peuple roumain ne serait pas considéré

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