‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 145 sur 232 · LIVRE TROISIÈME 29t · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME 29t

comme quatrième nation « afin que le système de cette princtpiauté ne soit pas bouleversé. »

Un échec semblable ne pouvait s'expliquer que jpar Tantipa^thie que Klein avait fait naître che^ tous ceux avec qui il était en contact. A la diète, il s*est rendu odieux et ridicule, car il parlait latin — à cette époque on y parlait généralement en hongrois — et un latin tellement défectueux que les États ne pouvaient jamais garder leur sérieux en entendant ses solér cismes(l). Quanta la cour de Vienne^ elle fut tellement en^ nuyée par ces incessantes lamentations et ses apparitions fré^ quentes dans la ville impériale, qu'elle finit par accueillir les insinuations défavorables et toujours plus pressantes des Jiésuites qui ne lui pardonnaient pas sa révolte dissimulée contre leur autorité. De là sa*disgrâce, d'abord discrètement formulée dans l'avertissement de ne plus quitter son diocèse sans la permis^ sion du a gubernium » , ensuite clairement indiquée, quand il n'est plus reçu par Marie-^Thérèse, lorsqu'il va la dernière fois à Vienne pour se justifier et pour réfuter les accusations de ses ennemis. Et, chose curieuse ! à ce moment-là son courage l'aban* donne — ne doit-on pas en conclure au manque de sincérité de son caractère? — et sur le simple bruit qu'on veut l'arrêter et l'interner à Graiz (Styrie) , il s'enfuit à Rome pour y disparaître quelques années plus tard , sans plus s'occuper ni de l'union ni de ses frères les Roumains y ni du daco-roumanisme dont il était l'inventeur.

Mais si ses succès moraux sont nuls, il faut avouer que ses mérites d'administrateur sont au-dessus de tout éloge. Soutenu par les conseils de son avocat Pierre Dobra il réussit à changer les domaines, donnés par Charles III à l'évéque grec-uni en 1718, contre le domaine de Balazsfalva, ayant appartenu aux Apaji et rapportant deux fois autant (6,000 florins) que ne rapportaient les deux autres. D'ailleurs, cène fut pas uniquement l'avantage matériel qui séduisit Klein dans cette opération. H lui semblait qu'il serait plus aisé de fonder là un siège épis-

(1) JoH, HocHSUA!«N, StucHeii zur Geschichte Siebenhûrgens aus dem 18*" Jahrhunderie. Archive des.Vereines fur siebeiibûrgische Landeskunde , \o\. XVI. Hermannstadt. 1881^ p. 107 et 108.

tn MAGYARS ET ROUMAINS DEVANT L'HISTOIRE

copal solidement assis qu'en Fogaras où la majorité des habi* tants était protestante. Aussitôt en possession du domaine, il songea à la création d'une ville n'ayant pour habitants que des Roumains, En 1739 il obtint pour la nouvelle commune le droit d'avoir un marché hebdomadaire. En ce qui concernait l'entretien du séminaire qu'il voulait y établir la moitié des revenus du domaine y devait être employée, tandis que pour la construction du bâtiment lui-même ôt d'un monastère basilite, un synode imposa au clergé roumain le payement en cinq annuités d'une somme de 25,000 florins. Gomme « conditio sine qua non » on stipula que les moines basilites y vivraient absolument selon le rite et les règlements monacaux grecs.

Aux raisons qui ont provoqué la disgrâce de Klein à Vienne^ il faut ajouter le découragement auquel se sont livrés les amis non-roumains de l'union devant le spectacle désolant qu'offrait l'attitude équivoque de la grande masse de la population orthodoxe. La moindre excitation suffisait pour la détacher de l'église unie et la ramener à la religion de ses pères. Ce fut de la Hongrie^ où on avait accordé des libertés, des droits et des privilèges à l'église orthodoxe dès 1723, que partit le mouvement anti-unioniste de 1728. Il commença par le voyage d'inspection que Sacabeni JoannovicSy Tévêque serbe d'Arad, entreprit dans le département de Biha?- avec la permission de la cour de Vienne et sous la protection de l'armée impériale : concession que les hommes d'État autrichiens surent lui faire acorder pour obtenir son concours et celui des Serbes en général, dans leurs entreprises possibles contre le constitutionnalisme hongrois. Cette visite épiscopale produisit un effet foudroyant sur les paysans roumains à peine familiarisés avec l'idée de l'union. 178 fut le nombre des popes revenus à l'orthodoxie dans ce seul département inspecté par l'évéque. Or les protestations du préfet-évêque catholique, comte Csàkyy n'éclatèrent que quand elles n'avaient plus aucune portée, Joannovics ayant été nommé entre temps patriarche de Kar^ lôcza. Cette élévation ne fit qu'augmenter son ardeur pour réconquérir à l'orthodoxie Iqs âmes comme il affirmait, séduites tt par les seuls avantages matériels de l'union » .

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