‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 147 sur 232 · LIVRE TROISIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME

semble pas en avoir été très impressionné puisqu'il se contente de demander au « gubernium » une liste des méfaits comihis parlés orthodoxes, destinée à être transmise à Tambassadeur russe, et de conseiller la capture sinon de Balomiri lui-même^ au moins de la correspondance qu'il doit entretenir avec les mécontents transylvaniens.

Sans pouvoir affirmer si le « gubernium » avait jcédé ou non à cette injonction du conseil secret, il n'est pas moins vrai qu'il y a un rescrit de Marie-Thérèse daté du 27 juillet 1752, dans lequel elle recommande de ne traiter les orthodoxes qu'avec beaucoup de ménagements non seulement à cause des services qu'ils ont rendus au trône et au pays, mais aussi à cause de son alliée l'impératrice Elisabeth, Car elle ne voudrait pas que l^es persécutions dirigées contre l'église grecque orientale, puissent relâcher les liens de cette alliance (I). Telle est l'histoire de la première intervention russe en Hongrie, excitant les aspirations de l'orthodoxie d'une part et éveillant la méfiance des Hongrois de l'autre, qui s'en sentaient d'autant plus incommodés qu'il avaient à lutter continuellement contre celle des éléments non-hongrois de la cour de Vienne.

Ce fut l'année précédente seulement, c'est-à-dire en 1751 que Klein se décida à renoncer à l'épiscopat. Le synode électoral qui eut lieu le 3 novembre de la même année, lui donna pour successeur son vicaire, Pierre Aron. C'était un homme d'une vie exemplaire, un véritable ascète, à qui les Roumains doivent une reconnaissance éternelle. Envoyé à Rome pour y terminer ses études théologiques, il y apprit à apprécier la valeur du savoir. Aussi voua-t-il non seulement toute son intelligence et tout son bon vouloir à l'éducation et à l'instruction du peuple roumain, mais ses économies personnelles également avec lesquelles il acheta le domaine de A'///, ayant appartenu aux Apafi , et que Marie^ Thérèse avait vendu d'abord à la famille Bethlen. Aî^on en confia l'administration aux moines basilites installés kBalàzsfalva dès 1747. Ce furent

(1) Bâritiv, htorîa Transilvaniel , vol. I, p. 341 à 344 et 732-733.

ces mêmes moines basilites qui fournirent aux écoles créées en 1754 dans ce même endroit les premiers professeurs, tels ique Grégoire Maîorii, Ignace Darabont, et plus tard Sinkal et Pierre Maïor, Ces écoles furent, dès le commencement, très fréquentées non seulement à cause de l'ingéniosité de leur organisation — il y avait des classes élémentaires, trois classes de lycées et un séminaire — mais aussi à cause des secours en nature dont purent y profiter les étudiants grâce à la munificence A^Aron, Le nombre restreint des moines ne permettant pas de remplir les cadres du corps enseignant, ils n'étaient que onze; plus tard, sous Joseph II ^ on y admit comme professeurs les membres du clergé séculier. En 1 760 Téclairé évéque y fit aussi installer une imprimerie roumaine pour l'impression des livres scolaires, complétant ainsi l'outillage pédagogique à Taide duquel put s'élever ensuite tout l'édifice de la science roumaine, aujourd'hui si respectable. Il esta remarquer que dans le programme élaboré pour ces écoles par l'évéque Gabriel Aron^ maître absolu de ces établissements — Tétude de la langue magyare est aussi obligatoire que celle du latin. Toutefois l'enseignement y eut lieu en roumain.

On ne peut malheureusement pas être aussi élogieux au sujet de l'activité épiscopale de Pierre Aron en ce qui concerne ses rapports avec les orthodoxes. Il est vrai que ceux-ci devenaient beaucoup plus exigeants depuis l'intervention de l'impératrice Elisabeth de Russie, Le patriarche serbe de Aarlocza n'avait pas hésité à exciterles Roumains de la Transylvanie dès 1751 pour demander la nomination d'un évéque orthodoxe serbe, car il avait promis d'employer toute son influence auprès de Marie- Thérèse pour que leur vœu soit exaucé. Encouragé par l'exemple de son supérieur, l'évéque serbe d'Arâd^ Sjnése Zsivanovics, entreprit aussi une campagne très ardente en faveur de l'orthodoxie en consacrant plusieurs popes grecs orientaux, notamment à Vàrad-Velencze en 1753. En promettant au peuple que, redevenu orthodoxe, il ne payerait plus de dimes, 60 prêtres unis retournèrent à la religion de leurs pères tandis que 23 se virent obligés de quitter leurs paroisses. En 1755 ce fut encore le patriarche de Karlôcza qui revint à

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