‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 149 sur 232 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

affaires de la Hongrie on consulta des étrangers qui ne pouvaient les connaître que très superficiellement et qui en référaient à des AuirichienSy ennemis jurés de la constitution hongroise ! De là Tantipatliie de de Ville contre les catholiques hongrois. a Le clergé latin, écrivait-il textuellement, mû par un vil et sordide intérêt, se sert de tous les moyens les moins licites pour faire passer tout le peuple (roumain) pour uni (1). » Il accusa l'administration départementale de négligence, elle était hongroise, et il recommanda Tabolition de la dîme et Textension de la juridiction de l'évêque serbe à'Arad sur tous Roumains orthodoxes, faute de quoi ils suivraient l'exemple des Serbes émigrés en Russie quelques années auparavant (1751). Or c'étaient précisément eux qui formaient la digue la plus sûre contre les mouvements révolutionnaires possibles .(sous-en« tendu : fomentés évidemment par les Magyars.)

Finalement on mit cette question de l'église orthodoxe sur le tapis dans le conseil privé de la reine. Ce fut l'opinion du chancelier impérial, du comte Kaunitz^Rittberg ^ qui y prévalut. H la résuma dans un rapport qu'il fit sur le désir formel de la souveraine et dans lequel on remarque les passages suivants : a Les orthodoxes montant au nombre de plusieurs millions qui vivent sous le sceptre de Votre Majesté, doivent être considérés selon mon humble opinion, comme un vrai trésor et joyau de la maison régnante. On pourrait en tirer plus de profit qu'on n'en a tiré jusqu'ici, s'ils étaient mieux protégés tant au point de vue moral que matériel contre toute oppression et injustice (sous-entendu : commise par les Magyars) et s'ils étaient gouvernés en général comme doit être gouvernée une pareille nation, rude et belliqueuse, c'est-à-dire selon les règles de la prudence, n Aussi conseilla-t-il la nomination d'un évêque spécial pour les Roumains de la Transylvanie^ indépendant du patriarche serbe de Karlocza, mais n'ayant pas le pouvoir d'un métropolite non plus. Il crut également que le mieux serait d'employer la force, car il craignait les Roumains à cause de leur versatilité, qui ne ferait que s'accentuer par la nomina-

• (1) BcnTiTAi ViKCZE, Biharmegye oldhjai, p. 60.

lion dudit évêque orthodoxe spécial. On enverrait en même temps une commission à Nagy-Szeben, chargée de juger les cas douteux sur place en déléguant trois de ses membres, dont Fun serait toujours Tévéque spécial. De cette façon, la reine gagnerait du temps pour rétablir la paix à Tintérieur et à Textérieur, et les Roumains s'abstiendraient de tout excès, car ils auraient, d'une part, peur de la force armée et, de Tautre, ils seraient contents de voir un évéque orthodoxe (1). Ces propositions obtinrent pleinement l'approbation de la reine.

Pour les mettre en pratique, il parut d'abord un rescrit royal le 21 mars 1760, dans lequel on imputa toutes les fautes au u gubernium d . La traduction et la publication en roumain de tous les documents se rapportant au libre exercice des religions y furent énergiquement ordonnées. Mais son importance consistait principalement dans la promesse d'envoyer en TVansylvanic un évéque orthodoxe si toutefois les non -unis s'abstenaient dorénavant de tout excès. Et afin qu'ils ne pussent pas en commettre beaucoup, ce fut le général Bucow c[m ^e mita la tète de la commission de Nagy-Szeben^ ayant pour bras droit Denis Novahovics^ l'évéque orthodoxe de Bude^ à qui la reine avait confié l'administration provisoire de l'église grecque orientale transylvanienne. Si la présence de ce dernier a largement suffi pour apaiser l'agitation des orthodoxes, heureux de pouvoir l'approcher dans une assemblée générale du clergé orthodoxe et des délégués communaux roumains, tenue le 26 avril 1761, elle ne fît pas moins beaucoup de tort à l'union en éveillant chez un peuple très impressionnable les souvenirs de son culte traditionnel. De là la défaite essuyée par l'évéque uni Pierre Aron quand il officia le même jour que Novakovics^ le 6 juillet 1761, à Gyulafehérvàr , Il eut à peine de monde dans son église, tandis que les ouailles de l'autre remplirent tout un grand jardin pour écouter religieusement ses conseils pacifiques concernant particulièrement la rétrocession de leurs églises aux unis.

C'était une sous-commission nommée par Bucow qui devait

(1) HuRMUZAKI, Fragmente sur Geschichte der Rumànen, vol. II, p. 161 à 16*.

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