‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 153 sur 232 · LIVRE TUOISIEME Z · texte numérisé non relu

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de Féducation et de rinstruction du peuple. D'ailleurs, les écoles primaires, Tinstruction de la jeunesse sont des choses inconnues aussi bien chez les Serbes que chez les Roumains. On n'en trouve pas un sur mille qui sache écrire et lire sa langue maternelle. C'est par leur pope que les communes font rédiger leurs suppliques ou leurs réclamations et, étant obligées de se fier à eux, elles ne sont pas même convaincues que le document, confectionné par leurs popes, exprime réellement leur pensée. L'enseignement religieux et la prédication sont des choses inconnues chez eux. Les efforts de leurs évèques même ne tendent qu'à extorquer le plus d'argent possible afin de pouvoir le dilapider en jouissances frivoles. On abuse beaucoup aussi de l'excommunication (afurisatio) et l'empereur a dû se convaincre que la plupart du temps l'excommunication n'est prononcée qu'en vue du chantage » (I). Il faut avouer cependant que, malgré le peu de sympathie que les Roumains inspirèrent à leurs concitoyens soit en Hongrie, soit en Transylvanicy ils ne se montrèrent jamais particulièresévères à leur égard. Pour avoir pris part aux guerres de Ràkéczy on remit en servitude tous les serfs ayant recouvert leur liberté pendant l'insurrection (diète de 1714). On interdit en même temps aux paysans de porter des armes . Or ces rigueurs frappent aussi bien les Roumains que les Magyars , car la loi ne fait ici aucune distinction entre ces deux nations. Elle est également semblable pour les deux, quand elle impose quatre journées de corvée par semaine à tout serf, de même qu'en 1742 et 1747 on réduit le nombre de ces corvées à deux jours par semaine sans indiquer la nationalité de ceux qui y sont astreints. N'estce pas à la généralité des serfs que s'adresse la dénomination de « trésor vivant » ( errarium vivum ) dont se servent les états de la Transylvanie pendant cette même diète de 1747. Et comme toutes ces lois n'étaient pas très explicites sous beaucoup de rapports, le rescrit de Maine^Tliérèsc datant de 1769, dans lequel elle indique longuement tous les devoirs des seigneurs envers leurs serfs et vice-versa, et où elle règle le

(1) SzEiiTKLARàT, Szdz èu DéUMagyarorszag torténetébôl, p. 207 et 208.

pouvoir correctionnel des premiers tout en ënumérant les moyens que les seconds peuvent employer pour leur défense, soulagea notablement tous les serFs, sans distinction de race on de religion.

(De la circonstance que ces dispositions bienveillantes n'émanent pas de la diète transylvanienne, les historiens antimagyars ne manquent pas de tirerune conclusion qui, en apparence, serait une preuve évidente pour démontrer la roumainophobie et Tinhumanité des Magyars. Ils prétendent que Marie-Thérèse ne recourut à la publication de ce rescrit que parce que les états de Transylvanie eux-mêmes ne voulaient pas se conFormer à sesintentions. Or il n'y a pas eu de diète en Transylvanie depuis 1761 jusqu'à sa mort, survenue en 1780; les aFFaires importantes ne pouvaient donc être réglées qu'au moyen de rescrits. Quant aux dispositions hostiles ou favorables des diètes cpii n'ont pas eu lieu, il est oiseux de les discuter.)

hes Roumains y comme tels, n'eurent des diFficultés que quand, à peine installés sur un territoire, ils y empiétèrent peu à peu sur les droits des propriétaires véritables. Ce qui arriva principalement sur les territoires des Saxons : témoins le procès célèbre de Résinar,, entamé contre les habitants roumains de ce village par les habitants saxons de la ville de Szeben, Là il s'agissait de décider si les colons roumains établis dans une Forêt de pins de la ville pour y recueillir la résine, avaient raison de Former une commune ayant ses droits particuliers. Le procès dura de 1735 jusqu'en 1785, année où Joseph IT^ mû par ses sentiments humanitaires, prit résolument parti contre les prétentions légales mais surannées des Szébénais et concéda des droits communaux à Résinar en lui assignant au surplus la propriété d'une certaine quantité de terrains appartenant à la ville de Szeben^ condamnée à les lui céder.

L'issue du diFFérend entre Roumains et Saxons tourna, au contraire au tragique à propos de la commune de Szelisiye^ située sur ce domaine de Talmàcs que le vayvode de Valachie avait jadis possédé en fieF jusqu'au désastre de Mohàcs et dont on fit ensuite un quasi-siège roumain, mais sous la direction de sept magistrats saxons. Avec le temps, il se trouva parmi ceux-

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