‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 154 sur 232 · LIVRE TROISIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME

eî quelques-uns qui, se basant sur la donation qu'avait faite de ce domaine Bêla /F en 1233 à Vispnn saxon Konrady n'hésitèrent pas à considérer les Roumains qui y habitaient comme leurs serfs. De là un procès interminable qui finit par s'envenicoer quand un Saxon y le baron Samuel Bruckenthaly devint gouverneur de la Transylvanie (1774); se sentant plus forts, les Saxons organisèrent alors une véritable descente dans le village de Szelisiye^ où ils ne purent faire prévaloir leur manière de voir qu'à l'aide d'un bataillon de soldats. Ayant employé l'argument suprême, une décharge générale, ceux-ci tuèrent aux Roumains vingt hommes et en blessèrent une grande quantité. Mais ce coup de force ne procura aux vainqueurs qu'une victoire éphémère car, grâce à l'intervention de Jo^ seph II yles Roumains obtinrent gain de cause comme à Résinar. Le procès civil se prolongea au sujet de cette affaire jusqu'en 1868.

Le roumanisme encourut des reproches plus légitimes en se permettant des indélicatesses à l'égard du gouvernement qui, désireux de fonder des colonies roumaines dans les environs de Temesvârj leur fournit des terrains et les pourvut même de petites sommes d'argent nécessaires à leur premier établissement. Elles ne voulurent pas se prêter à la culture des terrains concédés et disparurent en grande partie aussitôt qu'on leur en fit la remarque, en emportant naturellement les fonds avancés, comme c'est longuement relaté dans un rapport de la commission de colonisation présidée par le comte Schlich et daté du 8 mars 1768(1).

En face de ce caractère à la fois remuant et instable, obstiné et farouche des Roumains ^ on aurait eu tort de penser à leur simple introduction dans l'enceinte administrative et constitua tionnellede la Hongrie^ d'autant plus que les contrées où ils erraient, se trouvaient tellement dépeuplées et dévastées pendant la longue et désastreuse domination des Turcs y qu'en dehors de leurs noms conservés par l'histoire, rien ne semblait plus les rattachera la mère-patrie. Étant d'ailleurs sur les limitesda monde civilisé d'alors, elles étaient destinées à amortir les chocs

(Ij SzBRTKLABAY Jbno, âz olahok kôlloitetésc Dél'Magyarorsxhgon, p. 30 et 21.

3iî MAGYARS ET ROUMAINS DEVANT L'HISTOIRE

que pouvait vouloir lui porter rislamisme épuisé et à arrêter les fléaux des maladies contagieuses importées de TAsie. Partant de là, ridée devait forcément venir à tout esprit réfléchi que si le peuple roumain, à moitié nomade, ne devait entrer dans le chemin du progrès que sous la férule d'un régime d'une sévérité implacable, son essai ne pouvait avoir lieu que dans ces parages précisément où la proximité d'un ennemi séculaire, l'humeur voyageuse de la population, imposent tout naturellement une organisation uniquement basée sur la discipline militaire. Si on ajoute à ces considérations, d'un ordre spéculatif, le désir de la cour de Vienne d'avoir toujours sous la main des troupes pour combattre à l'occasion le parlementarisme hongrois, il n'est pas difficile de comprendre comment on est arrivé à l'idée de la création des Confins militaires. Ils formèrent une ceinture de fer depuis Y Adriaiique ]\x%i\\ik Or-^ sova et fournissaient une douzaine de régiments d'infanterie. Administrés militairement, ces Confins dépendaient du ministre de la guerre impérial et ne furent supprimés qu'en 1871, quand on les fit rentrer dans les cadres des départements hongrois limitrophes.

La vitalité du système ayant été démontrée par les essais faits en Hongrie depuis 1 743, Marie-Thérèse se décida à son introduction en Transylvanie où les pérégrinations des Roumains prirent de jour en jour plus d'extension soit par suite des exactions des vayvodes fanariotes et alors des vayvodies roumaines en Transylvanie, soit par suite de la propagation intempestive de l'union, et alors de la Transylvanie dans les vayvodies. La nouvelle concernant la création des Confins les a cependant tellement réjouis qu'ils eussent été tous désireux d'en faire partie. Naturellement, on n'a pu y admettre que ceux habitant au Sud entre les cols du Vulcan et de Bodza et à l'Est entre le col de Tôfgyes et les glaciers de A/a77waro5. Au milieu s'étendent les pays des Sicules : le Csik eileHâromszék; on les érigea èh Confins aussi.

' Mais pour réaliser les intentions de Marie-Thérèse , il fallut aplanir plus d'une difficulté. Il y en avait qui étaient provoquées par la situation délicate dans laquelle se trouvaient les JRou-

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