‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 159 sur 232 · LIVRE TROISIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME

plusieurs fois question du « famosus seductor «> Hora ainsi que de ses parents les deux Nicola^ contumaces.

Le premier était déjà de nouveau à Vienne en compagnie de Kloska pour porter de la part de leurs anciens mandants une nouvelle requête remplie d'accusations contre les administrateurs de Zalathna, Elle fut discutée le 7 juin, en conseil secret à la suite duquel Fempereur enjoignit au a gubernium » de suspendre Texécution du jugement rendu jusqu'à l'arrivée de ses décisions ultérieures et de ne pas inquiéter les porteurs de la requête.

Ces manifestations des sentiments élevés de Joseph II acctarent singulièrement le prestige de /fom. Pour arracher des concessions nouvelles à l'empereur, il retourna à Vienne une quatrième fois en décembre 1783. Mais il n'a été reçu en audience que le V avril suivant, car Joseph avait passé l'hiver à Rome,

« A la Bn de l'audience, écrit le comte Dominique Teleki aîné (l), après avoir énuméré ses griefs contre les fermiers arméniens, Hora supplia l'empereur de délivrer les Roumains de la domination des Magyars et de la servitude, en ajoutant que s'il tardait d'accomplir cet acte de clémence, il se pourrait que les premiers se soulèvent et se rendent hbres eux-mêmes au prix d'une calamité publique. Ayant reçu de Joseph en réponse les mots terribles « Faites cela » (Thut Ihr das) Hora se jeta à ses pieds en signe de reconnaissance. Uibiczei raconte cet événement d'une importance capitale dans sa lettre citée plus bas en ajoutant qu'il le tenait de Solder, juge militaire au régiment de Charles prince de Toscane, qui était également à l'audience impériale et qui mourut à Zalathna étant son ami. Beaucoup de personnes crurent à la véracité de ce récit. »

D'autre part voilà la déposition d'un paysan du département de Hunyady faite plus tard devant les commissaires royaux.

a L'empereur Joseph s'étant plaint une fois à Hora de la désobéissance prolongée de la noblesse hongroise, celui-ci lui aurait répondu que si l'empereur lui confiait les paysans, il

(1) A Hora-tâmadàs tbrténete, Pest. 1865, p. 8.

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rendrait les nobles hongrois obéissants, ou les exterminerait. Alors Tempereur lui fit cadeau d'une croix en or. »

Il serait outrageant pour la mémoire du philosophe impérial de vouloir réfuter Tinanité et l'invraisemblance de ces racontars. Il faudrait être un Néron pour parler et agir ainsi. En réalité, il a dû se pa^er là un de ces malentendus qui ensanglantèrent plus d'une fois les pages de l'histoire. Mû par sa philanthropie et par sa magnanimité, Joseph II écouta certes avec bienveillance les plaintes d'un malheureux et inculte Roumain dont le parler allemand ne pouvait être ni clair ni compréhensible; mais de là à un encouragement pareil il y a un monde, impossible à franchir à une âme avide de progrès et de lumière. Quant an don d'un bijou et surtout d'une croix, il ne rime ni avec le cérémonial en usage à la cour impériale ni avec les habitudes personnelles de 7o5<^A. Ce sont des inventions de Hora ayant eu vent de l'animosité théorique de l'empereur contre les institutions hongroises médiévales, et enivré du bonheur d'un entretien avec l'empereur, qui lui donnait une valeur incommensurable aux yeux de ses compatriotes roumains et qu'il pouvait raconter selon les besoins de sa cause, approprié aux sentiments et à Tintelligence de ses interlocuteurs.

L'audience en question eut cependant un résultat important et irrécusable : Hora reçut le 1 3 avril un rescrit de la chancellerie, adressé au « gubernium » , dans lequel celui-ci est exhorté d'attendre les résolutions de Sa Majesté, de défendre les pétitionnaires contre l'administration domaniale et départementale. Ayant été chargé d'une commission aussi honorable, ^ora rentra dans les communes de ses mandants en triomphateur. Ce Put cependant KIosha qui porta le pli à Szebenchez le gouverneur. Celui-ci les renvoya dans leurs foyers ainsi que le préfet du département d^Also-Fe/iér, S'étant adressés finalement au gouverneur militaire, ce fut la même réponse qu'ils obtinrent de lui aussi, car le rescrit ne contenait rien de déterminé.

Devant cette indifférence inattendue des autorités Iloi'a se résolut à l'action. D'abord il parcourut les villages en compagnie de ses amis Kloska et Krijan; ensuite il fit convoquer par le pre-

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