‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 162 sur 232 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

officier et huit soldats — il y eut une collision plus sérieuse à Blazseny entre le lieutenant-colonel Kray et Nicolas Bibarcz Tun des capitaines de Hora. Elle se termina naturellement par la défaite des RoumaùiSj qui y perdirent 84 morts, beaucoup de blessés et quinze prisonniers. Mais le gros des insurgés campait entre Abrudbânya et Topànfalva. Le lieutenant-colonel Schuliz Tattaqua avec 750 hommes le II décembre. Les Roumains se dispersèrent aussitôt les premiers coups de canon tirés. ScImlizeniTdLdXors à Topànfalva où il passa la nuit, ayant invité les autres détachements à venir le joindre. Réunies en un seul corps les troupes se dirigèrent sur Alback pour s'y emparer de Hora ou au moins de sa maison. Pendant ces marches on fit parler les canons et leur grondement suffit à mettre en fuite ceux des insurgés qui étaient restés sourds aux exhortations de Tévéque JSîkùicSy chargé d'annoncer l'amnistie plénière à quiconque déposerait les armes et s'en retournerait dans ses foyers.

Cette promenade militaire et cette canonade à blanc termina d'autant plus aisément la révolte que Ilora prêchait maintenant l'apaisement ausbi. En quittant ses hommes il dit qu'il avait l'intention d'aller à Vienne pour y obtenir encore quelque chose de l'empereur. Or, sur V ordre de Joseph II, les autorités avaient déjà son signalement ainsi que celui de Klosha et on leur donna la chasse dans toute la contrée. Le lieutenantcolonel Kray apprit finalement qu'ils s'étaient cachés dans la grande forêt de Szkoracset. Sur le conseil d'un garde forestier allemand, nommé Melczer, il y fit embaucher sept Gornyik, gardes-chasse roumains, qui découvrirent effectivement les traces des fugitifs dans la neige au bout de deux jours de recherches (le 27 décembre). S'étant emparé d'abord de leur confident Krisziea, ils surprirent Hora et Kloska assis auprès d'un feu flambant. Ils s'en approchèrent en feignant de n'être que des chasseurs inoffensifs et ne s'emparèrent d'eux que quand ils étaient déjà complètement rassurés. Pendant leur courte lutte Hora eut le temps de sortir quelques feuilles de papiers de sa poche et de les jeter au feu où les Gornyik les laissèrent tranquillement se consumer. Ayant garotté leurs

prisonniers, ils les transportèrent dans une hutte où il le^ gardèrent jusqu'à l'arrivée des soldats que l'on avait poste* autour de la forêt. Armés de fusils et de lances, les deux chefs de Tinsurrection n'avaient eu leur possession que 6 florins, ils furent conduits le 1" janvier 1785 à Gyulafoht'rvur où on les enferma séparément dans des cachots niisérable>. Ce qui n'empêcha pas de faire courir le bruit parmi les R**iiniains soit qu'ils étaient en liberté soit qu'on les traitait avec beaucoup d'égards.

Pour détromper définitivement la crédulité du peuple, le comte Jankovnli organisa deux manifestations, qui étaient certes très impressionnantes mais qui laissaient beaucoup a désirer aussi sous le rapport du bon goût. D'abord pour distribuer solennellement les 300 ducats promis par l'empereur à celui ou à ceux ayant livré Hora et Kloska aux autorités, il fit venir à Zalaihna pour le 5 février tout le « gubernium » et ce fut le baron Bruckenthal lui-même qui les remit aux sept (jnrnyik d'Aranyos avec un cérémonial théâtral. Ensuite il ordonna l'exhibition des deux célèbres fauteurs de désordre> sur les lieux de leurs exploits pendant quinze jours du 5 au 19 février. Évidemment c'étaient des moyens qui devaient frapper l'imagination du peuple, mais c'était en même temps lu glorification de la trahison, une cpupable satisfaction donnée à la curiosité la plus malsaine.

Entre temps ou put mettre la main sur Krijan aussi. Il fut arrêté à Mogos en suivant les indications du pope de Kerpenyes et on l'enferma également à Qyulafeliérvàr (le 1*"" février . « Je reçus votre lettre avec une joie très vive, écrivit Joseph II à Jankovich le 7 février. Je suis particulièrement content de la capture de Krijan, le troisième capitaine. Maintenant je suis très curieux de savoir ce que l'on apprendra des aveux de ces malfaiteurs. »

Légalement il aurait fallu que ce fût le tribunal du département dAlsô-Feliér qui jugeât les prisonniers. Mais Jankovich repoussa toutes les représentations que le préfet fit à cet égard. Il interdit la présence à l'audience de Michel Bruckenthal ^ du commissaire du « gubernium » lui-même, et il déclara que

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