‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 164 sur 232 · CAMPAGNES POUTIQUES ET LITTÉRAIRES DU ROIMANISME INTELLECTUEL · texte numérisé non relu

CAMPAGNES POUTIQUES ET LITTÉRAIRES DU ROIMANISME INTELLECTUEL

Si, comme on a pu le voir plus haut, avoir mal interprété les intentions humanitaires àe Joseph II était la véritable cause des troubles de 1784 servant de modèles fâcheux aux mouvements ultérieurs des Roumains : les théories insoutenables du daco-roumanisme découlent également d'une erreur initiale commise à la même époque par leurs savants, voués k la création d'une historiographie nationale. Sans vouloir conclure de là à un défaut organique de la race tout entière, il est évident qu'une récidive semblable ne doit être passée sous silence; car il en ressort clairement qu'il faut toujours tenir compte, dans l'intellect roumain, d'une certaine absence de contrôle sérieux.

Il est vrai que dans ce cas les Magyars partageaient Terreur en question de bonne foi aussi. De part et d'autre, on traitait le récit à^ Anonyme concernant la conquête de la Hongrie par Ai-pàd en évangile auquel ne pas croire serait un péché mortel. Or selon ce chroniqueur Gélou, le prince de la Transylvanie d'alors, était Vlach ou Roumain comme il a été dit dans un chapitre précédent (1), donc la continuité dacique ne supportait aucun doute ainsi que la souveraineté indépendante de Tuhutum, a l'élévation au trône duquel les Roumains prétendaient avoir contribué dans une large proportion. C'était un arsenal inépuisable mis à la portée de leurs revendications politiques^ sociales et religieuses dont leurs chefs spirituels et leurs savants se servaient incontinent avec une égale ardeur.

Elle pouvait être expliquée par le souvenir des agissements d* Innocent Klein ^ mais elle était surtout une imitation indéniable de l'exemple donné par la noblesse hongroise après la mort de Joseph II (1790). Comme on le sait, celui-ci rétracta à

(1) Voir le chapitre VI du Livre K.

l'approche de sa fin toutes les mesures arbitraires au moyen desquelles il avait régné à Tencontre des dispositions les plus explicites de la constitution hongroise et du « diploma Leopoldianum » . L*empereur abandonna par un changement de front extraordinaire et d'un seul coup ses idées les plus chére> aussi bien au sujet de raffranchissement des serfs qu'au sujet de la germanisation de la monarchie (le 4 février 1790). En vertu de ce rescrit, la situation à l'intérieur de la Hongn'eei de la Transylvanie redevint normale et l'on put considérer les actes de son règne comme non avenus. Son frère et successeur Lf*opold Ily quoique très libéral aussi, ne se crut pas autorise â recommencer les expériences bien intentionnées, mais généralement mal exécutées du philosophe impérial. Dans son diplôme publié à l'occasion de son couronnement comme roi de Hongrie^ il déclara solennëllementqu'il voulaitrétablirl'ancien ordre de choses, dès le 1" mai suivant. Quant à la diète de la Transylvanir, elle fut convoquée après plusieurs ajournements pour le 21 décembre 1790 à Kolozsvàr. Alors les Magyars à moitié gagnés au germanisme, à cause de la civilisation et des progrès qu'il avait représentés sous Joseph II, s'en détachèrent avec une promptitude surprenante pour reprendre leur constitution et leur administration départementale, leur langue maternelle et leurs coulunies. Accès de patriotisme devautabontir trente ans plus tard à la Renaissance hongroise, mais alors subitement arrêté par les effets formidables produits par Torage et les foudres de la révolution française; explosion de joie des privilégiés au sujet de l'autorité, des positions et de l'influence recouvertes, contrastant singulièrement avec le dépit de ceux retombés parle « statu quo ante »> dans leur infériorité primitive, comme les Rotnnains,

Telles furent les dispositions des esprits en Transylvanie au moment de l'ouverture de la diète de Kolozsvàr, Elle présentait la même physionomie que celle de 1762, sa plus proche devancière, c'esL-à-dire elle ne contenait que les magnats et les députés appartenant aux trois nations et aux quatre religions reconnues; mais ses tendances portaient les empreintes libérales de l'époque joséphinienne quand même et par cela

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