‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 165 sur 232 · LIVRE TROISIEME S · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME S

même que le comte Georges Bànffy^ le nouveau gouverneur de la Transylvanie y était un ancien franc-maçon de la loge Saint-André de Nagy-Szehen, Sans aller aussi loin que Martin Hochméister^ son ex-collègue et Tauteur d'un Almanach ouvertement hostile aux prérogatives nobiliaires, Bùn ff y ^véchsi toujours la conciliation et rendit par là des services considérables k la tranquillité publique si souvent menacée pur les rivalités des trois nations.

En face de cette assemblée conservatrice à outrance, quoique très impressionnée par les événements de Paris, les Rou- //miV?^, assez suspectés depuis le soulèvement de Hora, ne pouvaient recourir au sujet de l'amélioration de leur position qu'à la bienveillance du souverain. Leur « Supplex libellas Valachorum » rédigé par le conseiller aulique magyar Mches et présenté par Tévéque uni Jean Bobh et l'évéque grecoriental Gcrasim Adamovich^ prit donc d'abord le chemin du cabinet impérial pour en être ensuite renvoyé à la diète ( le 18 mai 1791). Ce sera à elle que la prise en considération de la requête et le remède à trouver contre les abus signalés incomberont selon les vœux de Léovoid, Le jour où on lut à la diète le » Supplex» ou pour mieux dire pendant la lecture même de ce document mémorable, le tocsin annonça un incendie et les législateurs se précipitèrent vers les fenêtres pour voir sa direction et son intensité, a Restez donc tranquilles, s'écria le baron Nicolas Wesselenyi, l'incendie est assez considérable ici, à l'intérieur. Pourvu que nous puissions l'éteindre! « Et en effet, au point de vue de la stricte légalité, le document formait un acte révolutionnaire visant le renversement de l'ordre établi.

Au commencement, on y implore le souverain au nom de la nation roumaine tout entière afin qu'elle puisse ravoir ses droits antiques qui appartiennent à tous les sujetset qu'elle avait perdus dans le courant des siècles passés non pas sous une pression quelconque, mais seulement par suite des vicissitudes du temps, comme il va être raconté (ut sibi reddantur pristina jura quse omnibus civibus essentialiter adhœrent, quibusque sœculo superiore nulla auctoritate sed iniqua dumtaxat tem-

porum illoTum sorte ut mox expouetur, expoliata fuit). Ce fîit ainsi, dit /îoes/er à propos de cette supplique, que les droits de rhomme se virent forcés, après avoir soulevé beaucoup d'enthousiasme sur les bords de la Seine, de s'envelopper d'un manteau historique au bord de TAluta! »

Le aSupplex» expose ensuite l'histoire du daco-roumanisme depuis la conquête de la Dacie par Trajan jusqu'aux temps les plus récents, en y mêlant l'histoire ecclésiastique orthodoxe aussi, pour affirmer que ce sont les Roumains qui représentent l'élément autochtone en Transylvanie, Cette assertion n'est soutenue par aucune autre preuve que le vingt-septième chapitre à' Anonyme, Quanta Touvrage de Samuel Timon^ intitulé ft Imago antiquHî Hungariœ », le « Supplex » le cite en faveur de la religion grecque-orientale, première à faire des prosélytes en Transylvanie^ grâce à l'apostolat de Hyéroihéc, Il prétend que pendant le règne de saint ÉnennCy si favorable à la propagande du catholicisme, il n'y a que les Roumains qui soient restés fidèles à l'orthodoxie sans indiquer naturellement la moindre source scientifique. C'est seulement au xv* siècle qu'il peut invoquer une donnée authentique et officielle en 1437 à l'occasion du pacte de Kolozsmonostor on parle d'un tt Paulus niagnus de Vajdahàza, vexilifer universitatis regnicolarum Hungarorum etValachorum in partibus Transylvanicis « . Dans ce pacte, l'universalité des habitants magyars et roumains fait allusion à une disposition de saint Etienne dans laquelle il s'agit de leurs droits et privilèges, démontrant ainsi clairement qu'ils étaient les mêmes pour les deux nations. Si l'année suivante, en 1438, les Magyars^ les Sicules et les Saxons font Tunion, elle n'est pas au détriment des Roumains^ puisque c'est de leurs rangs que sortent alors les Hunyadiy les Gétzi et les Jôsiha, En un mot le sort des Roumains ne devient intolérable qu'au xvu" siècle. A cette époque on voit se glisser dans la loi plusieurs articles qui sont très défavorables pour le roumanisme. Comme on n'en rencontre pas de semblables dans la période précédente de 1540 à 1G53, il faut croire qu'il y a là un malentendu et que les réflexions désobligeantes ne doivent être imputées qu'à l'inadvertance et à la distraction des

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