‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 181 sur 232 · LIVRE TROISIEME 3T · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME 3T

les forces vives ^de la nation résident dans les couches profondes des masses populaires et que TafFranchissement de celles-ci serait autant un intérêt patriotique que le sien propre. Telle est la raison d'être de l'abandon de sa politique rétrograde antérieure et aussi de Tavidité avec laquelle elle veut mettre à exécution le programme széchenyien concernant sa participation aux charges publiques, — d abord aux frais des Diètes, ensuite au payement du péage sur le pont fixe à bâtir entre Bude et Pesth, tandis que le député Etienne de Bezerédj affranchit déjà de lui-même ses serfs et impose ses propriétés bénévolement. Ce programme, elle le fait sien également au sujet de l'adoption de la langue magyare comme langue d'État au lieu et place du latin, au sujet du transfert de la Diète de Pozsony a Pesihy au sujet de l'extension des pouvoirs du conseil gouvernemental hongrois et par-dessus tout au sujet des droits à accorder à tous les Hongrois^ habitants de la Hongrie devenus égaux devant la loi !

Il fallait étendre seulement un peu chacune de ces réformes pour obtenir la constitution de 1848 avec son ministère hongrois responsable et indépendant, avec son système parlementaire complet. C'était incontestablement la conviction de iS^echenyi et, vu les succès obtenus, il avait grandement le droit de croire qu'il parviendrait à réaliser son idéal constitutionnellement, sans secousses. Mais c'était fermer les yeux à l'évidence car, nouvelle Pénélope de malheur et de perfidie, la camarilla tissait incessamment ses néfastes filets pour étouffer traîtreusement la brillante et divine Liberté, au sortir même de sa chrysalide ; la « jeune Hongrie » , ayant pour chef politique Louis Kossuth, pour poète Alexandre Petô/i, pour adhérents toute la jeunesse, attendait frémissante et grondeuse l'heure de la délivrance. Or « par suite d'une poussée brutale — écrit «le plus grand des Magyars » — on fit succéder a l'aurore... la brume du soir. » (Lettre de Széchenyi du 1" janvier 1 860 à Alexandre de Bertha père).

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