‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 186 sur 232 · LIVRE TROISIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME

compliqués aussi bien pour les Magyars voulant sortir de la Hongrie que pour les étrangers désireux d'y entrer et d'y séjourner.

A côté de ces mesures de précaution, Metternicli ne négligea pas d'en prendre de plus énergiques. En 1831, il prescrivit pour la Transylvanienne levée de 2,000 hommes, malgré l'opposition de la chancellerie trhnsylvanienne et du « gubernium » . Ce procédé absolument anti-constitutionnel, souleva un toile général et les départements refusèrent non seulement Tobéissance, mais réclamèrent encore la convocation de la Diète dans le plus bref délai pour mettre fin à un a gubernium » et à une administration où il n'y avait presque plus un seul membre légalement élu. Sur la proposition du général Wlassics banus de Croatie^ envoyé en Transylvanie comxne commissaire royal extraordinaire, — on se décida alors à la convocation demandée. L'ouverture de la Diète eut lieu le 26 mai 1834 sous la présidence de l'archiduc Ferdinand d*Este sans apporter toutefois l'apaisement espéré, l'opposition ayant la majorité et le gouvernement voulant rester inflexible. Aussi se crut-on obligé de clore la législature et de suspendre la constitution dès le 6 février 1835. Et le mois suivant la » table royale transylvanienne » n'hésita plus à condamner le baron Nicolas Wesselényi — l'agitateur géant — à cause de « ses agissements troublant la tranquillité publique. » 11 le fut deux mois après en Hongrie également, à cause d'un discours prononcé dans le Conseil départemental de Szathmâr.

Ce « patriote errant » — les conservateurs le ba|)ti$èrent ironiquement ainsi — se conduisit d'abord en fervent admirateur du comte Szechenyi et n'omit aucune occasion pour le seconder avec dévouement dans ses premières entreprises. Malheureusement, leurs tempéraments n'étaient pas faits pour s'accorder, car si Szechenyi représentait l'activité dévorante, ses manières d'agir étaient néanmoins toujours celles d'un tt gentleman » accompli qui ne cherche que les moyens persuasifs pour arriver à ses fins, tandis que Wesselényi était incapable de maîtriser la fougue de sa puissante organisation, et il aurait voulu faire ployer ses adversaires comme il faisait

ployer les pièces de monnaie. Chez le preinier, le désir de réaliser ses plans dominait tous les autres sentiments et le rendait en quelque sorte a opportuniste » , pendant que le second voyant a rouge » aussitôt qu'il se trouvait en face de quelques nouvelles perfidies de Metiernichy était un véritable Achille magyar.

Ses efforts portaient sur deux points : affranchir les serfs A afin que ceux qui ne font qu'habiter, deviennent la nation ^ , et réunir \siTransylvame à la Hongrie^ c'est à dire rétablir la situation telle qu'elle avait été avant la bataille de Mohâcs. Ce n'était en somme que vouloir accélérer deux mouvements déjà commencés antérieurement, car les réformes concernant les rapports entre seigneurs et serfs ne pouvaient aboutir qu'à l'affranchissement. Quant à VU mon ^ elle devait en être le corrollaire, vu le trouble qu'elle apporterait dans l'équilibre des nationalités de la Transylvanie par l'admission aux droits politiques des Roumains^ les plus nombreux, mais les moins civilisés et conséquemment les plus accessibles aux avances réactionnaires de la cour de Vienne. Ce fut à la Diète de 1741 convoquée à Pozsony pour le couronnement de Marte^Thérèse que l'on mit Tunion la première fois sur le tapis. Mais le gouvernement la considéra comme une chose injuste (1), aussi n'en fit-on nulle mention dans les articles des lois. Joseph II y travailla involontairement en réunissant les chancelleries hongroises et transylvaniennes. Après sa mort, elle reparait sur l'ordre du jour de la Diète de Kolozsvàren 1791, justement au sujet du maintien de cette chancellerie réunie. On y charge une commission de préparer un projet de loi en sa faveur et on en discute les paragraphes dans plusieurs séances; finalement, on vote l'ensemble mais en vain, car à Vienne la séparation des chancelleries est devenue entre temps un fait accompli. En tous cas, cette union n'aurait eu aucun avantage pour personne tant elle était mesquinement conçue, dans l'esprit étroit des pires traditions de la féodalité.

Exaspéré par Tinsuccès de ses campagnes oratoires et épis-

(11 Arreth, Maria-Theresias crste Regierungsjahre. Wien. 1863, c. I, p. 315.

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