‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 194 sur 232 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

merce, à la défense du droit, au progrès de l'humanité, de la nation roumaine et de notre patrie. Que Dieu me protégée et accorde à mon âme le salut éternel ! Amen ! d Les résolutions furent adoptées à Tunanimité, et on prêta le serment demandé les mains levées vers le ciel.

Ce fut le deuxième jour que Lauriano présenta les seize articles devant servir à résumer le programme politique de la nation roumaine. Elle y exige, partant du principe de la fraternité et de la liberté, son indépendance en matière politique; qu'elle puisse figurer à la Diète comme nation reconnue et en proportion de son importance numérique; qu'elle puisse avoir ses représentants dans l'administration, la magistrature et l'armée et que la législature et l'administration emploient sa langue dans la même proportion. Elle exige en même temps qu'elle puisse tenir une assemblée nationale tous les ans. En fait de religion, l'assemblée exige que l'église roumaine soit indépendante et qu'elle soit mise sur le même rang que les autres églises. Elle demande le rétablissement du métropolite et la convocation annuelle d'un synode. Elle demande l'abolition du servage, de la dime et de la corvée. La nation roumaine désire la liberté industrielle et commerciale, la liberté de la presse, la liberté individuelle, l'introduction de la verbalité et de la publicité dans la justice, la nomination d'une commission composée des délégués de toutes les nations de la Transylvanie pour s'occuper des questions litigieuses relativement aux bienscommunaux, lepaiementpar TËtat de son clergé, la création d'écoles roumaines de tous rangs au frais de l'État, mais tout en conservant pour elle-même le droit de choisir les professeurs. La nation roumaine exige la convocation d'une Diète composée de représentants de toutes les nations de la Transylvanie pour élaborer une nouvelle constitution pour ce pays, et elle demande que les autres nations transylvaniennes ne s'occupent de l'union qu'après l'avoir consultée; car dans le cas contraire, elle serait obligée de s'opposer solennellement à sa proclamation.

Ces articles furent unanimement adoptés et on décida d'envoyer le tout d'une part à Ferdinand et de l'autre à la

Diète convoquée pour le 29 mai. Après Télection des deux députât ions chargées de transmettre les requêtes, la première ayant Siaguna pour président et la seconde Leményi, on forma un Comité permanent j composé de vingt-cinq membres et devant siéger à Szeben sous la présidence de Siaguna et avec Simon Baruntiu pour vice-président afin que par ses soins les réponses du souverain et de la Diète puissent être recueillies et une nouvelle assemblée convoquée.

Si Tostentation avec laquelle les Roumains ont souligné et spécifié leurs demandes au sujet des différentes libertés, indiquait clairement le désir de ne vouloir rien devoir aux Magyars et de pouvoir faire croire à la foule ignorante que Tamélioration projetée de son sort n'était pas le résultat de la sollicitude de la constitution hongroise, mais de la leur, la formation de ce comité dont la direction devait, par Tabsence de Siaguna fatalement échoir au magyarophobe Barnutiu était absolument une déclaration de guerre à Tadresse du gouvernement hongrois. Installé au milieu des Saxons à Szeben où Ton ne ressentait pas beaucoup d'affection pour Tunion, il se sentait en sécurité pour travailler à l'organisation du soulèvement des Roumains.

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