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CHAPITRE X

LA DERNIÈRE DIÈTE TRANSYLVANIENNE ET LA SECONDE ASSEMBLÉE DES ROUMAINS.

Dans la pensée des députés magyars et sicules, la Diète de Xo/o25t;<îr, convoquée pour le 29 mai 1848, n'était qu'une formalité : accepter et proclamer officiellement Tunion avec la Hongrie^ selon les dispositions de l'article Vif de la nouvelle constitution. Aussi, après le discours hongrois du général baron Puchner^ commandant en chef en Transylvanie et, dans l'espèce, commissaire royal chargé de l'ouverture de la Diète, on procéda immédiatement à la dissension de la troisième proposition royale, c'est-à-dire de celle concernant l'union. Le baron Denis Kemény y prit part le premier en donnant lecture du projet de loi que les Magyars avaient préparé à ce sujet. Gomme Rou^^ main, Alexandre Boheczely le député de la ville de Hâtszeg^ ne voulut le voter que sous la condition que l'on fit de la nation roumaine la quatrième nation reconnue du pays. De son côté, le député sicule d'Illye/alva, Daniel Gâl, ne promit son adhésion qu'au prix de la transformation en gardes nationaux des Sicules des Confins militaires. Alors un autre Roumain^ le député de Vajda-Hunyad, Constantin Papfalvi, réunit les deux amendements et déclara qu'il fallait avant tout reconnaître les Roumains comme quatrième nation et transformer aussi les deux régiments roumains des Confins en gardes nationaux. Le baron Wesselényi n'eut pas beaucoup de peine à démontrer que la nouvelle constitution hongroise établissant l'égalité devant la loi de tous les sujets hongrois, il serait superflu d'entrer dans ces détails car, par l'acceptation de l'union, cette constitution entrerait en vigueur en Transylvanie également, abolissant tous les vestiges de la législation médiévale. Après cette explication les deux députés de nationalité roumaine qui parlaient au nom de la nation roumaine et le député sicule se

considérèrent comme rassurés et ne virent plus d'obstacles à voter Tunion.

Parmi les quinze députés saxons, un seul consentit à se rallier à Topinion des Magyars et des Sicules. Ceux de Brassa et de Szâsz-Seben posèrent des conditions dont le rejet les eût forcés à protester contre Tunion. Sous l'impression d'un superbe discours de Charles Szâsz, dans lequel il leur reprocha de vouloir arracher à la Hongrie un territoire qu'elle leur avait donné et de vouloir employer contre elle les richesses qu'ils y avaient acquises, ils tinrent à l'issue de la séance uneréunion nocturne où ils décidèrent cependant l'acceptation du projet de loi avec une majorité de cinq voix. Mais ce revirement ne devait pas être attribué à l'effet de l'éloquence seule : ayant appris de Taide de camp du baron Puc/inery à son retour de Vienne, les sentiments bienveillants de Ferdinand à l'égard de la nouvelle constitution hongroise et ayant reçu des avis de V Allemagne dans lesquelles on leur recommandait de s'unir aux Magyars dansl'intérét du libéralisme, ils croyaient plus prudent de se montrer conciliants. De là leur attitude dans la séance du 30 mai. Après avoir prononcé quelques paroles patriotiques, Wesselcnyi y posa la question de savoir si Ton accepterait ou non l'union dans l'esprit de l'article VU de la constitution hongroise. Et comme l'enthousiasme avec lequel les Magyars et les Sicules répondirent affirmativement pouvait ressembler à un moyen d'intimidation, le baron Denis Kemény pria l'assistance de laisser la parole à ceux aussi qui pouvaient ne pas être du même avis. Au milieu d'un silence religieux, ému jusqu'aux larmes par cette magnanimité chevaleresque, Élie Roih, le député de Brassa, prit alors sur lui de déclarer au nom de ses collègues saxons l'adhésion de sa nation à l'union, espérant qu'elle ne serait pas en contradiction avec la Pragmatique Sanction et que l'on prendrait en considération les revendications légitimes de leurs commettants.

La députation roumaine, ayant pour président l'évêque uni Leményi et envoyée par l'assemblée de Balàzsfalua pour présenter à la Diète les fameux seize articles plus haut énumérés, assista à la séance dans les rangs du public. Après l'adoption

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