‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 196 sur 232 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

à Tunanimité de l'union, la jeunesse magyare prit Leményi et

le député saxon Schmidi sur ses épaules. L'évéque bénit alors

Tunion et saisit Toccasion pour affirmer que si Tunion avait

des opposants, ceux-ci ne représentaient que leurs personnes

et nullement la nation roumaine. Pendant qu'il parlait, on lui

présenta un drapeau tricolore hongrois quelconque qu'il saisit

et qu'il souleva. Or il y avait sur ce drapeau une inscription :

a Lf*union ou la mort, » c'est-à-dire la devise de la jeunesse

magyare, qu'elle avait adoptée pour exprimer son attachement

profond au projet de loi en discussion. L'historien roumain y

voit, avec une malveillance indéniable, sinon une menace, au

moins une tentative d'humiliation à l'adresse de sa nation.

Lu séance fut reprise dans l'après-midi même de cette

journée historique et on y élut une commission composée

de vingt-cinq membres dont quatre Saxons et trois Roumains :

Leményi\ Siaguna et Boheczel. Elle eut pour mission d'établir

le texte définitif de la loi. En voici la disposition principale :

u Considérant la chaleureuse sympathie avec laquelle la

Transylvanie a reçu l'article VII de la loi de 1848, créée parla

législature hongroise; considérant qu'elle a fait complètement

sienne l'union de la Hongrie avec la Transylvanie, tout en

maintenant avec la monarchie ses liens, qu'avait noués la

Pragmatique sanction, intacts et dans leur sens le plus large :

il en résulte que comme en Hongrie — la sœur-patrie — on a

déjà proclamé et mis en pratique l'égalité devant la loi de tous

les sujets, on en reconnaît le principe immuable et éternel ici,

et de la même façon aussi pour tous les habitants de la patrie

sans distinction de race, de langue ou de religion, eton déclare

toutes les lois existantes, qui sont avec elle en contradiction,

dès à présent abrogées. »

Suivent quatre paragraphes : le premier corrige une erreur arithmétique de la loi hongroise et élève le nombre des député.? transylvaniens pour le parlement de Pesth de 69 à 73; le deuxième se rapporte à la nomination de la commission chargée de régler les détails de l'union; le troisième concerne les mesures transitoires à prendre et le quatrième l'administration et la magistrature.

Pour faire sanctionner cette loi par Ferdinand, on Tenvoya à Inspruch où la cour s'était retirée après les nouveaux troubles qui avaient ensanglanté Vienne au milieu du mois de mai. A peine remise au souverain parles envoyés, la loi Fut sanctionnée le 1 1 juin par une clause signée de la main de Ferdinand qui la reconnut obligatoire aussi bien pour lui-même que pour ses successeurs. A Kolozsvàr^ elle fut promulguée dans la Diète le 19 juin, mais Fexemplaire original de la loi destiné à être conserve, ne porta jamais la signature royale, ni le contre-seing du chancelier parce qu'on ne Texpëdia à cet effet au ministère de rintërieur hongrois que le 27 juillet, et la formalité requise par la constitution ne put être remplie plus tard à cause des événements.

Ce fut le 20 juin que la diète transylvanienne s'occupa du « Mémoire » des Saxons et de la requête de l'assemblée roumaine de Balàzsfalva, On renvoya le premier à la commission de Funion chaleureusement recommandé, quant à la seconde on fit à son sujet la résolution suivante : u Les États comprennent qu'il est de leur devoir de donner les gages d'un amour fraternel à leurs concitoyens roumains avec qui ils ont partagé leur bon et mauvais sort pendant des siècles et dont les droits et les devoirs sont aujourd'hui égaux aux leurs: — mais ils trouvent que les lois hongroises de 1848, entrées en vigueur en Transylvanie aussi depuis la proclamation de l'union, font grandement disparaître les raisons de leurs peines et de leurs réclamations légitimes et remplissent pleinement leurs équitables demandes. En ce qui concerne le règlement juste et pratique des affaires encore en suspens, comme elles intéressent les Roumains vivant en dehors de la Transylvanie ainsi qu'en général les autres habitants de la patrie aussi et comme elles forment l'objet des discussions du parlement composé des repréi^entants de toute la population de la patrie, il serait déplacé de s'en occuper maintenant dans le courant de cette législature spéciale. »

La réponse verbale (du II juin) et la réponse écrite (du 18 juin) données par Ferdinand à la députation roumaine présentant la requête de l'assemblée de Balàzsfalva et conduite

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