‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 200 sur 232 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

Roumains dans Tavenir (1). Elle tint sa première séance le IG.jnillet. La pétition de Balàzsfalva y fut présentée le 7 août. Le 8 on y conclut à cet égard à une fin de non-recevoir, la nouvelle constitution hongroise fournissant une base suffisante au développement de chaque nationalité. «SiVi^tma déclara alors qu'il présenterait bientôt une motion particulière a ce sujet. Elle ne fut présentée que le 31 août, quoiqu'elle ne contint aucun nouvel argument en faveur du roumanisme ou contre Tunion qu'elle visait principalement. Du r^ septembre au 23, que la commission travailla à la confection de la loi sur « les droits civils de la nation roumaine garantis dans Tesprit de l'égalité », — loi qui devait figurer comme article XXI. Elle comprenait cinq chapitres, consacrés à la nationalité et à la langue roumaines (7 paragraphes), à l'administration et à la justice (5 paragraphes), à l'instruction publique {trois paragraphes) à la religion (un paragraphe subdivisé en sept alinéas) et aux élections des députés (un seul paragraphe). Pour caractériser l'équité du projet de loi, qu'il suffise de citer le texte de ce dernier — seizième — paragraphe. « On doit faire participer les Roumains à tous les droits et faveurs que possèdent les autres nationalités ou que la législature va encore leur concéder ». A la séance du 23 septembre de la commission de l'union, la majorité appartenait aux Roumains; ils étaient au nombre de huit : Alexandre Boheczel, Siaguna, Leményi^ membres de la commission, — Cipariu, Paul Dunca, Joseph Jghian, Jean Boàn, et Démétrius Moldovan, auteurs d'un projet de loi qu'ils avaient soumis au ministre président le 19 septembre, et convoqués par le sous-secrétaire d'État baron Denis Kemény « pour prendre part à la discussion sur les pétitions des Roumains avec voix consultative. » Les membres roumains dé la commission soutenaient les propositions de Balàzsfalla, mais la commission ne les adopta pas, estimant qu'elles étaient antérieures à la proclamation de l'union, qui les avait fait en partie disparaître. On ne discuta donc que le projet proposé au ministre président, que la

(i) Marki Sandor, Az erdelyi unio'bizottsâg , Budapest! Szeiiilc (201) p. 321 à 358.

commission — les membres roumains y compris — adopta le lendemain en seconde lecture, avec quelques modifications.

Mais il fut question de la situation des Roumains dans les séances publiques des deux Chambres également. Le baron Wesselënyi en parla à la Chanibre haute le 24 août en lui soumettant la proposition suivante :

a La Chambre haute déclare — et elle prie amicalement la Chambre basse aussi de le déclarer, — que le parlement hongrois entretient des sentiments fraternels à l'égard des nationalités qui habitent le pays et notamment à Tégard des Roumains, qu'il partage avec eux de bon cœur tous les droits, qu'il veut attacher leur sort et leurs intérêts aux siens par la liberté constitutionnelle et par Tégalité devant la loi et l'accomplissement des devoirs, et qu'il les considère comme étant sous la protection de la constitution. Et pour que cette déclaration puisse prendre corps, il invite le ministère à lui soumettre le projet de loi ainsi conçu : que les concitoyens de religion grecque unie ou non-unie puissent librement régler les affaires de leur église ; qu'ils puissent rédiger les écrits s'y rapportant en hongrois et en roumain ; qu'ils puissent employer la langue roumaine dans leurs écoles primaires, en y enseignant toutefois le hongrois aussi; qu'il rédigent les actes officiels dans les communes roumaines en hongrois et en roumain et que tous les documents privés roumains soient recevables par les administrations s'ils sont écrits avec des caractères romains » .

Par suite de la tournure de jour en jour plus inquiétante que prirent alors les événements, le parlement ne put s'occuper des nationalités qu'en juillet 1849.

Il faut ajouter cependant qu'indirectement elles étaient en cause quand on discuta le projet de loi sur l'instruction primaire présenté le 4 août par le baron Eôivos, ministre de l'Instruction publique. En voici les principales dispositions :

§ 1. C'est un devoir pour l'État que tout le monde reçoive de l'instruction.

§ 2. L'État fera tout son possible pour installer des écoles dans toutes les communes et tous les hameaux populeux.

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