‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 207 sur 232 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

première fois, entendre les canons sicules d'Aaron Gàbor^ pour la fonte desquels il avait employé successivement toutes les cloches de la contrée, c'est-à-dire en tout trois cent treize. Au bout de quinze jours il n'y avait plus un seul étranger sur le sol de ce siège sicule héroïque, et, pour le tenir en échec, Puchner se vit forcé de le faire investir par toutes ses troupes disponibles.

Le principal événement du mois de décembre 1848 fut l'abdication de Ferdinand et la renonciation au trône de son frère, V archiduc François-Charles, au profit de son fils François- Joseph, Ces deux actes furent passés à OlmùiZy le 2 décembre, et dans des conditions telles que le parlement hongrois dut les considérer comme non-avenus. La constitution hongroise n'admet en effet de changements semblables qu'avec l'assentiment du parlement et, dans le cas présent, on ne l'avait même pas consulté. Aussi protesta-t-il énergiquement contre la M révolution de palais qui eut lieu à Olmûiz » quoique en évitant toute allusion personnelle, dès le 7 décembre. Depuis ce jour-là les soldats ne prêtaient plus serment que sur la constitution. Et, si le jeune empereur nomme le prince Windisch-Graeiz le 15 décembre son « alter ego » pour la Hongrie avec les pouvoirs les plus étendus et à la tête d'une armée de 56,000 hommes, Kossiith confie le 16 décembre le commandement militaire suprême en Transylvanie au général polonais Joseph Bem, au héros à^Ostrolenka, en lui adjoignant comme gouverneur civil d'abord Edmond Beothy et, après la maladie de celui-ci, I^adislas Csànyi. En face de chefs semblables et de leurs troupes fraîches et enthousiasmées, les forces impériales de la Tansylvanie ne pouvaient s'y maintenir dans une posture brillante, même en s'appuyant sur la milice roumaine, car il leur était impossible de tirer des subsides de VAutiiche^ dont elles étaient séparées par la Hongrie tout entière. Elles abandonnèrent donc, après plusieurs défaites, Kolozsvàr, le 23 décembre, pour y laisser entrer Bem à son tour le jour de Noël. Pendant la retraite de ses troupes, le général autrichien Wardener mourut le lendemain à Tarda, et Urban fut refoulé jusqu'en Bonkovine, hors des frontières de la Transylvanie.

Or, le 9 décembre, le baron Puchner avait convoqué les

Roumains pour le 28 décembre en assemblée nationale ; seulement, comme il ne voulait pas donner à celle-ci trop d^importance, il partagea la convocation en deux, en réunissant les RoHtfuiins unis à Ralàzsfalva et les Roumains orthodoxes a Nagy-Szeben, Les premiers ne purent se rendre à cette invitation à cause des événements de la guefre, mais la réunion de> seconds se passa complètement selon le programme tracé et sous la présidence de Siaguna^ gagné d*avance à la cause autrichienne. On salua d'abord Tavènement au trône du nouvel empereur par un triple « honrrah. » Ensuite, on ordonna à Lauriano de rendre compte des faits et gestes du ^ Comité national roumain n . Finalement, on discuta pendant quatre heures la rédaction d'une résolution composée de treize paragraphes, dans lesquels il est question a la fois de choses politiques et économiques, des t< desiderata » les plus divers et même de Télection d'un chef national roumain, dont les pouvoirs seraient ultérieurement confirmés par S. M. Après avoir ainsi sacrifié sur Tautel du daco-roumanisme, l'assemblée s'occupa des rapports déplorables entre Roumains et Saxons ^ en imputant a ceux-ci toutes les causes de leurs mésintelligences. Relativement aux bruits que les Magyars faisaient courir au sujet des atrocités commises par les Roumains^ on les déclara tout simplement mensongers.

Cependant, le lendemain de ce jour au moins u trois fois heureux » . ne tint pas tout ce que pouvait en attendre l'assemblée. On apprit en effet dès le matin l'entrée en action de Bem ainsi que ses rapides progrès. 11 (allait donc organiser sans retard la résistance des prefekt. C'était déjà chose pénible^ mais combien ne devait-elle pas être dépassée en odieux par l'injonction du commandant en chef, adressée au « Gomité national roumain » le <H décembre! Il s'agissait à cette date, au sein d'une réunion composée des membres du « Comité national roumain >y , du u Comité de pacification n , de quelques Saxons et de quelques officiers impériaux (l), que les Roumains et les Saxons priassent le général LûderSy commandant en chef des armées d'occupation russes dans les

(1) Baritiu, Istoria TransUvaniei, vol. II, p. MO ei passim.

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