LIVRE TROISIÈME
rég^iment roumain des Confins militaires^ il ne savait pas assez énergiquemenl exprimer son indignation au sujet de la conduite à\Axenlee{. de ses lieutenants, les popes Czirlea eiBukur. Parmi les tentatives faites pour ramener les survivants magyars à T'orda, il faut signaler l'expédition du capitaine hongrois Pe- 7'€c^'i. Il arriva à Enyed le 16 janvier avec un détachement d^environ six cents hommes et ayant recueilli six ou sept cents sinistrés, il les ramena dès le lendemain à Torda. En route, Ajv^nte fit un essai pour lui barrer le chemin à Felvincz^ mais lef^ incendiaires ne purent pas résister à Tattaque des troupes hongroises et le convoi des réfugiés atteignit sain et sauf le camp des Magyars.
Pour dédommager sa milice avide de sang et de pillage de réchecsubi, Axente la dirigea, le 18 janvier, sur Nagy-Lak et Hâri où ils assassinèrent 108 personnes désarmées, â Boros- Benedek on conduisit les Magyars au supplice au moment même où le pope FrmA procédait à la bénédiction des eaux. Les Magyars se jetèrent à ses pieds pour implorer sa protection, mais il ne les écouta pas, ne voulant pas interrompre la cérémonie religieuse. Le nombre des victimes atteignait 143 d'après le rapport d'une commission mixte autrichienne et roumaine envoyée au mois de février pour faire enterrer les cadavres. En apprenant ces horribles méfaits, le baron PucAner se crut obligé de récuser toute solidarité avec le « Comité national roumain » et lui fit ordonner d'employer toutes ses forces. pour empêcher le retour d'atrocités semblables, «qui ne pourraient présenter toute la nationalité que sous un aspect des plus défavorables )) (1).
Bem arriva le 13 janvier à Maros-Vàsàrhely pour y remonter le moral des Sicules et pour y préparer son attaque contre Szeben. Ce fut à cette époque qu'il fit occuper Balàzsfalva par le colonel Czecz^ qui en chassa le fameux camp roumain par quelques coups de canon et eut beaucoup de mal pour empêcher les Magyars indignés de ne pas se permettre quelques actes de représailles dans la métropole du roumanisme
^1) SziLAGYi Farkas^ Âls6^fehérm€gyey i84S-V9 ben. Appendice^ p. 4^7.
(19 janvier). Le baron Pi/c/i/icr ne voulut pas assister les bras croisés à la réorganisation des forces magyares, et livra bataille à Bern près de Gâlfalva. L'avantage resia aux Magyars. Alors Bent s'avança dans les environs de Szeben jusqu'à Szelin" dek où il prit une forte position. Puchner Ty attaqua le 24 janvier, mais sans pouvoir l'en déloger. Cependant, après l'incendie de la commune, Bem se vit forcé de se retirer à Vtzakna. Pue/mer, se voyant perdu, s'adressa à son tour au général russe Luders pour lui demander des secours. Et comme dans la réponse de l'empereur Nicolas ./", arrivée entre temps, il était justement spécifié que les secours ne pouvaient être accordés (|ue sur la demande du commandant en chef autrichien, Luders envoya immédiatement le général Engelhardt avec 6,000 hommes à Szeben et le général Skariatin avec 4,000 à Vœrœs-iovony (1" et 2 février). C'était plus qu'il ne fallait à Puc/iner pour reprendre l'offensive avec succès. Il infligea dès le 4 février une défaite sérieuse ù Vizakna, à son célèbre adversaire. Ce fut alors vers Déva que Betn se relira, car les renforts promis par le gouvernement hongrois ne pouvaient arriver que de ce côté, le long du Maros. Son lieutenant, le baron Farkas Kemény, y eut à soutenir une attaque nocturne de la part de la milice roumaine conduite par le prefekt Solomon^ attaque que les Magyars repoussèrent victorieusement (6 février). Quant à Bem lui-même, il gagna la bataille de Piski (9 février), ayant pu êlre secouru à temps par le détachement du commandant Hrabovszky (4,500 hommes et 12 canons). Au lieu d'accepter la bataille offerte par Pe/cAncr à Szàsz-Sebes, Bem se dirigea alors vers les sièges des Stcules, car ils avaient été défaits par Urban dans plusieurs rencontres. Les Magyars entrèrent le 26 février à Besztercze^ et Urban se retira incontinent en Boukovine.
Avant de reparaître sous Szeben^ Bem eut une sanglante journée à supporter à Medgyes (3 mars), où le général autrichien Kalliany lui fit subir des pertes sérieuses (400 hommes mis hors de combat). Mais ses manœuvres savantes avaient si bien déjoué les calculs stratégiques de ses adversaires, qu'il se trouva inopinément Je II mars à la porte àe .Szeben. Là^