‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 212 sur 232 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

pouvoirs. En tout cas il fut le seul libéral parmi les Roumains anti-magyars; il accueillit donc avec empressement les avis qu'il reçut par Tentremise de Balcescoj du « Comité révolutionnaire » des Principautés danubiennes l'engageant à s'allier aux Magyars pour combattre dans l'intérêt des peuples opprimés. En dehors du journal roumain de César Boliiac, fondé à Szeben, le grand patriote roumain Roseiti ainsi que Borléa^ travaillaient aussi avec ardeur à cette réconciliation. D'autre part, pressé par les députés roumains fidèles à la constitution tels que Wlàdei DragoSy Kossuth se montra également enclin à faire faire des démarches en vue de l'apaisement. Ayant chargé Jean Dragos d'ouvrir des pourparlers avec les chefs des Roumains y celui-ci partit de Dehreczen dès le 17 avril; trois jours après il se trouvait à Bràd pour demander à Janco et à Buteano un rendez-vous. Quanta Axente il ne voulut se mêler de rien car, selon son opinion, les Magyars ne devaient traiter qu'avec le «Comité national roumain» ou avec le gouvernement impérial.

Ce fut à Mihàlyjalva que Dragos rencontra Janco et les prefekt Dobra, Buteano^ Vladutin et Boer (le 25 avril). La tâche de l'envoyé du gouvernement hongrois y était énormément facilitée par les glorieuses nouvelles qu'il pouvait communiquer à ses interlocuteurs; les victoires de /?a/i;an, de Bicske^ d'Isaszeg et de Vâczy gagnées sur l'armée impériale contrainte à se retirer de la capitale hongroise d'abord et ensuite probablement de toute la Hongrie, Éblouis par de semblables succès, les chefs roumains ne tirent aucune difficulté pour signer la paix, seulement ils demandèrent un armistice préalable leur permettant de prendre les mesures nécessaires pour éviter toute complication ultérieure. Dragos ne pouvant pas le leur accorder s'en retourna incontinent à Debreczen pour y obtenir des pouvoirs assez étendus pour mener les négociations à bonne fm. Kossuth résuma en 18 paragraphes les conditions de la Hongrie, Elles étaient tellement équitables que, Dragos les ayant présentées le 5 mai à Abrudbànya aux chefs roumains, ils les acceptèrent toutes sans difficulté, et, en signe de soumission, Janco fit arborer le drapeau hongrois (le 7 mai).

Ici s'impose le récit d'un événement dont il est presque impossible de démêler les causes. Au moment même où Dragos réussissait à obtenir des résultats aussi avantageux, se répandit à Abrudbànya le bruit de l'approche d'un détachement hongrois composé de 1,500 hommes et appuyé de quatre canons. Il arrivait du coté de Bràd et il avait pour chef Éméric Hatram\ le remplaçant du commandant Csttiak, Or ce Hatvani était tout simplement un « mamelouk » de Kossuih (à Debreczen on les appelait des «flamants n à cause de la plume rouge qu'ils portaient à leur chapeau) à qui malheureurement on avait donné pleins-pouvoirs pour le règlement des affaires roumaines, afin qull puisse être grassement rétribué. N'étant pas prévenu de l'arrivée de ce favori du « gouverneur ■ , titre conféré à Kossuth par le parlement après la proclamation de la déchéance de la maison des Habsbourg^ Dragos se porta à sa rencontre en compagnie du maire d'Abruàbânya^ espérant qu'ils l'arrêteraient en lui faisant connaître la situation changée et les résultats obtenus. Mais Hatvani ne voulut rien écouter et désireux de cueillir des lauriers bciles, il entra quand même à Abrudbànya. Il y fit immédiatement arrêter les prefekt Dobra^ Buieano et Virano^ en e.vigeant en outre mais vainement que les Roumains lui livrassent leurs armes.

Janco considéra ces faits et gestes comme une trahison. S'étant retiré immédiatement d' Abrudbànya^ il demanda des secours aux prefechi Axenie et Bàlint ainsi qu'au lieutenant Munzàthy qui ne les lui marchandèrent pas. Alors il prit l'offensive et ayant incendié le matin du 9 mai Verespatak, il attaqua le même soir Abrudbànya. Haïuani se retira à Bnid avec une partie de la population magyare le lendemain matin; ceux qui restèrent se réfugièrent en majorité dans les églises orthodoxes, où ils eurent la vie sauve. Leurs maisons furent cependant incendiées et pillées et les Magyars qui s'y étaient cachés périrent tous. Dragos^ déclaré parjure et traître, tomba sous les coups de pique de la milice roumaine. Voulant réparer le mal qu'il avait causé, ^a/i^ani reprit le chemin à' Abrudbànya le 15 mai et il s'en empara effectivement le lendemain. Mais ne pouvant pas songer à s'y maintenir au milieu d'une çou-

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