‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 215 sur 232 · LIVRE TROISIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME

du commandant Damaszkin à Szent-Gyôrgy , il se jeta incontinant sur le général Lûders établi avec 16,000 hommes et 24 canons à Segesvàr, L*attaque impétueuse des Magyars au nombre de trois mille y surprit d'autant plus les Russes, qu'au début de Faction un coup de canon, pointé par Bem lui même tua net un de leurs généraux. Mais s'étant aperçu de Tinsignifiance des forces magyares, Lûders les fit envelopper par ses cosaques par qui elles furent presque complètement détruites. C'est à cette bataille que Ton perd les traces du Tyrtée de la Hongrie^ du poète Alexandre Peiœfi, Attaché h la personne si extraordinaire de Bem, comme officier d'ordonnance, il le suivait partout, étant un de ses plus fanatiques admirateurs. Son corps a dû se trouver parmi ceux de ces 1,030 Magyars que Ton a enterrés près du champ de bataille le lendemain (l^aoùt).

Les tentatives que les émigrés moldo-valaques entreprirent en vue de la réconciliation des Magyars et des Roumains ne rencontrèrent pas chez ces derniers partout le même accueil. La haine A'Axente ne désarma pas. Pour faire lever le siège de Gyula-Fehérvâr, il exécuta une nouvelle attaque contre les assiégeants magyars de cette forteresse (le 25 juillet). Elle fut repoussée comme les trois antérieures en terminant, il faut l'espérer, à jamais, la série des collisions à main. armée entre les deux nations. De son côté Barniuiu se fit l'interprète des Russes en recommandant à ses frères de se grouper autour des drapeaux des deux empires (29 juillet). Aussi y eut-il des discussions très-violentes entre les chefs du mouvement roumain dans leur conciliabule de Zalathna, Fidèle à son libéralisme, Vanco s'y déclara contre les Russes et prêt à se battre pour les Magyars^ bien que ses hommes aient incendié le 31 juillet Toroczhô^ tandis que pour Axente l'ennemi héréditaire resta toujours le Magyarl

En réalité, ennemi déjà peu redoutable alors, hélas! Les batailles perdues de Szôreg, et de Temesvar et de Debreczen, les deux premières contre les Autrichiens et la dernière contre les Russes^ l'acculèrent dans les murs de la patriotique ville d'Arad où s'étaient entassées successivement, dans les premiers jours

d'août, les épaves du parlement, du gouvernement, de Fadministration et de l'armée de la Hongrie, Le » gouverneur, « accompagné des ministres Vuhovics^ Hoiuâih et Csànyi y arriva le premier et la Chambre des députés y tint des séances depuis le i jusqu'au \ 1 août. Arthur Gorgei y entra le 9 à la tête du premier corps d'armée, que deux autres suivirent le lendeninin. Menacé par les Russes du général Rûdiger du côté du Nord cl par les Autrichiens du baron Haynau du côté du Sud, le gouvernement jugea la situation perdue. Kossuth résigna donc tous les pouvoirs civils et militaires dans les mains de Gorgei {[ I août). Celui-ci, pour arrêter toute effusion inutile de snng, ne s'en servit que pour entrer en pourparlers avec le quartier général russe au sujet de la capitulation de l'armée hongroise. Elle eut lieu le 13 août à VilàgoSy \\\vw[i\, rwx Russes ()4 drapeaux, 32,31 i soldats, parmi lesquels 11 généraux, et I ii canons. Kossuth s'était déjà enfui Favant-veille vers Orsova d'où après y avoir enterré la couronne hongroise dans un endroit écarté, il entra en Turquie pour commencer son exil involontaire et volontaire de 45 ans.

La capitulation de Vilàgos entraîna avec elle naturellement la cessation graduelle de toutes les résistances ultérieures des forces hongroises. En Ti-ansylvanie c'est Alexandre (râl qui se rend avec ses 4,000 hommes (25 août) au général russe (wrotrnhjelm. En Hongrie^ la reddition des places fortes de Munkâcs et de Pétervàrad se suit dans le court espace de quelques jours, du 26 août au 7 septembre. Et malgré les brillantes sorties du général KIopka, Timprenable forteresse de Komarom ne peut à la fin dans son isolement que capituler. Ayant obtenu pour la garnison les conditions les plus honorables, son héroïque défenseur l'évacué le 5 octobre! Conclusion consolante d'une lutte (brmidable d'où la Hongrie sortit glorieuse et admirée, quoique couverte de plaies béantes, et elle put croire à un meilleur avenir, au triomphe final de sa juste et noble cause !

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