‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 219 sur 232 · LIVRE TROISIEME . 44T · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME . 44T

Roumains » , se plaignant de certaines dispositions de la constitution impériale du 4 mars, telles que les concessions faites aux Saxons et aux Serbes^ qu'il considérait comme attentatoires aux droits des Roumains, son activité dévorante, ses audiences chez l'empereur et chez les ministres, n'aboutirent qu'à une réponse évasive du ministre Bach lui conseillant de s'en remettre aux bonnes dispositions du gouvernement à regard des Roumains (18 juillet 1849). Rien d'ailleurs ne caractérise mieux l'indifférence témoignée par l'aristocratie autrichienne à l'endroit de ces derniers que la proclamation du général comte Clam-Gallas publiée après la réoccupation de Brassa par les Autrichiens et adressée au\ Saxons comme au seul peuple de la Transylvanie resté fidèle à l'empereur. H est vrai qu'à la suite de cette omission, Schivarzenberg ne lui confia pas le gouvernement militaire du pays ; mais le général de Wohlgemuth^ qui l'obtint, ne se montra pas beaucoup plus aimable envers les Roumains quand il leur recommanda, dès le 1 1 août, de remettre leurs armes à l'autorité, recommandation qui prit un caractère tout à fait comminatoire le 2 septembre suivant, sous la forme d'une véritable ordonnance. Comme on rencontra chez Axenie quelques velléités de résistance, car il parlait de l'organisation d'un grand camp roumain, de Wohlgemuth le fit arrêter, et le 24 novembre on le condamna à deux mois de prison. D'autre part on suspendit la publication du journal roumain « Gazetta Transylvaniei " , on mit les chefs du mouvement roumain sous la surveillance de la police et Siaguna reçut, le 29 octobre du commandant militaire une lettre, dans laquelle celui-ci lui reproche très vivement l'attitude équivoque de son clergé, trop préoccupé de la marche des affaires politiques. C'était une indication suffisante pour Tévéque ambitieux, prêt à tout sacrifier à ses propres intérêts. Aussi abandonna-t-il promptement le terrain compromettant des revendications où ce fut Basile Erddlyi, l'évêque grec uni de Nagy-Varad, qui le remplaça en signant une nouvelle pétition des Roumains (janvier 1850), réclamant la création d'un territoire roumain avec un chef national. A peine arrivé au ministère à Vienne, elle fut suivie d'une autre, le 6 mars suivant.

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et une députation composée des plus importants représentants du rounumisme la transmit h Tempereur lui même. Ce factuoi était à vrai dire plutôt un amas de récriminations et de dénonciations contre la tyrannie des employés de Tadministration impériale, parmi lesquels il y avait des Magyars, el contre Tarrogance des Saxons. Il est à remarquer ici avec le docteur Jancso que ces pétitions roumaines se rapportent aux demandes les plus diverses et renferment en même temps des plaintes à propos de toutes choses. Elles semblent sortirde lu plume d'un homme possédé de la manie des persécution> et décèlent, en tout cas, avec lu naïveté de Tesprit roumain, ses hésitations au sujet de la justesse de ses réclamations.

Ce fut pendant cette audience impériale que Ton présenta Jancso au jeune souverain et ensuite à Schwarzenberg. Mais le tt roi des glaciers « ne voulut pas se contenter d'une présentation sommaire pareille et en demanda une autre toute privée. Au lieu de l'obtenir, la police lui signiBa de quitter Vienne dans les vingt-quatre heures. Une manière d*agir aussi hostile n'était pas faite pour contenter ses aspirations nationales et ne contribua pas peu à troubler sa raison. Il se vit joué a par les Allemands» , auxquels il ne voulut du reste jamais croire, et il comprit que toute la triste besogne plus ou moins avouable des Roumains n'aurait même pas Texcuse de la réussite. Son état maladif ne fit que s'accroître avec le temps et lui suggéra l'idée baroque d'inviter chez lui l'empereur, lors de son voyage à travers la Hongrie et la Transylvanie en 1852. Naturellement il ne parvint même pas à l'aborder et se rendit complètement ridicule aux yeux de tous ceux qu'il avait assemblés dans sa maison de Felsoe-Vidra ^ pour rehausser l'éclat de la réception, notamment les popes dans leurs ornements. D'ailleurs, il était très-malheureux à cause des remontrances continuelles de son père, qui ne comprenait pas il fît la sourde oreille quand des places lucratives lui étaient offertes par le gouvernement. Mû par les sentiments patriotiques, libéraux et humanitaires les plus nobles, il était très vivement impressionné par le désaccord dans lequel ses rêves se trouvaient avec SCS actes. Mais le calice des amertumes contenait d'autres

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