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Sczùovszky^csLT il avait toujours défendu pendant l'absolutisme rimprescriptibilité des droits de la Hongrie et il considérait conséquemment qu'on commettait une illégalité rien qu'en posant une question dont la solution se trouve dans la constitution de 1848 au su de tout le monde. Comprenant la valeur d'un caractère antique semblable, François Joseph exprima le désir de le connaître. Deâk se rendit sans retard à son invitation. Ce fut leur première rencontre , pendant laquelle ils échangèrent leurs idées sur la situation sans pouvoir se convaincre, mais d*où ils ne remportèrent que les meilleures impressions.
Les controverses que souleva la question, quelle sera la ville où se tiendra la conférence transylvanienne? indiquèrent clairement l'hostilité qui allait y régner entre les 23 membres magyars, les huit Saxotis et les huit Roumains. Ces deux nationalités tenaient pour Nagy^Szeben^ pour la capitale créée par l'absolutisme, mais elles avaient organisé préalablement des conventicules anti-magyars et anti-unionistes — celui des Roumains n'eut lieu qu'avec l'autorisation verbale du ministre autrichien Schmerling et se termina par les pétitions habituelles, adressées â l'empereur A\Autriche\ Quant aux Magyars et aux Siculesy ils ne voulaient entendre parler ni de conférences, ni de Diète puisque la Transylvanie n'existait plus constitutionnellement depuis la proclamation de l'union. Cependant, par déférence pour le souverain, ils étaient prêts à se réunir à Kohzsvâr, où résidaient jadis leurs princes indépendants et se rassemblaient leurs Diètes. Alors Kemeny pour ne froisser personne, proposa Gyulafehérvàr et la conférence y eut lieu réellement le 1 1 et 12 février 1861 .
Cet fut l'évéque catholique de Transylvanie, Louis Haynald, qui y prit la parole le premier en déclarant que les lois sanctionnées de 1848 n'étant pas constitutionellement abrogées, on ne devrait demander au souverain que leur simple application. Siuluiiu, l'évéque grec uni, se leva ensuite pour exposer, dans un discours prononcé en roumain, le projet de loi électorale comprenant six paragraphes, qu'avait préparé la réunion des Roumains et qui était très avantageux pour les électeurs de cette nationalité. Celui des Saxons, présenté finalement en alle-
mand par Conrad Schmidt, contenait des combinaisons visant la suprématie électorale de l'élément citadin auquel ses commettants fournissaient le contingent le plus considérable. Au point de vue de Tunion, ils se montraient réservés tous deux en mettant pour prix de leur adhésion certaines conditions inaccepables pour les Magyars, Mais la victoire resta quand même à ceux-ci, car la proposition de Haynald^ formulée par le comte Dominique Telehiy obtint 27 voix sur 38 votants. Ce résultat ne fut pas salué avec enthousiasme par les Magyars et les Sicules seuls ; les habitants roumains et saxons de la ville de Segesvàr surent très heureusement exprimer leur joie sur cet événement présageant le rétablissement de Tunion.
Or, pour Sclimerling et ses adeptes, rattachement à la constitution de 1848 ne signifiait qu'une chose : la réapparition dans Tesprit magyar des idées révolutionnaires. Ils redoublèrent donc leurs instances pour obtenir de l'empereur la consécration définitivede leur système. Elle leur fut accordée dans les lettres patentes du 26 février 1861, contresignées par les ministres autrichiens seuls, — car les conservateurs hongrois les considéraient eux-mêmes comme trop centralistes. Elles contenaient une véritable constitution parlementaire : le « Reichsrath » se composait d'une Chambre des seigneurs et d'une Chambre des députés, élus au nombre de 343, directement parles Diètes provinciales. Les pays de la couronne de Saint Etienne, devenus provinces autrichiennes, reçurent 120 sièges : la Hongrie 85, la Transylvanie 26, la Croatie 9, et du sein de leurs Diètes on transporta le centre de gravité de l'activité législative au « Reichsrath n auquel il incomba de voter les impôts et le contingent militaire, la législation concernant la monnaie, le crédit, la douane et le commerce, comme aussi la surveillance et la direction qu'exige la circulation du papier-monnaie (1).
C'est le 2 avril qu'eut lieu l'ouverture de la session du parlement hongrois, et le discours d'inauguration y fut prononcé par le comte Georges Apponyi, Le sentiment de la légalité inébranlable et développé jusqu'à l'intransigeance, ainsi que l'atta-
(1) A. DK Bertoa, La constitution hongroise, d'après le D'. S. Rado, Harit 1898, p. 82 et passim.
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chemeni à la constitution nationale qui se révolta inpétueux contre la constitution octroyée du mois de février, s'y révélèrent dès le début. Sous le coup de leur influence^ on y était d'avis de ne pouvoir répondre au discours du trône par une « Adresse » , puisque le roi ayant laissé écouler le délai de six mois pour se faire couronner selon les dispositions de la constitution, n'était qu'un roi de fait et non pas de droit, à qui le parlement n'avait aucune obligation d'envoyer une Adresse. Et cela d'autant moins, que la renonciation au trône de Ferdinand V et de son véritable héritier présomptif, V archiduc François-Charles y n'ayant pas eu lieu avec le consentement du parlement et selon les for* malités requises par la loi, ne pouvait être acceptée par la Hongrie. Donc on ne devait faire connaître les vœux de la nation qu'au moyen d'une « Résolution » . Cette manière de voir avait une majorité de quatorze voix dans la Chambre des députés, mais par suite du suicide tragique de son chef, le comte Ladislas Teleki et grâce au patriotisme éclairé du centre gauche, on réussit à en obtenir une des trois voix nécessaires à la proposition de François Deâh, tendant à envoyer une « Adresse » . Le diplôme d'octobre et les lettres patentes de février y furent rejetés. En se basant sur le principe de la continuité du droit, Deâh remonta jusqu'aux lois de 1848. a Abandonner ce point de vue serait un crime — s'écria le chef dorénavant incontesté du parlement hongrois — car il est toujours possible de recouvrer les droits dont le pays devait être spolié par l'absolutisme, tandis que les sacrifier volontairement, c'est y renoncer pour toute l'éternité » .
Ce langage respectueusement ferme n'était pas fait pour déplaire à l'empereur, qui en comprit la justesse, mais il ne souriait pas à Schmerliny^ qui ne voulut voir dans la constitution hongroise que les côtés semblant viser le démembrement <le la monarchie et l'effondrement de sa situation de grande puissance. Au surplus, déclarait le rescrit adressé au parlement, le souverain ne se sentait pas engagé personnellement par les lois de 1848.
La réplique de Dcàky votée à Tunamimié, fut écrasante avec sa logique, sa dialectique et son argumentation irréfutables.
Il contesta que la constitution de 1848 signifiât le relâchement de l'union entre les deux parties de la monarchie. « Plus elle accordait d'indépendance à la Hongrie, plus elle devenait puissante n , affirma « le sage de la patrie » . On serait prêt, bien au delà de la part due, à contribuer aux charges de la dette publique et à traiter avec les pays héréditaires pour régler les affaires communes, mais, bien entendu, seulement comme État indépendant et sur le pied de la parité. Pour toute réponse, Schmerling ordonna la dissolution du parlement. Et on vît alors la Hongrie y placée devant Talternative d'envoyer des représentants au « Reicbsrath » ou d'endurer encore l'absolutisme, préférer ce dernier au cadeau redoutable d'une con« stitution octroyée !
Les deux Adresses de Deàh et les principaux orateurs des deux Chambre hongroises ne manquèrent pas de protester contre l'absence des députés transylvaniens et croates. C'était exalter les sentiments unionistes de l'élément magyar et sicule de la Transylvanie ; aussi ne vota-t-il dans les élections, pour l'administration et conseils départementaux que pour les partisans de l'union. Par contre, les nationalités saisirent d'autant plus toutes les occasions de faire des démonstrations en faveur de l'autonomie de la Transylvanie qu'elles se considéraient comme encouragée par le rescrit impérial adressé au parlement hongrois, et affirmant hautement que les intérêts des nationalités étaient lésés dans plusieurs paragaphes des lois de 1848. Agaceries du gouvernement centraliste, destinées à tenir en haleine les populations non-magyares afin de pouvoir exercer une pression sur les Magyars avec leur aide; agaceries qui relativement aux Roumains devaient mal tourner en développant dans leur sein l'irrédentisme, comme les articles parus dans le journal bruxellois « Le Nord » et envoyés de Nagv'SzebenyXe Aémonivèveïit (septembre 1861). Il faut avouer cependant que les souvenirs des atrocités commises en 1849 ne permirent ni au gouvernement autrichien, ni aux coryphées du roumanisme de recommencer les agitations précédentes. De là l'insuccès de l'assemblée convoquée par Àxente à Balàzs* falva ( 1 5 mai) .