‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 27 sur 232 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

politiques, sociales et religieuses sont saturées, rappellent le slavisme balkanique, notamment le génie albanais et le génie bulgare. L'un présidait à sa naissance, Tautre à ses années d'apprentissage ; c'est sous leur tutelle que les Roumains ont quitté Texistence nomade et sont devenus aptes à fonder un État. S'il n'a pu être érigé sur la rive droite du Danube, c'est qu'il n'y a eu là aucun voisin assez puissant et assez bien établi pour le protéger ou le guider à l'époque de sa formation et pendant son développement. Pour en trouver un, il fallait franchir le Danube et y ayant encore éprouvé des déboires avec les Cumans, se mettre enfin sous l'égide de la Hongrie déjà considérée comme un des plus fermes soutiens de la Chrétienté et appelée à compléter l'éducation des Roumains, en éveillant chez eux la conscience nationale, en répandant parmi eux les bienfaits de la civilisation.

En examinant de près ces événements, on arrive à la conclusion aussi que s'il y a des Cumans et des Russes, des Serbes et des Croates dans les rangs des protecteurs ou des alliés des Roumains j aucun État roumain organisé n'y figure. Jusqu'à la première moitié du xiv* siècle, les Roumains ne constituent qu'un élément ethnique — incontestablement très vivace dans cette étrange cohue de races qui tourbillonne sur les territoires compris entre le Danube et les Balkans. Avoir pu en retirer leur individualité nationale intacte, est un mérite considérable aux yeux de tout historien et doit largement compenser la perte de la vaine gloriole dacique dans l'esprit de chaque Roumain sérieux.

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