LES ROUMAINS SE RÉPANDENT SUR LA RIVE GAUCHE DU DANUBE
Il faut incontestablement un réel effort d'imagination à la fin du XIX* siècle, où en Europe il n'y a presque plus de territoire qui ne soit cadastré et cultivé, ni d'habitant qui n'ait son état civil, pour se reporter à la triste époque de la décadence de l'empire romain, pendant laquelle AuréUen abandonna la Dacie et les contrées avoisinantes sur la rive gauche du Danube aux Barbares, et à laquelle s'ajoute, en guise de suite, à l'avenant, la plus sombre moitié du moyen âge, employée par le gros du peuple roumain à peine sorti de sa chrysalide pour entreprendre sa transmigration de la péninsule balkanique dans sa demeure actuelle : la Roumanie^ la Bessarabicy la Transylvanie et les départements limitrophes de la Hongrie, Effort sérieux et indispensable cependant, car comment comprendre autrement l'infiltration secrète mais constante, l'expansion rapide mais insensible, d'une race aussi humble au point de vue de ses origines qu'à celui de ses occupations ?
Il faut se rappeler que c'étaient des forêts vierges, des marais immenses qui couvraient alors la plus grande partie des pays en question; quant à celles qui étaient habitables, elles furent occupées successivement par divers peuples barbares et semi-barbares, qui y apparurent ou en disparurent comme des nuages chargés d'orages dont le passage ne laisse aucune trace sur le firmament, mais qui, par terre, engendrent la ruine, la dévastation ou la mort. Et, d'autre part, on doit tenir compte de l'humeur vagabonde du peuple roumain aussi, qui l'ayant fait rayonner sur toute la péninsule balkanique, ne tarda pas à le pousser au delà du Z>a;?t/&e, jusqu'à une distance de 250 à 300 kilomètres au nord du fleuve et aux instigations