‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 30 sur 232 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

balles ne peut signiBer que des Bulgares, c'est-à-dire des Rou-mainsy puis que les Roumains de Brasso s'appellent des Bti/gaines et leur quartier : le « Bolgarszék » — le siège des Bulgares. CAiezAuilioSy cité par Tomascliek (1), il est fait mention d'une alliance contractée en 1074 contre les Grecs entre les Scythes et les Mixobarbares ^ habitants du Nord du Danube, 11 y a aussi des Saur ornâtes eïAe^ Daces qui guerroient en 1059 et en 1087 contre le même empire. Or le mot mixobarbare désigne à la fois les Bulgares et les Vlachs^ tandis que sauro^ mate et dace signifient : sarmate et valch.

La chronique de Hypatios datant de 1150 parle d'une contrée Bolochovo, située près du Hatu-Bug dont les habitants s'appellent des Bolochovtzes. Ce sont assurément des Roumains^ car la ville de Bolochov en Galicie ne figure dans les documents latins que sous le nom de « Villa Ylachorum » (2).

Il y a cependant des auteurs byzantins chez qui on rencontre la dénomination de Vlach en toutes lettres aussi. C'est ainsi que KinnamoSj l'historiographe de l'empereur Manuel dans sa guerre contre le roi de Hongrie Etienne 111, raconte que Léon^ surnommé le Vatatzès^ reçut l'ordre de n'attaquer les Magyars que du côté où ils n'avaient jamais été attaqués jusque-là, c'est-à-dire du côté de la mer Noire. Et on lui confie une armée dans les rangs de laquelle il y avait un grand nombre de Vlachs,

K Â la fin de l'année 1 164, il se passe un événement, écrit Tomaschek^ dans lequel il échoit un rôle important aux Roumains. Et ces Roumains ne pouvaient habiter que la Moldavie et la Bessarabie. Cette preuve n'a été enregistrée jusqu'ici par personne; elle a échappé à Roesler lui-même. Voilà ce que Nikétas Choniatès (3) nous raconte à un endroit. » Le sébastokrator Andronikos Komnénos fut nommé chef de Téparchie de Nisch et de Branitsévo par l'empereur Manuel. Mais, à peine installé, on le soupçonne d'aspirer au trône et de

(i) Zur Kunde der Hàmus-Halbinset. 1, 49. Atiatiota, Uistoria Corpus scrip, kis. b>yz. Bonne, 1853, p. 504.

(2) Miklosich-Ralczeiiackt, Die Wanderungen der Rumànen,

(3) DeManuete imperatore, IV, î, p. 169-172.

rechercher Famitié du roi de Hongrie pour en faire son allié. Étant mis en accusation à ce sujet, il essaye de se débarrasser du jeune empereur. Or ses desseins furent découverts et on le fit étroitement surveiller au palais impérial à Constant! nople. H tente deux évasions, et la seconde lui réussit efFectivement. Il comptait s'enfuir à Halits dans la petite Russie; c'était Jaroslaw Wladimirovich qui y régnait, par qui il avait été jadis très hospitalièrement reçu et qui lui avait fait cadeau de plusieurs propriétés. Arrivé à Ankbilas — les manuscrits plus récents mettent Ankhelo, correspondant à TAhlejolov de nos jours, — il tourna vers le Nord et il réussit à s'approcher inaperçu des frontières de Halits. Mais là, les Vlachs qui étaient alors en bonne intelligence avec Byzance et qui avaient appris son évasion, l'arrêtèrent et le ramenèrent à l'empereur grec. Pendant le trajet, ayant trompé ses surveillants, il parvint cependant à s'évader et il arriva finalement sain et sauf à Halits. »

Ce récit, tout en fournissant un témoignage irrécusable en faveur de la présence de l'élément roumain sur la rive gauche du Danube, prise au sens le plus large du mot, n'en contient pas moins des indications précieuses au sujet de la situation où il s'y trouvait. Malgré les liens religieux et les affinités en résultant qui l'attachent à Byzance, les Grecs ne les considèrent que comme un facteur ethnique. S'il avait eu la moindre importance politique et sociale, ils en eussent parlé avec plus de complaisance qu'ils ont parlé des Patzinahites et des Cumans, leurs ennemis, qui les ont préoccupés pendant plusieurs siècles et qu'ils font figurer en individualités nationales sur l'échiquier de la diplomatie et sur les champs de bataille.

A vrai dire, la courte histoire des premiers n'est, en quelque sorte, que l'appendice de celles des Magyars, avec laquelle elle se confond graduellement. « On doit savoir, — écrit l'empereur Constantin Porphyrogénète (1), — que les Patzinakites habitèrent dès l'origine dans les parages des fleuves de l'Atel

(1) De admimstrando imperio^ ch. 37 et 38.

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