‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 41 sur 232 · LIVRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME

Âûdré III déclare péremptoirement qu'il a Tintention de tenir une diète à Gyulafehérviir avec les nobles saxons, sicules et roumains? C'était sur le principe des nationalités que reposait alors Torganisations politique de la Transylvanie. Aucun Sicule ne se trouvait sous la juridiction du vayvode et aucun Roumain sous celle de Tlspan des Sicules. »

« il appert des documents qu'en Transylvanie il y avait déjà eu 1291 trois nationalités séparément constituées et ayant les mêmes droits : la sicule, la saxonne et la roumaine. S'il y avait à ce moment des nobles magyars y résidant, ils n'appartenaient pas aux États du pays. La « Bulle d'Or » nous explique clairement que les ^ fôispàn » (préfets) ne peuvent avoir aucunejuridiction ni sur les nobles ni sur leurs propriétés. Aussi ceux des nobles magyars qui avaient des propriétés en Transylvanie ne dépendaient-ils de la juridiction ni du vayvode ni de l'ispàn des Sicules et ils ne furent pas jugés d'après les lois transylvaniennes mais d'après celles de la Hongrie. En un mot, ils étaient considérés dans les » parties transylvaniennes » comme des étrangers.

a C'est cette situation de la noblesse magyare qui engendra en Transylvanie tous les malheurs pendant ces six dernier$ siècles. L'État ne peut être constitué par les rois de Hongrie dans leur lutte contre la noblesse magyare qu'à l'aide des autres nationalités. Les Roumains étant décimés par les guerres contre les Cumans au xn* siècle, les rois de Hongrie se crurent obligés d'établir des colons de toutes nations dans les contrées dévastées, car la noblesse magyare ne se battait que pour abaisser le pouvoir royal et pour s'emparer des biens d'autrui. Tandis que les peuples de l'Europe occidentale s'épuisent dans les croisades, les Magyars qui n'y prennent pas part, ne pensent qu'à la conquête de la Croatie, de TEsclavonie et de la Dalmatie. Et quand, au commencement du xm* siècle, André II s'en va enfin en Terre Sainte, son insuccès est immédiatement exploité par la noblesse magyare pour lui extorquer la « Bulle d'Or » .

a Ce fut à ce moment que Bêla IV s'adressa au pape pour obtenir ses bons offices auprès de cette même noblesse magyare

afin qu'elle cesse de lui imposer la vente ininterrompue des propriétés relevant des places fortes de la couronne. Le pape ne refuse nullement ce rôle de médiateur. Malheureusement le résultat est que Bêla IV se croit obligé de promettre au pape par serment, avant son couronnement, l'extermination des hérétiques. Et, en 1299, Boniface YIII ne craint plus déjà d'exiger du roi de Hongrie ouvertement qu'il introduise dans ses États l'Inquisition et qu'il y poursuive les schismatiques avec la plus grande rigueur en les frappant des punitions les plus dures dans tous les pays de la couronne de saint Etienne. Or qui étaient ces schismatiques? Les Roumains de confession grecque orientale !

u C'est ainsi que commence à l'égard de ces derniers cette persécution religieuse sans merci, dont la noblesse magyare se sert dans les parties transylvaniennes pour s'emparer des biens des nobles roumains schismatiques. Après les incursions des jClumans et des Mongols, les nobles magyars apparaissent en Transylvanie comme ces hyènes des champs de bataille qui dépouillent les morts et les blessés, car ils enlèvent les biens et les droits de ceux dont les parents se firent tuer pour la patrie.

« Au commencement du xw*" siècle, au moment où Charles- Robert monte sur le trône de la Hongrie, il y a déjà deux espèces de nobles en Transylvanie : les nobles sicules, saxons et roumains transylvaniens et les nobles magyars de la Hongrie. Ces derniers n'occupent aucune place dans l'administration politique de la Transylvanie ; ils ne dépendent ni du vayvode ni des ispans des Sicules et des Saxons. Chez eux, en Hongrie, ils possédaient dans leurs domaines le droit de juridiction, tandis qu'en Transylvanie ils n'avaient que des propriétés dans lesquelles le vayvode ou le roi lui-même exerçaient directement la juridiction.

a En 1282, Ladislas le Guman concède à l'évéque de Transylvanie l'exercice du droit de juridiction dans ses propriétés. Alors les nobles magyars font aussi tous leurs efforts pour l'obtenir à leur tour. En 1342, le vayvode transylvanien nommé Thomas réunit à Torda une assemblée composée de nobles

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