‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 47 sur 232 · LIVRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME

envers le roi, celui-ci, sur rinstigation dé Thomas^ vayvode de la Transylvanie et d'un certain Dionis, fils de Nicolas qui lui aTaient demandé de chasser le vayvode Bassarab et de donner ses possessions à Tun d'eux, s'en alla sur le territoire du dit vayvode vlach, à la tête d'une armée, à travers le âSzôrénység. Il s'y empara de la ville de Szôrény qu'il donna avec tout le banat de Szôrény à ce Dionis susmentionné.

Le vayvode Bassarab ou Bazaràd^ comme le nomme la Chronique en question, fit dire alors au roi qu'il était prêt à rembourser ses dépenses de guerre jusqu'à concurrence de 7,000 marcs et laisser dans sa possession la ville de Szôrény et qu'il voulait s'acquitter ponctuellement chaque année de tous les impôts dus à sa couronne et même lui donner un de ses fils en otage, s'il se montrait bienveillant à son égard. Mais le roi Charles-Robert^ au lieu d'accepter les propositions, comme plusieurs le lui conseillèrent, fit aux envoyés du vayvode la réponse suivante : a Dites à Bazaràd qu'il est le pâtre de mes moutons et que je le ferai sortir de sa cachette, tratné par la barbe », — et il s'enfonça de plus en plus dans les forêts et les glaciers. Ce fut là qu'il traita de la paix avec le vayvode qui lui promit non seulement l'obéissance, mais aussi la sécurité pour son retour. Mais quand le roi arriva à un endroit entouré de montagnes, où des haies interceptaient la route, il vit assaillir son armée par les Roumains qui en détruisirent la plus grande partie. Il ne se sauva lui-même qu'avec la plus grande difficulté. Telle est la première apparition de la vayvodie de Valachie sur la scène de l'histoire.

C'est une obscurité épaisse et impénétrable qui entoure l'origine de la personnalité et de la puissance de Bassarab. Dans un document du roi Charles-Robert^ daté de 1332, il est désigné comme fils de Tokoméry, que quelques-uns confondent avec le fameux Radu Negru.

tt Le premier souverain de la Roumanie ayant régné sur le territoire qui s'étend entre le Danube, la Puthna et les Carpathes, — dit M. Popesco (1), — fut Tugomér Bassarah^ connu

(1) N. D. PoKSco, Istoria unei dinastli [Basarabi) Calendaru pentru toti, 1892, p. 18 et 19.

SOUS le nom Radu Negru. Il Tint d'au delà des montagnes de Fogaras et il s'établit avec sa cour et son armëe d'abord à Gàmpolung et ensuite à Gurtea de Arges. Ce ne fut pas un pays désert que ce souverain trouva ici; il contenait plusieurs petites provinces, à la tète desquelles il y avait, au delà de rOlt, des « ban n et en deçà des « vayvodes n . Les principales d'entre elles furent les banats de Severin, de Strebaïa et de Krajova et les vayvodies de Lotor et de Lino. Indépendantes les unes des autres, elles ne se réunissaient pour former une seule armée que quand elles avaient à combattre l'étranger envahisseur. Mais comme ces unions momentanées étaient rien moins que suffisantes pour les défendre avec succès contre les attaques venant du dehors, elles se sont adressées à lugomer- Bassarahy le seigneur d'OmIés et de Fogaras, le plus puissant parmi ses semblables, pour le prier de traverser les glaciers et de devenir leur souverain en les réunissant. »

<c Cédant aux sollicitations, Tugomér traversa les glaciers et devint le seigneur non plus d'Omlàs et de Fogaras seulement, mais de toutes les terres de la Valachie jusqu'à l'embouchure du Danube. Alors les anciens vayvodes et bans ne furent que ses lieutenants dans les terres qui leur appartenaient jadis. Ce fut Bassarah qui organisa l'État roumain. Sur un point il a dû cependant céder à la volonté de ses vayvodes et kénez : il a fallu qu'il consentît à ce que la succession au trône fut élective dans la famille des Bassarab. On n'a pas stipulé conséquemnient que les rênes du gouvernement passeraient de la main du père dans celle du fils; on a même admis que les fils illégitimes du vayvode eux-mêmes ne pourraient être exclus de la succession. Cette particularité du pacte a servi de prétexte à provoquer des luttes incessantes. Les compétiteurs au trône se présentèrent l'un après l'autre. Il se trouvait même plus d'un boïard ambitieux qui, en se présentant comme fils illégitime d'un vayvode décédé, ne craignait pas de briguer le trône au prix du déshonneur de sa mère. Les compétiteurs s'adressèrent très souvent d'ailleurs pour aide et protection aux voisins, toujours empressés à leur accorder des subsides, car ces luttes fratricides n'étaient pas faites pour

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