LIVRE DEUXIÈME
maine de la Valachie étaient dans l'origine des Cumans de religion mahométane. Car c'est un fait positif que les Cumans^ ayant vécu sur le territoire de la Roumanie actuelle avantj*incursion des Tartares, appartenaient au mahoniéiisnterd'une certaine espèce, très répandu parmi les Cumans^'él lesPae^nwkùes. Les premiers des Bassarah ne pouvaient donc être qu'un chef cuman ayant organisé sa kénésie d'après les traditions bulgares et les institutions de FÉtat cuman. Ses principaux dignitaires étaient des Cumans et des Bulgares. C'étaient eux qui formaient l'aristocratie du nouvel État en s'appelant en langue bulgaro-slave des boljares ou boyards^ pendant que la masse du peuple, au-dessus de laquelle ils représentaient le pouvoir, était roumaine aussi bien sous le rapport de sa langue que sous le rapport de sa nationalité. C'est à cause de cela que les membres de la caste privilégiée du nouvel État ne s'appellent que Ae% boyards sans épithète. car le mot rotimam devient une expression pour désigner la grande masse du peuple étant en état de servitude. Naturellement, d'après l'historiographie dacoroumaine, le mot boyard n'est pas seulement d'origine romaine, mais encore exprime-t-il une conception romaine aussi. Ce fut dans des chars traînés par des bœufs que les principaux des anciens Romains partirent pour la guerre ; de là l'expression : o bovis herus, » c'est-à-dire : « chevalier « et le mot actuel de a boyard » n'est que le dérivé, formé par contraction, des deux susdits mots!
Du reste, c'est encore l'influence cumano-mahométane qui se fait sentir chez les Bassarab et leurs Boyards quand, dans la famille des premiers, les droits de succession ne se transmettent pas de père en 61s, mais reviennent d'un membre à Tautre par suite d'élections circonscrites^ comme cela se pratiquait chez les Magyars encore païens, — et quand, en général, on les voit vivre tous dans une polygamie déguisée que les témoignages des auteurs constatent à l'envi. Voilà ce que dit Verancsics : « Les fils légitimes et illégitimes peuvent indifféremment se succéder au trône, car, en dehors de la femme légitime, ils se marient avec plusieurs autres aussi. Mais même la légitime, quoique ayant déjà des enfants, peut être facilement ren-
iOÎ MAGYARS ET ROUMAINS DEVANT L'HISTOIRE
voyée, si on lui donne une lettre de divorce et une petite
somme d'argent. Les nobles et les roturiers ont à cet égard
Içs mem^e* habitudes; chez les derniers il y a même plus de
*: •••* liC£*nbe>'à*x;êt égard » . Reichersdorfer (I) affirme que « chacun
::•:•*: «des: Jloiiindïn^ a ordinairement deux ou trois femmes; les
'ûbb1ê^**ét reâ*principaux ont droit à plus encore; quant au
vayvode, il en a autant qu'il en veut. » De son côté, Forgàch raconte dans son » Commentarius » que d'après les usages il est permis au vayvode découcher avec n'importe quelle fille de boyard, qui lui convient. Les enfants issus de ces unions sont marqués au fer rouge afin que l'on puisse reconnaître leur haute origine.
Voilà maintenant l'histoire de la fondation de la principauté de Moldavie racontée par M. A. D. Xénopol (2).
« C'est de Marmaros (en Hongrie) — principauté servant de refuge aux Roumains qui fuyaient la domination magyare, — que commença à descendre sur les plaines spacieuses et plus fertiles de la Moldavie le peuple roumain dès la fin du xm* siècle. L'un des vayvodes de cette principauté, qui étaient presque tous des Roumains, le nommé Dragos, transmigra en Moldavie sans se séparer complètement de la couronne hongroise, comme l'avait fait Radu Negru. Le fils de ce Dragos était le vayvode Szasz (mot qui veut dire en hongrois « saxon » ) dont le fils s'appelait Balk ; il régnait dans la nouvelle principauté juste au moment où un nouvel exode venant de Marmaros, fut la cause que la Moldavie devint un état indépendant, s'étant séparé du royaume de Hongrie. Ce nouvel exode eut lieu en 1349 sous la conduite du vayvode Bogdan qui, s'étant révolté contre le roi, ne cessa pas d'exciter les Roumains qui le suivirent aussi nombreux que possible. Or le vayvode Gyula n'étant pas enclin à obéir aux injonctions de Bogdan, eut ses biens dévastés par ce dernier, qui transmigra alors en Moldavie suivi d'une foule considérable. Là il battit d'abord Bàlk resté fidèle au roi de Hongrie, ensuite le roi Louis le Grand lui-
(1) Reichersdorfer^ MoUlva leirdsa, 1550. Voyez : Szamota Istvah : Réffi utazâsok Magyarorszâgon es a Balkdn félszigeteny p. 280 eipassim, (%) A D. XÉKoPOL, Istoria romaniior pentru gimnasii si lieceCy p, 66.