LIVRE DEUXIEME
daté dé 1434 et signé à Bàle : » Egregius Johannes dictus Olàh, (ilius condam Yajk de Hunyad, aulae nostrœ miles. » Donc le fils de Vajk était déjà à ce moment egregius, c'est-à-dire noble. Le roi Albert nomme Jean et son frère bàns de Szôrény^ et alors tous les deux sont déjà magnifici. En 1440, ils reçoivent quatre villages dans le département de Hunyad et dans la lettre de donation on les appelle a uterque Johannes de Hunyad » C'est donc à ce moment que leur nom de famille Olali est changé en Hunyadi. Mais qu'il soit Olàh ou Hunyadi^ Jean est tellement magyar que, ne sachant pas le latin, quand il prête serment comme gouverneur de la Hongrie^ il le prononce en magyar contrairement aux usages.
En 1548, l'Empereur roi Ferdinand /"écrit une lettre à Sicolas Olàh, qui était alors évéque de Zâgrâb et chancelier rovah Dans cette lettre on lit, entre autres, le passage suivant : a Les Vlaches, tes consanguins, tirent au su de tout le monde leur origine de Rome, jadis maîtresse du monde, à cause de quoi ils s'appellent aussi des Roumains. Beaucoup de grands capitaines sont issus de ta race, ainsi Jean Hunyadi^ le père de Mathias Gorvin, qui appartiennent tous deux à tes ancêtres les plus directs. » Nicolas Olàh était donc un proche parent des HunycLdi,
D'autre part, voilà comment ce même Nicolas Olàh raconte sa généalogie dans son «Hungaria» (I):
u Deux familles rivalisèrent en Valachie depuis nos ancêtres jusqu'à nos jours pour la vayvodie : les Dan et les Drakul. Au temps de Jean Hunyadi ce fut le vayvode Drack (Dragula) qui s'empara du pouvoir soit en faisant tuer, soit en exilant les Dan. Deux fils naquirent à Manzilla d'Ardgyes de sa femme Marina : Stancsul et Stojan. Stancsul avait également deux fils : Dan et Pierre; quant à Stojan ou Stéphane, il nous engendra moi Nicolas, Mathieu, Ursule etilona (Hélène). S'étant emparé du pouvoir vayvodial Drak fit décapiter mon oncle Stancsul. Mon père Etienne étant encore garçon alors, s'enfuit heureuse-
(1) Irodalom torténeti kozlemenyek. Première année. Fa»c, ï, p. 36.Hu:fFALvy ; Oldh Miklos csaiiidi viszonyai es a Uunrjaria-ja. »
ment chez le roi Maibias qui eut plusieurs fois TintenUon de le ramener dans son pays » .
Après la mort du vayvode Mircse^ c'est son fils naturel Mircse II, autrement dit Michel, qui monte sur le trône vayvodial de la Valachie en 1419. Mais son cousin germain Dan ne lui permet pas de l'occuper longtemps. Ce Dan II est chassé à son tour par Radu III que les Turcs soutiennent. Dan se sauve chez les Hongrois et, avec leur aide, il reconquiert son trône vayvodial, mais il ne règne pas longtemps cette fois-ci non plus, car, s'étant insurgés contre lui, les boyards le tuent et ils mettent à sa place Vlad II, le DrakuL C'est alors que Jean Hunyadi se croit obligé de s'en mêler aussi : il chasse, à son tour, le protégé du sultan et il le remplace par Dan III y le fils de Dan II, Ce sont encore les Turcs qui font chasser celui-ci et qui lui substituent la seconde fois VladIIy dans le pouvoir de qui Hunyadi tombera après la fatale journée de Varna, Ayant recouvert sa liberté, ce dernier expulse Vlad encore une fois pour remettre sur le trône Dan III derechef. Après la mort de celui-ci, c'est son fils Vlad ///qui lui succède, que le fils du Drakulj le célèbre vayvode Vlad IV surnommé le Tzépès, remplace en 1456.
Voilà l'historique des luttes des Danesti et des Draculesti, On y voit toujours intervenir les Hongrois, et notamment les Hunyadi, dans l'intérêt des premiers. Les historiens roumains prétendent tous, unanimement, c^aeSerban, le père de Vajk et grand père de Jean Hunyadi — descendait des Danestiei qu'il s'était sauvé en Hongrie en fuyant les persécutions du vayvode Mircea. M. Jancso n'a pas trouvé jusqu'ici une démonstration plus probante de cette prétendue parenté chez les auteurs roumains, mais il croit qu'il a dû y avoir quelque chose de vrai dans tout ceci, puisque c'est avec le fils du vayvode roumain que Vajk marie une de ses filles, créant ainsi des liens nouveaux pour resserrer plus étroitement la parenté entre les siens et les vayvodes roumains (1). Il n'est pas impossible que dans la rapide élévation d'une position honorable au rang
(i) Gb. Telbki JozBEF, Hunyadiak kora^ t. II , p. 63.