CHAPITRE V
LA RÉVOLTE DES PAYSANS ET l'uNION DES TROIS NATIONS.
Si les dissensions intestines qui avaient affaibli la Hongrie pendant les règnes des derniers Arpàd et les luttes fratricides des Magyars précédant Tavènement au trône de Charles-Robert, ont rendu possible la sécession des « partes Transalpinœ » et la formation d'un État indépendant sur leur territoire, elles ne causaient pas moins de désastres à l'intérieur où, par suite de l'intervention de la Curie romaine et du Saini-Empire, et de la résistance de Csâk et du vayvode Ladislas, Tanarchie a pu prendre des proportions tout à fait inquiétantes pour l'avenir du royaume. Quant à la situation de la Transylvanie, spécialement, elle a été des plus déplorables dès la mort de Bêla IV. C'est à Yévëque de Transylvanie et aux Saxons que revient le triste honneur de l'avoir créée et entretenue.
Le non-payement de la dîme fut le point de départ des mésintelligences. L'évéque tenait à la percevoir chez les Saxons aussi. Ceux-ci prétendirent ne devoir la payer qu'à leurs propres prêtres élus. Ces dissensions s'envenimèrent tellement que l'évéque — d'accord avec ses chanoines — n'hésita pas à faire exécuter le maire de Vizakna, Jean^ le fils de celui-ci, ayant excité les Saxons contre l'évéque, l'attaque à la tête d'une forte bande de Saxons a Gyulafehérvàr (1277). S'étant rendu maître de la cathédrale et l'ayant incendiée avec les autres églises de la ville, il fit périr deux mille personnes parmi lesquelles quatre chanoines et une foule de prêtres, qui s'y étaient réfugiés. Les Saxons s'emparèrent du trésor et des objets précieux des églises et ils souillèrent les reliques ; la bibliothèque et les archives de la cathédrale furent détruites et ses lettres de privilèges anéanties.
Plusieurs indices prouvent (\\x André III avait le plus vif désir de rétablir l'ordre en Transylvanie, mais la révolte du vayvode