LIVRE DEUXIÉM^E
Roland a considérablement augmenté les complications. Le roi n'a pu la réprimer qu'au prix des plus grands efforts. Après sa mort, c'est dans les mains du vayvode Ladislas que tombe la Transylvanie. On connaît la conduite de celui-ci envers le roi Oïlion (1305-1308) qu'il a fait enfermer dans le château de Bàlvànyos et qu'il a dépouillé de la couronne de saint Etienne quand il est ailé chez lui pour lui demander sa fille en mariage. Des mécontents se trouvent parmi les Saxons aussi — tel Conrad^ le seigneur de Talmàcsy qui ne dépose les armes devant le roi que contraint et forcé.
Ce sont encore des Saxons qui se révoltent contre Charles-- Robert sous la conduite de llenning de Szeni-Péter. Les troupes du vayvode de Transylvanie étant insuffisantes pour les vaincre, le roi envoie des Cutnans pour les combattre. Mais leur dernier foyer de résistance, le château fort de Fekete-Halom^ ne passe de la main du Saxon Salomon de Brassa dans celles des partisans du roi qu'en 1331 .
Alors il y a des difficultés à cause de la nomination de l'évéque. Le pape ne veut pas reconnaître les élus du chapitre. Le vayvode Thomas est aussi continuellement en guerre avec l'évéque André 11^ qui, quoique très capable, aimait prodigieusement les violences. 11 y a, d'une part, destruction des propriétés épiscopales et, de l'autre, excommunication du vayvode et du vice-vayvode.
Pour compléter le tableau de l'état anarchique de la Tran* sylvaniey il faut ajouter quelques incursions de Tartares^ une nouvelle révolte des Saxons^ provoquée par la transformation des revenus du Trésor en impôt foncier. « C'est pourquoi le roi part en personne — écrit Jean de Kûkûllo^ l'historiographe royal — avec une grande armée, avec ses barons, ses soldats, ses nobles et les patriotes pour soumettre les arrogants et pour revenir victorieux. »
Il est hors de doute, car les mesures prises le prouvent aussi, que le but principal de la visite du roi Louis était d'apaiser «les querelles, dissensions et divergences d'opiniu::^ juridiques » soulevées par l'évéque transylvanien entre ks Magyars (nobles), les Sicules et les Saxons et de rétablir la paix.
Ce fut aussi une occasion pour le vayvode de Valachie^ Alexandre Bassarab^ d'offrir ses hommages au roi et de lui jurer fidélité.
En 1345, Tannée qui suit ce voyage de Louis en Transylvanie y ce sont les Tartares qui dévastent le pays à TEstet au Sud-Est, et ils recommencent cette attaque en 1352, sur Tinstigation de Kejtoui, le Lithuanien. Mais André Laczkfiy justement revenu de Naplesy va au-devant d'eux à la tète des Sicules, les vainc et capture mémo leur chef Atlilamos qu'il envoie au roi à Viségrad. Toutes ces incursions sont des calamités publiques pour la Transylvanie.
Entre temps, ce fut Vlajko^ c'est à dire Vladislas^ fils et successeur d'Alexandre Bassarah qui monta sur le trône de la Valachie. H était beau-frère de Siragimir^ roi de Bulgarie qu'il a d'abord soutenu contre le roi Louis^ espérant de se rendre complètement indépendant du roi de Hongrie, Mais comme celuici s'apprêtait à attaquer Siragimir avec une grande armée (en 1304) Vlajk'i en eut tellement peur qu'il se soumit, même avant le commencement de la campagne.
Ayant terminé la guerre de Bulgarie^ Louis se vit obligé de retourner en Transylvanie^ dont il s'était énormément occupé dès 1344, car sousl'aspect du Turc envahisseur des Balkans, il se présenta un beaucoup plus dangereux ennemi pour l'empire des Magyars que ne furent les Tariares. C'est donc la nécessité de fortifier les frontières orientales de la Hongrie qui a exigé que Louis tournât son attention vers la Transylvanie, Les nobles y sont investis en 1305 du droit que la noblesse de la Hongrie possédait déjà depuis 1351, de pouvoir exercer la juridiction sur leurs serfs et domestiques en toutes choses, les vols publics, le brigandage et les crimes exceptés. H ordonne en même temps aux évéqucs, aux barons et aux fonctionnaires royaux, ainsi qu'aux municipalités des villes et des communes libres de s'abstenir dorénavant, s'il s'agissait de citer en justice ou de juger les serfs des nobles, sinon en ce qui concerne les exceptions susdites. C'est seulement en cas où les nobles ne voudraient pas rendre la justice, que les plaignants doivent s'adresseraux tribunaux royaux ordinaires, et encore, nonpasdirectementcontreles serfs, mais contreles nobles qui leur refusentde rendre la justice.