LIVRE DEUXIÈME
A Ils ordonnent encore que chaque partie, si les deux autres la demandaient de venir à leur aide, se mette en route au bout de deux jours et reconnaisse pour son devoir de faire trois milles par jour. Et que celui qui ne se conforme pas à cette prescription, soit puni de mort. Ils ordonnent également que tous les procès engagés entre eux et Tévéque ou le chapitre de Transylvanie par envie ou par sentiments hostiles, soient à cette occasion arrêtés, ainsi que toutes les affaires causant des mésintelligences entre les trois nations soient su- * pendues aussi et ne soient continuées ni renouvelées non plus, n
a Que celui qui ne tient pas compte de tout ceci, soit considéré comme parjure et que celui qui provoque des discussions parmi les parties contractantes soit puni sévèrement aussi. S'il y avait entre elles matière à procès, qu'elles la soumettent à leur juge légal, obligé déjuger quand même. »
Les paysans, qui n'avaient pas déposé leurs armes et n'étaient pas retournés dans leurs foyers, même après le traité de Kolozs-monostor^ ayant eu vent de Tunion, se considérèrent comme étant dupés et se mirentà recommencer leurs atrocités. La révolte a même gagné en dehors de la Transylvanie le Nyirség et le Szamoshôz aussi. Alors le vayvode Ladislas Csàky, ayant rassemblé les nobles en toute hâte, défit les révoltés sur les bords du Szamos, Les paysans du Nyirség et du Szamoskôz furent également battus par les nobles de ces contrées. Mais la victoire n'ayant pas été décisive, on fit un nouvel arrangement à Apâtile 6 octobre 1437 devant le chapitre de Kolozs-monostor, Ce traité est signé au nom des paysans par les capitaines Antoine Nagy de Buda^ Thomas Nagy de Széh^ Michel et Gallus Ol&h de Yilàgos-Berek, maître Jean de Kolozsvâr^ etc, les mandataires des paysans et, comme leurs noms à tous sont magyars, — il est vrai qu'en magyar Olâh signifie Roumain^ — il n'y a aucun indice pour supposer qu'on puisse découvrir parmi ces capitaines un seul Roumain.
En comparant la teneur du traité à'Apàii à celui de Kolozsnionosiory il appert clairement que ce furent à ce moment les nobles qui représentèrent le parti le plus fort. Les paysans ont.
beau se donner le titre d'ordre^ leur ton est plus modeste et le pouvoir judiciaire des nobles y est rétabli aussi. « Si quelqu'un parmi les paysans ou les serfs, sans avoir la permission et n'ayant pas payé le terragium ou toutes autres dettes, s'est illégalement déplacé pendant ces derniers troubles, qu'un tel paysan puisse être ramené, selon les vieilles habitudes du pays, même en employant la force, par le noble dont il a quitté la propriété, mais cependant de telle manière que ce paysan que l'on ramène de force reste quinze jours à l'endroit qu'il doit quitter et ne puisse rentrer chez son ancien maître sans avoir acquitté toutes ses dettes. Si un serf voulait se transporter ailleurs et qu'il ait obtenu à cet égard la permission du seigneur, ayant payé le terragium et ses autres dettes, qu'il puisse déménager librement et sans contestation»; »
. . . tt Chaque seigneur peut exercer la justice sur sa propriété, selon les anciennes coutumes, et s'il condamne son serf et s'il lui inflige une amende qu'il ait le droit d'exécuter le jugement ou de faire rentrer l'amende infligée. Et si un serf ne veut pas se contenter du jugement de son seigneur, alors qu'il puisse aller, selon l'habitude, dans un autre village ou dans une autre commune pour y faire juger sa cause en appel. Quel que soit le jugement que l'on y rende, il faut que le seigneur s'y résigne aussi bien que le serf. »
Pour régler définitivement les rapports entre seigneurs et paysans, on envoya une délégation chez le roi Sigismond^ mais celui-ci mourut dans l'intervalle à Znaïm^ en revenant de Pi^ague. Le litige n'étant pas terminé, le retour des troubles devint une question de temps. Les paysans n'étaient pas satis» faits des résultats obtenus, tandis que la noblesse, se sentant la plus forte dépuis la fondation de l'union, ne cherchait en quelque sorte qu'une occasion pour en venir aux mains, pour faire cesser une situation intolérable. Pendant cette troisième collision, les paysans ont dû avoir la petite bourgeoisie des villes pour alliée, car les villes de Kolozsvârj de Tarda et d'Enyedse trouvaient dans leurpouvoir. Ils furent d'abord battus par les nobles à Kotozs^monostor le 8 janvier 1438, alors ils se '^uvèrent à Kolozsvâr et à En) éd. Après la prise de cette ville,