‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 73 sur 232 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

malheureux par des charges nouvelles mais, au contraire, pour les délivrer des extorsions des seigneurs et du clergé.

« La conquête des Turcs porte à plusieurs égards le cachet d'une grande révolution sociale et politique» , dit M. Tsedomit Mijatovics dans son travuil publié dans la revue : Otachiua. Aussi les paysans montrent-ils peu d'empressement pour défendre leurs seigneurs et considèrent- ils les envahisseurs comme des libérateurs, et non sans raison puisque, si Ton compare le système des impositions et du servage employé par les Turcs avec celui qui était en usage dans les États balkaniques avant leur arrivée, on conviendra qu'il renfermait des allégements très sensibles.

Amurath occupe la ville serbe de ISisch dès 1375 et le lendemain de son assassinat par Milan Obilics^ c'est-à-dire le 27 juin 1389, son fils Bajazet défait l'armée coalisée des Serbes^ des Bulgares, des Albanais, des Bosniaques et des Roumains des deux vayvodies à KossovoJ^olje (au champ des Merles) en s'assnrant ainsi la possession de toute la péninsule balkanique.

Le nouveau sultan envoie, après cette bataille des colonnes volantes dans toutes les directions. L'une d'elles fait une pointe jusqu'en Valachie. Mais ce n'est pas le premier contact cependant que les Roumains ont avec les Turcs, Ils ont été déjà mêlés aux affaires de la Valachie^ quand Dan^ le fils du vayvode Radu, mort en 1386, avait imploré leur secours contre son frère Mircéa. Celui-ci fut effectivement chassé, mais Dan ayant été assassiné, Mircéa lui succéda légitimement.

Après avoir repoussé l'incursion turque à travers le Danube, Mircéa se met à dévaster en Bulgarie le territoire des Turcs, Mais Bajax^t lui inflige un tel désastre qu'il ne peut se sauver lui-même qu'avec peine; alors ils devient le tributaire du vainqueur de Kossovo (1391). Ce qui ne l'empêche pas de renouveler ses anciens rapports de vassal à suzerain à l'égard du roi de Hongrie^ Sigismond (1395), pour le trahir aussitôt, de crainte que les Turcs ne se vengent (bataille de Méhédintz).

Sigismondy s'occupant de l'organisation d'une grande coalition européenne contre les Turcs, h laquelle s'associe l'empereur grec Manuel //aussi, ne se donne pas la peine de châtier

Mircea et lui permet même de joindre un contingent roumain à l'armée chrétienne forte de 80,000 Magyars, Français , Bourguignons^ Espagnols et Allemands. Pour son grand malheur! Car, grâce à Tardeur inconsidérée des cheyaliers Français et à la détection de Mircéa^ la victoire resta encore à Bajazet (Nicopolis, le 28 septembre 1398).

Après la triste fin de celui-ci, Mircéa se mêla aux luttes que les compétitions de Musa et de Mahomet au trône turc suscitèrent, en soutenant le premier. Musa ayant été tué par Mahomet, Mircea conclut un traité avec le vainqueur (1411), traité qui forma la base de la situation dépendante de la Valachie à l'égard de la Turquie pendant plusieurs siècles. Le sultan consentit à sauvegarder presque toute l'indépendance politique de la Valachie, ne stipulant pour lui que le tribut annuel de 3,000 gros ou de 300 écus en argent, payables par les vayvodes de la Valachie.

Quant à la Moldavie, son entrée dans Torbite de la puissance des Turcs eut lieu plus tard. Le protégé de Mircea^ Alexandru cel Bun règne trente-deux ans et pendant ce long espace de temps, son pays fait des progrès réels dans la voie de la civilisation. Il permetTimmigrationdes/fii^^iVe^ magyars et saxons. C'est même dans la ville moldave de Tatros qu'a lieu la première traduction en magyar de la Bible. Des villages sicules et saxons entiers se transportent alors en Moldavie ainsi que 3,000 familles arméniennes chassées de Y Asie Mineure par les Turcs. Alexandru reçoit les Tsiganes et les Tartares aussi, comprenant le prix d'une population nombreuse pour ses États.

Sa mort est suivie de vingt-quatre ans de luttes sanglantes entre ses fils et leurs descendances, luttes ayant des alternatives plus imprévues encore que celles des Danesti et des Drahulesti en Valachie et au milieu desquelles les forces militaires et la considération àeXdiMoldavie se trouvent tellement diminuées que le vayvode Pierre se voit obligé en 1456 de promettre un tribut annuel de 2,000 ducats à Mahomet //, afin de pouvoir rester sur le trône.

Au commencement du xv* siècle, les Turcs atteignent déjà " la ligne du Danube et s'ils ne peuvent pas la franchir encore, la

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