‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 76 sur 232 · LIVRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME

voulaient pas les ôter dans sa présence quoiqu'ils aient affirmé que chez eux c'était une coutume nationale. ))

Ne pouvant pas tolérer les méfaits du vayvode plus longtemps, les Turcs envoient contre lui Hamza pacha à qui ils adjoignent un interprète grec, nommé KatahoUnoSy en lui ordonnant de s'emparer de Tzépès même au mo/en de quelque guet-apens et de le ramener à Coiistaniinople. Le guet-apens ne réussit pas et Vlad fit prendre Hamza pacha et KataboUnos avec tous leurs hommes. Ensuite il franchit le Danube^ il battit les Turcs qui y campaient et il fit 25,000 prisonniers qu'il fit tous empaler en rangs serrés. Ayant appris cette monstruosité, le sultan se mit personnellement à la tète de son armée. Le vayvode se défendit héroïquement mais, comme il fut battu et abandonné par ses partisans, il s'enfuit en Transylvanie pour demander aide et protection au roi Mac/lias, Mais à peine met-il le pied sur le territoire hongrois, qu'il pense déjà à la trahison en envoyant au sultan la lettre suivante de Rezsùiâr : Cl Grand souverain des Osmanli, moi Jon, vayvode des Roumains et ton esclave, je Te demande pardon pour tout ce que j'ai fait contre Toi et contre Ton empire. Que Ta grâce ait pitié de moi, et qu'elle me permette de t'envoyer des ambassadeurs. Si Ta Majesté le désire je peux déposer dans Tes mains toute la Transylvanie que je connais parfaitement et si elle T'appartient alors Tu peux facilement conquérir toute la Hongrie. » Cette lettre tomba dans les mains de Mailiias\ il fit arrêter et enfermer le vayvode à Bude.

liadu^ le successeur de Tzépès ^ se soumit également au roi de Hongrie^ mais il ne resta pas longtemps sur le trône, ayant été chassé par Stefan cel mare, le vayvode de la Moldavie, qui pensait à s'emparer du trône de la Valachie également. Pour l'en empêcher, le roi Maihias rendit la liberté à Tzépès, dont le second règne fut absolument exempt de toute cruauté.

On pourrait écrire des volumes entiers sur les cruautés inhumaines dont les vayvodes roumains tels que Milméa cel lieu (Mihnéa-le-Méchant), Alexandru Lapusnénu, Jonu Voda cel cumr plit (le vayvode Jean le Terrible) se sont rendus coupables. Il est vrai que c'étaient des hommes qui, pour monter au trône, s'ap-

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puyèrent sur la protection des Tmcs et dont la jeunesse s'était écoulée au milieu de la fraction la moins recommandablede Farmée turque, recrutée parmi les éléments roumains les plus révolutionnaires des peuples balkaniques. La férocité turque, mêlée à la rouerie byzantine, créa chez les vayvodes cet état d'âme, auquel il fut l'ait allusion plus haut.

Mais si tels étaient les titulaires des trônes vayvodaux, si l'extermination était pour eux un moyen de gouvernement, on peut s'imaginer quelle devait être la situation de la société et de la nation roumaines. Le contre-coup et l'impression morale qu'un gouvernement se servant de moyens semblables devait faire naître chez un peuple condamné à l'endurer, ne peuvent être un mystère pour quiconque réfléchit.

La barbarie des vayvodes, avec laquelle ils ont sévi contre les brigands et les voleurs prouve, d'autre part, d'une manière irrécusable, que ces crimes étaient alors très répandus dans les vayvodies roumaines. Et c'était tout naturel que ce fût ainsi ; car à la victime de la tyrannie vay vodale ou seigneuriale il ne restait pas autre chose à faire que, sortant de la société humaine, se retirer au fin fond inculte des bois pour y attendre l'occasion propice à la vengeance, avec la colère inextinguible d'un individu exilé du cercle de ses semblables. C'est cet état de choses qui a créé dans les vayvodies ces existences des tt Haydouks » dont plus d'un chapitre romantique et horrible a du se dérouler précisément dans les forêts vierges qui couvraient les versants méridionaux des Carpathes ; — état de choses ayant également une influence décisive sur les conditions morales des Roumains en général, dont se ressentaient tous les groupes qui, par suite des fluctuations des peuples, provoquées par les guerres turques, arrivaient toujours plus nombreux du Sud-Est en Hongrie.

Aussi est-ce avec un réel contentement que Ton s'arrête à la figure de Stefan cel Mare (Etienne le Grand), va y vode moldave, le petit-fils d'Alexandru cel Bun, dont le père, nommé Bodgan^ a été tué par Pierre Aron^ son compétiteur au trône. C'est avec l'aide de TzépeSj que Stefan cel Mare a chassé à son tour ce Pierre Aron. Croyant que Mathias était disposé h lui rendre sa

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