‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 81 sur 232 · LIVRE DEUXIÈME J · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME J

se sauve en Transylvanie où il est assassiné par trois boyards, ses ennemis personnels, à Szeben{\e 12 mars 1510). Les violateurs de paix furent taillés en morceaux par la population et le roi promit aide et protection à la veuve et au fils de la victime.

L^année suivante, Jean de Szâpolya reçut Tordre du roi de ramener ce fils sur le trône de son père. Mais comme les boyards de la Valachie n'en voulaient pas et comme Vladutzé était prêt à se soumettre, le roi de Hongrie ne s'opposa plus à son élévation à la dignité vay vodale. Alors ce sont ses parents de la branche Veroulesti de la famille de Basaraba qui l'attaquent, et, soutenus par une armée de Mahomet pacha, le font prisonnier et le font exécuter pour le remplacer par Néagoiy le fils de LaXot Basaraba. Celui-ci, tout en augmentant son tribut annuel, payé au sultan, se soumit au roi de Hongrie au&si. Son règne dura de 151 2 à 1521 et se passif dans la paix la plus profonde, car il sacrifiait tout son temps et tout son argent à la construction des églises et des monastères. C'est de son règne que date la construction de la célèbre cathédrale d'Argès (Curtea de Arges).

Néagoi laissa pour successeur Théodosié, un fils âgé de sept ans, en lui donnant pour tuteur le bàn Préda. Mais les boyards lui préférèrent Raduy le ci-devant caloyer. k\oYî> Mehemed bey, un renégat issu de la famille de Basaraba^ accourut au secours du jeune Théodosié et ayant fait périr Radu, il demanda la Valachie au sultan non pas pour son protégé, mais pour lui-même. Mais les boyards élurent déjà à la hâte Radu de la Afumati pour empêcher la nomination du renégat.

Ce fut avec des chances diverses que ce nouveau vayvode et Mehemcd bey se firent la guerre. A la fin, les Turcs parviennent à infliger une défaite complète à l'armée de Radu près d'il?-gésel et le forcent à se sauver en Transylvanie, Victorieux, Mehemed se mit à la transformation de la Valachie en pacha lik turc, mais l'ayant terminée, il commit l'imprudence de retraverser le Danube pour retourner à Nicopolis, son quartier général. Averti par les partisans de Radu^ Jean de Szàpolya le ramène alors et lui remet de nouveau la couronne vay vodale. Le retour en Transylvanie de Szàpolya redonne du courage à Me-

hemedj il revieat de nouveau en Valachie et il fait reprendre à Radu le chemin de la Transylvanie. Sur le conseil de ses partisans, ce dernier entreprend même un voyage à Consianiino^ ple^ car il espère pouvoir apaiser le courroux du sultan. Mais celui-ci le fait arrêter et emprisonner pour le ramener plus tard sur le trône vayvodal quand son successeur Vtad est défait à Tirgovist par le bàn révolté de Krajova^ le Barbo de Peroulesli. Pour Jean de Szàpolya^ c'est une occasion de retourner en Valachie où Radu delà Afumaii^ se soumet à lui, comme au représentant du roi de Hongrie (1524).

Telle fut la situation des vay vodies roumaines pendant Tépoque qui précède la catastrophe de Mohàcs, Leur sort est d*étre éternellement ballottées, étant placées entre la Hongrie et les Turcs. Ceux-ci sont plus éloignés de la Moldavie, mais là, ce furent les Polonais qui augmentèrent la confusion. Aussi la partie transylvanienne de TÉtat hongrois est-elle un véritable asile des vayvodes roumains et de la population roumaine des vay vodies d'où elle afflue incessamment soit de son propre mouvement, soit sollicitée, comme par exemple àSzàszvàroSy par le maire lui-même dans Fintérét des redevances royales en diminution, les contribuables faisant de plus en plus défaut à cause des incursions des Turcs. Et après Tavènement au trône de Soliman II (1520), ces incursions deviennent de plus en plus fréquentes et considérables.

Pour les arrêter et les venger, il aurait fallu en Hongrie un gouvernement fort et respecté, et Louis II, le fils et le successeur de VladislaSy issu de son second mariage avec Anne de Candale, parente du roi de France Louis XII, n'était qu'un adolescent — né en 150G, — uu nom de qui gouvernaient depuis la mort de son père (1516) ses trois tuteurs : le cardinal Bakocs^ Jean de Bornemisza et le margrave Georges de Brandebourg. Or la petite noblesse les accusa de prévarication et réclama leur éloignement du pouvoir avec tant de violence à la diète de 1518, tout en exigeant en même temps la nomination de Szà-^ polya à la dignité de gouverneur, qu'il fallait lui céder, au moins en ce qui concerna les tuteurs, et acquiescer à sa nouvelle réunion à Tolna et à Bacs.

Page 1