‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 82 sur 232 · LIVRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME

On y vota, sous Tinfluence du génie oratoire du grand juriste Etienne Verbôczy des lois patriotiques et avantageuses pour les finances du pays et pour la défense nationale ; mais ni les lois, ni le comité exécutif composé de quatre prélats, de quatre seigneurs bannerets et de seize nobles, ne purent enrayer le progrès des maux, car personne ne voulait tenir compte des lois, si elles froissaient les intérêts particuliers. Il ne fallut pas longtemps au parti de la cour pour venir à bout du comité exécutif et quand, après la mort du palatin Perényi, ce fut Etienne Bàthory^ un ancien ennemi de Szâpolya, qui lui succéda dans la première charge du royaume, la cause de la noblesse mécontente était de nouveau compromise.

Grâce à ces luttes intestines, nul ne songeait aux Turcs et à leur jeune sultan, avide de gloire et confiant dans la force militaire de son formidable empire. Et cependant il ne voulait accepter les propositions de paix des ambassadeurs hongrois que s'ils consentaient au payement d'un tribut annuel. Pour répondre à cet outrage, la cour de Bude ne trouva rien de mieux que de faire enfermer les envoyés turcs chargés de renouveler les exigences de leur maître (1521). Celui-ci les appuya en faisant attaquer Jaïcza et en dirigeant une armée contre Szabàcs et contre Belgrade a la défense desquelles villes personne n'avait pensé an milieu de Tanurchie générale, et pendant que le roi et sa fiancée étaient aux noces du palatin Szabàcs^ défendu jusqu'à la dernière goutte de leur sang par cinq cents hommes, sous la conduite de Simon Logody et André de Torma^ tomba le 7 juillet, Zimony dans les premiers jours d'août et Belgrade^ que les Magyars appelaient Nandor-Feliérvàrj le 29 du même mois, sa garnison, réduite à soixante-douze hommes, s'étant rendue à discrétion.

La perte de cette forteresse, clef de la Hongrie du côté du sud, la livra aux Turcs. On comprit qu'il s'agissait dorénavant de l'existence même du pays, et on recourut à des expédients fiscaux et militaires qui, bien exécutés, promettaient le salut, mais dont on ne put tirer aucun profit à cause de l'incurie et de la mauvaise foi d'une administration corrompue par le népotisme et avilie par sa rapacité.

Louis II eut beau se faire proclamer majeur n'ayant pas encore seize ans révolus, et se marier a vec Tarchiduchesse Maria , sœur de Ferdinand^ mari de sa sœur Anne^ les dissensions du palatin et du vayvodede Transylvanie ei de leurs partis respectifs rendaient tous les efforts tentés en vue de Tamélioration de Tétat des choses illusoire. En 1525, on nomme à la diète do Hatvan Verbôczy palatin à la place de Bàthory^ pour rendre la même charjje à ce dernier un an après, en mettant le premier en accusation. Et a force de se tirailler, les deux partis oublient le but principal de leur réunion et se séparent sans avoir voté les subsides demandés par le roi pour les besoins de la guerre en vue de laquelle on a cependant proclamé que a rustici universi per singula parati esse debent » (les paysans doivent être prêts tous en personne) et Ton a approuvé les règlements militairesproposés par rassemblée A'Enyeden Transylvanie, Car Jean de Szàpolya y en convoqua une pour le commencement d'avril, — la diète de Ràkos a eu lieu à la saint-Georges, — et les nobles et les Saxons y prirent part. D'après ces règlements il fut décidé que tout ecclésiastique ou laïque valide se rende personnellement au camp. Parmi les laïques il n'y a que ceux nécessaires pour la défense du foyer qui y resteront; parmi les ecclésiastiques il ne restera pour tous les deux villages qu'un prêtre. En apprenant le départ du sultan à'Andri" nople^ Szàpolya tint une assemblée avec chacune des trois nations. On y fixa la durée de la campagne à quatre mois et l'on imposa à tout le monde l'obligation de se pourvoir du nécessaire pour le même laps de temps. On devait se rassembler à Kolozsvàr en dix jours à partir de la date de la lettre et la chose se passa réellement ainsi. 40,000 hommes répondirent à l'appel de Szàpolya comme des documents authentiques, des lois promulguées le démontrent. (1)

A la cour, ce furent les principaux du parti hostile au vayvode de Transylvanie qui eurent la confiance du roi. Ils tinrent conseil aussi et ils y invitèrent de Szàpolya^ mais pour en faire un général en chef, personne n'y pensa; or il aurait certaine-

(I) L. WiMDisCH, Magaxiriy t. IV, p. 190, et Reméicy, Arpâdia

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