LIVRE DEUXIEME
Voilà le portrait que trace de Pieire Rares Thistorien roumain Hilaire Paptu dans son mémoire adresse au prince Couza : a Quand il entrait en Transylvanie — et il y est entré à peu près dix fois — il s'était d'abord réconcilié avec les Polonais afin de se garantir contre les Tartares, et ensuite il faisait son entrée en laissant croire qu'il soutenait tantôt les Turcs contre les Magyars, tantôt les Magyars contre les Allemands ou, en sens contraire, qu'il venait en aide aux Allemands contre les Magyars ou les Turcs, mais toujours au profit des Roumains, et toujours il retournait victorieux, en ayant battu un à un et successivement les ennemis héréditaires des Roumains. »
« Si ces deux grands hommes avaient vécu en bonne intelligence — c'est-à-dire Majlàth et Rares — ils auraient pu fa cil ment changer la face des choses dans les provinces dacienn e et établir entre elles une liaison amicale, afin de pouvoir forcer les étrangers — c'est-à-dire les Magyars — au respect envers ces principautés. Mais Majlàth et Pierre ne pouvaient pas se supporter (1). »
C'est donc à cause de l'inimitié de ces deux grands hommes que le rétablissement de la Daco-Roumame n'a pas eu lieu tout de suite après la catastrophe de Mohàcsî II faut espérer que le peuple roumain est au fond très content de ne pas devoir l'accomplissement de ses rêves à des individus pareils et à une occasion semblable.
(1) Documente istorice despre starea politica si ieratica a romaniloru din Transilvania, Vienna 1850. p. 77 à 78.