‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 86 sur 232 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

LA PROTESTANTISME ET LE ROLMANISHE Al' XVI* SIÈCLE.

L'instinct politique de Pierre Rares était assez subtil pour deviner aisément les avantagées que les vayvodes roumains pouvaient tirer du dédoublement de la royauté hongroise. En 1535, il traite avec Ferdinand ^dit Fentremise de son envoyé Reichersdorfer et en 1536 il envoie son confident, nommé MathiaSy à Nagy-Vàrad pour obtenir la rémission de ses infidélités de Jean de Szàpolya qu'il avait intitulé dans un document daté du 29 septembre 1529 « son plus gracieux maître v . Mais il s'aperçoit que le ressentiment du sultan est plus profond. Pour fuir son courroux, Rares se sauve en Transylvanie ei se réfugie dans le château de Csicsà. Son extradition étant exigée par le sultan, Jean l'envoie comme ambassadeur à Constan-tinopUy en le recommandant à la magnanimité du grandseigneur. Celui-ci le fait interner dans sa capitale, tout en lui allouant un riche apanage. D'ailleurs, après les règnes éphémères A^ Etienne Lacusta et A^ Alexandre Kornëa^ il renvoie Rares sur le trône vayvodal où ce dernier ne termine son existence peu honorable qu'en 1546.

Sur ses successeurs immédiats voilà ce que l'on lit dans un ouvrage scolaire roumain : a Après la mort de Pierre RaréSj c'eit son fils Élie que les boyards élisent pour vayvode. Il règne de jusqu'en 1551, mais, comme il aime mieux s'amuser et faire assassiner que gouverner, il cède son trône bénévolement à son frère et à sa mère, et il s'en va à Consiantinople pour y embrasser la religion mahométane. Ce sont les excès qui remplissent le règne d' Etienne Rares aussi (1551-1552) qui ne perpètre pas moins une foule de méfaits : il fait couper à l'un le nez, les oreilles, la langue, les mains, à l'autre il fait crever les yeux ou il fait verser du plomb dans la bouche ; une fois il était même décidé de faire mourir tout son divan. Ne pouvant

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