LIVRE DEUXIEME
supporter plus longtemps ses cruautées inhumaines, un jour ses boyards s^entendent avec ceux exilés en Pologne et ils. Tassassinent sur les bords du Pruih, dans le voisinage du « Pont de Czuczora » .
tt Alors environ 300 d'entre les boyards s'en vont en Polo-, gne pour ramener Petréa Lapusneanu a6n d'en Faire un vayvode. Un autre parti, à la tête duquel étaient le procureur moldave Slurdza et Thetman Movila> circonvenus par Héleua, veuve de Pierre Rarès^ élit Joldéa, le fiancé de Ruxanda^ fille de Pierre Rares. Les boyards précités envoyèrent contre eux, sons la conduite de Moczok, une armée composée de troupes polonaises auxiliaires et de boyards. Ce fut au village de Sipot qu'ils enveloppèrent Sturdza, Movila et Joldéa. Ceux-ci se défendent bravement mais inutilement, car, ayant mis le Feu au village, Moczok les prend. Joldéa eut le nez coupé sur Tordre de Lapusneanu et on Tenferma dans un couvent. Lapusneanu accorde son pardon aux deux autres boyards. De cette manière, le règne de Joldéa ne dura que trois jours. En montant sur le trône, Petréa Lapusneanu s'appela Alexandre (1552-1561). Il est entré en Transylvanie afin de pouvoir seconder les Turcs dans la reprise de Temesvàr et de rendre à Isabelle et à son fils Jean-Sigismond la possession de la Hongrie. Mais il Fut chassé lui-même de son trône par un Grec, nommé Jacob Héraclide ! »
Avant de raconter la curieuse vayvodie de cet aventurier extraordinaire, il n'est pas inutile de rappeler qu'il a été puissaniment aidé dans son entreprise par l'idée dominante de l'époque : le protestantisme.
Ce sont des marchands saxons de Nagy-Szeben qui apportent avec eux les écrits de Luther en Transi) vanie (1521). Et en même temps arrivent deux ex-moines allemands de Silésic pour y expliquer les écrits subrepticement introduits. Or le sol y était admirablement préparé à la réception de tout ce qui pouvait combattre le clergé catholique, car le doyen de NiifjySzeben ne dépendait pas de l'évéque de Transylvanie, mais directement de l'archevêque à'Esztergom\ il y avait donc des contestations continuelles au sujet de la dime.
Celui qui avait le plus à souffrir de ces tiraillements, était le maire de Nagy^Szeben et en même temps Vispàn des Saxous, Marc Pemflinger, Aussi devint-il un des premiers adhérents de la nouvelle doctrine. Il ne put cependant pas empêcher que Ton brûlât les écrits de Luther sur une place de la ville, sur Tordre de la diète, en 1523. Deux ans après, on promu^ue la fameuse loi : « que les Luthériens soient tous extirpés du royaume et qu'ils soient pris et brûlés partout où on les trouve, non seulement par les gens d'église, mais par les séculiers aussi » (1). Mais à Nag/'Szeben nul n'ose Texécuter, et quand le roi Jean la rappelle au conseil municipal un an après la catastrophe de Mohâcs, celui-ci ne craint pas d'ordonner Téloignement immédiat de tous ceux qui ne veulent pas se conformer aux Évangiles, sous peine de mort (le 18 février 1529).
A Nagy-Szeben on ouvre une école pour enseigner les doctrines de Luther^ et Brassé Hanter établit une typographie pour les imprimer, de manière qu'en 1544 l'assemblée plénière des Saxons pouvait déjà ouvertement imposer la religion luthérienne à toute la nation saxonne. En 1545, on décide, à l'assemblée de Medgyes^ l'élection d'un évèque protestant (surintendant). Mais l'investiture de cet évèque n'eut lieu qu'après l'assassinat du Frèi-e Georges^ — cardinal Martinuzzi — qui fit deux fois citer Hanter soit devant la diète de Kolozsvàr (en 1543,) soit devant la reine Isabelle à Gyulafehérvàr oii peu s'en fallut que son remplaçant, Maihtas Glatz, n'ait le sort de Jean Hass,
Les doctrines nouvelles remportèrent des succès considérables parmi les Magyars aussi. En 1538, il y a une discussion théologique en présence du roi Jean y à <S^^€5(^ar entre maître Etienne Szàntai et quelques prêtres amenés jde Nagy- Vàrad. Le chanoine Martin Kàlmàncsehi y fonctionnait comme arbitre et quoique Martinuzzi ait conclu à l'exécution de Szàntai et que le roi l'ait exilé, Kàlmàncsehi se sentit ébranlé dans sa foi
(1) 1525. Articui. IV, g 4. Lutherani etiam omnes de regno extirpentur. Et ubique repenti fuerint^ non solutn per ecctesiasticas, verum etiam per sœculares personas libère capiantur et comburantur.