LIVRE DEUXIEME
tenaient à Tévéché de HalicSy dépendant du métropolite russe de Kiev. Prenant en considération Taccroissement considérable de la population de lavayvodie, celui-ci nomme, en 1 395, deux éyéques pour la Moldavie^ dontTun appelé Joseph e^i originaire du pays. Mais le patriarche de Constantinople juge ces nominations comme attentatoires à ses droits. II excommunie donc les nouveaux évéques et il envoie dans leurs diocèses le protopope Pierre pour y pourvoir aux fonctions épiscopales, la consécration des prêtres exceptée. D'autre part un évéque serbe, nommé Jérémiey y apparaît aussi. Alors Alexandre^ le nouveau vayvode moldave, s'adresse directement au patriarche (1401) et lui demande la confirmation dudit Joseph^ son parent, — demande à laquelle le patriarche obtempère d'autant plus aisément, qu'entre temps Jérémie est devenu archevêque de Tmovoy laissant la population sans pasteur. Ce sont deux membres du haut clergé qui, envoyés par le patriarche à cet effet, consacrent Joseph et donnent à la vayvodie moldave une organisation religieuse complétée.
En face de ces faits avérés, dont les moindres circonstances sont, comme on le voit, fidèlement racontées par les documents authentiques, l'historiographie ecclésiastique roumaine ne sait donner aucune preuve convaincante en faveur de l'existence, antérieure au xv* siècle, de l'Église roumaine en Transylvanie. Elle dépendait du métropolite de la Valachie^ dont la création ne date que de 1359; donc à ce moment elle devait se trouver dans un état encore bien embryonnaire pour dépendre d'un métropolite aussi récent et étranger. Mais si l'église roumaine de la Transylvanie ne remonte pas à l'époque de la conquête romaine, que deviennent l'origine et la continuité daciques? Ce sont elles qu'essaient de sauver les 5mAal*, Xe^Claino eiXes Popea quand ils créent avec plus de fantaisie que de bonne foi plusieurs séries de métropolites transylvaniens. Le célèbre traducteur de la Bible en langue gothique, Ulphilas y figure avec ses successeurs Sevinas et Ulinas^ malgré qu'ils soient ou fondateurs de la litérature allemande, ou conseillers des rois Goths. Comme il y a deux évéques venant des deuxDacie^ qui assistent au quatrième concile œcuménique (451) et comme un autre,
nommé Paul^ ayant pour diocèse les mêmes pays, est présent an cinquième, ils en font tranquillement des métropolites roumains sans s*inquiéter de leur nationalité ou de celle de leurs fidèles.
Si du HierothéuSy que Bolosudes et Gylas ont amené avec eux de Constantinovle au x* siècle ils font aussi un évéque^ ce n'est qu'un demi-mal, car il pouvait Tétre très facilement. Mais d'après Samuel Claino ( 1 ) a le roi Etienne permit aux Roumains d^élire un autre évéquepour remplacer Hyérothéus. Ce fut l'archevêque d'Argès qui consacra cet évèque nouvellement élu. » Or ce qui précède dit assez clairement qu'il n'y avait pas alors d'archevêché à Argês, et Claino et assez prudent pour ne pas donner le nom de cet évéque nouveau. Depuis 1348 jusqu'à 1620 il y a déjà une suite ininterrompue de métropolites transylvaniens, si l'on croit à ce même C/ai/ioquilesénumère avec un imperturbable sang-froid et dont les indications sont très sérieusement corrigées et redressées par Popea et Cipario.
u Où élait le siège de cette mélropolie, écrit ce mémejPo/iea, nous ne pouvons pas le savoir pertinemment faute de documents historiques. Mais si nous considérons l'histoire et les preuves que nous avons avancées dans ce livre, nous pouvons affirmer avec certitude que le siè{;e de cette mélropolie était depuis
Hyérothéus jusqu'à sa suppression Gyulafeliérvâr On ne peut
pas parler avec autant de certitude des temps qui précèdent Hyérothéus car on ne possède aucune donnée positive de ces époques et on ne peut que se fier aux réflexions. Mais précisément en se basant sur ces réflexions approfondies, nous pouvons certifier que le siège de la métropolie transylvanienne était Gyulafehérvàr dans les époques antérieures à Hyérothéus. » Genre de conclusion qui a été si bien exprimé pour tous les siècles et pour tous les endroits dans la célèbre phrase que Molière met dans la bouche de Sganarelle : « Voilà justement ce qui fait que votre fille est muette. »
Pour ne pas croire à l'importance de l'église roumaine dans la Transylvanie de cette époque, il suffit d'ailleurs de se rap-
(1) N, PoPK\, Vechia mctropolia ortkodoxa romana a Translyudnici. Sabiniu.