‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 95 sur 232 · LIVRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME

peler les conditions brillantes où se trouvaient alors les églises nationales des deux vayvodies roumaines. « Gomme en Italie, dit M. Jon Bogdarty le savant professeur de l'Université de Bucarest, où c'étaient les Grecs fuyant devant les Turcs qui provoquaient la renaissance, le renouveau des études classiques et des arts antiques, ainsi jetaient chez nous les Bulgares, réfugiés et fixés dans les cours vayvodales et dans les couvents, la base de cette littérature roumano-bulgare, par laquelle nous étions dominés depuis le xiv* jusqu'au xvu* siècle. Les couvents de la Valachie et de la Moldavie ne conservaient pas seulement ce qui avait été créé antérieurement par les Bulgares, puisque c'est dans nos manuscrits que subsistent les chroniques bulgares, mais ils ont fait faire des progrès aussi à la littérature et à l'art bulgares en même temps. Ce sont les Roumains qui ont perfectionné l'écriture cyrillique également ; car on trouve dans nos couvents des manuscrits plus beaux que ceux venant de la Bulgarie, qui ne peuvent pas leur être comparés. Ce sont les Roumains encore qui ont perfectionné la miniature et la peinture des « ikon » , l'architecture religieuse et l'art décoratif. »

De ce renouveau scientifique, de cette renaissance artistique on ne rencontre aucune trace en Transylvanie^ parce que le roumanisme n'y était pas assez avancé pour fournir un terrain avantageux au développement. Là les Roumains se montrent, au contraire, tellement inférieurs aux trois autres nations, que celles-ci les tiennent en tutelle. Mais elles sont loin d'être marâtres, comme le prouvent plusieurs dispositions législatives des (^ Approbatœ Constitutiones regni Transylvanie ^ . On lit notamment à la Pars /, titulus VIII^ articulus I :

a Quoique la nation roumaine ne soit pas comptée parmi les Etats de ce pays et que sa religion ne figure pas parmi les religions reçues (1), — propter regni emolumentum, — jusqu'à ce qu'on la tolère, voilà à quoi doit se conformer son clergé. Qu'il demande du souverain un évêque, librement élu par les prêtres roumains et qu'ils trouvent apte pour la fonction; il

(i) Les religions reçues étaient : la religion catholique^ calviniste, luthérienne, et unitarienne (socinienne) .

sera confirmé par le souverain s'il le juge convenable au point de vue des conditions exigibles, en ce qui concerne la fidélité envers le souverain, le bien du pays et les autres choses nécessaires. »

D'autre part voilà la décision prise par la diète de 1591 et inscrite au huitième article du titre premier de la première partie de ces a Approbata? » :

« Il a été décidé que personne ne se permettra de ramener à sa religion soit par violence, soit par menace de punition, ni les communes ni les serfs ou leurs familles qui sont sous ses ordres. Il ne faut pas non plus que le seigneur, étant d'une autre religion, s'empare de Tégiise de la commune ou de la ville, ni qu'il leur impose des prêtres d'une autre religion, ni qu'il fasse célébrer par le prêtre de sa religion des services divins à certaines occasions sub vœna de deux cents florins v .

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